Culture et Société

Code de la famille entre aspirations modernes et assises religieuses – Hespress Français


La révision du Code de la famille doit s’effectuer dans le cadre « des directives de la loi islamique et des spécificités de la société marocaine, tout en s’appuyant sur les vertus de la modération, de la diligence ouverte, de la consultation et du dialogue, et de l’implication de toutes les institutions et concernées », indique la missive royale comme réponse aux voix du mouvement islamique qui réclament un retour aux directives religieuses.

Le projet de révision du Code de la famille a suscité de la controverse. Les milieux conservateurs du pays sont saisis par la peur et l’inquiétude que cette nouvelle réforme puisse conduire au déclin des valeurs religieuses. L’angoisse des Marocains monte avec les déclarations du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, qui confirme à chaque occasion son engagement à défendre ses idées modernistes et à plaider pour leur inclusion dans la prochaine réforme.

Toutefois, les termes de la lettre royale sont clairs: La réhabilitation souhaitée du Code de la famille doit se limiter à « réparer les déséquilibres que son application judiciaire a révélés sur une période d’une vingtaine d’années, et à modifier les exigences qui sont devenues obsolètes en raison de l’évolution de la société marocaine et des lois nationales ».

La lettre souligne également que les références et les fondements restent « constants ». « Cela est lié aux principes de justice, d’égalité, de solidarité et d’harmonie qui découlent de notre véritable religion islamique, ainsi qu’aux valeurs universelles émanant des accords internationaux ratifiés par le Maroc », est-il souligné.

Le Roi Mohammed VI s’est en ce sens dit convaincu que la mise en œuvre de la vertu de «diligence constructive est la voie à suivre pour parvenir à la compatibilité entre l’autorité islamique et ses objectifs idéaux et les évolutions convenues au niveau international en matière de droits de l’homme».

Garanties royales

Dans ce contexte, Hespress FR a approché Mustapha El Ibrahimi, membre du Parti de la Justice et du Développement, qui nous a confié que la plus grande garantie pour son parti et le mouvement qu’il représente, est que cette question s’inscrit dans le cadre de ce que le Roi a indiqué qu’en sa qualité du Commandeur des croyants, il ne peut pas « autoriser ce que Dieu a prohibé, ni interdire ce que le Très-Haut a autorisé ».

« C’est le cadre dans lequel la modification du Code de la famille sera abordée après 20 ans, et il y a peut-être des déséquilibres dans lesquels il peut y avoir de la diligence, mais tout ce qui a fait l’objet d’un texte définitif, ne peut pas être discuté, c’est hors de question », souligne notre interlocuteur.

Pour lui, dit-il, l’affaire est réglée, car il ne s’agit pas d’une dichotomie entre un mouvement islamiste ou autre, c’est une question qui concerne toute la société marocaine musulmane.

Aspirations modernes

Pour sa part, Soumaya Hajji, militante et membre du bureau politique du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) a estimé que le Code de 2004 comportait un ensemble d’acquis qui étaient considérés à l’époque comme un saut révolutionnaire et ont marqué un progrès pour le Maroc en ce qui concerne le mariage des mineurs et la tutelle des enfants.

Après 20 ans de mise en œuvre, un ensemble de lacunes et de déséquilibres sont apparus dans certains articles du Code de la famille, des contradictions avec la Constitution de 2011 et les conventions internationales, souligne la militante, ajoutant que ces articles présentent une sorte d’ambiguïté et ouvrent la voie à des interprétations diverses..

« Nous ne sommes ni contre les hommes ni contre leurs droits. Nous avons besoin d’une égalité avec ces derniers, et les femmes suivent le rythme des transformations dont la société a été témoin », dit-elle.

Pour rappel, le PPS avait élaboré un mémorandum qui comprenait une série de revendications concernant la tutelle, la reconnaissance de la filiation de l’enfant « illégitime » avec le père biologique, et le divorce.

« Nous n’avons pas oublié la question de l’héritage et nous avons l’audace de soulever un ensemble de questions où la femme subit toujours de l’injustice », revendique Soumaya Hajji.

En conclusion, la militante partage son optimisme vers un demain juste et meilleur pour les femmes. « Nous sommes conscients que la société est composée de différentes factions, et nous aspirons à une société moderne, progressiste et démocratique, et à des discussions calmes et sereines avec des interprétations ouvertes qui garantissent les droits de la femme ».



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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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