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Sabine Lisicki, John Isner au féminin – We Are Tennis par BNP Paribas


Ses performances au début des années 2010 lui ont valu quelques comparaisons avec Steffi Graf, qui n’ont pas duré bien longtemps. Il n’empêche : Sabine Lisicki a su se faire une petite place au soleil au milieu des sœurs Williams, Maria Sharapova ou encore Li Na. Elle a notamment pu exprimer son potentiel à Wimbledon, où elle a atteint la finale en 2013. C’est bien connu : le gazon londonien est une terre fertile pour les gros serveurs. Oui, Lisicki est une sacrée cogneuse.

Sur son 131

Durant sept ans, Venus Williams a tenu le record du monde du service le plus rapide sur le circuit féminin. L’Américaine avait transpercé Kira Nagy en claquant la petite balle jaune à 207,6 km/h au premier tour de l’US Open 2007. Sa sœur Serena est venue la chatouiller en servant à 207 km/h à Melbourne en 2013, mais il a fallu attendre le tournoi de Stanford, en juillet 2014, pour que la marque tombe. Sabine Lisicki est aux commandes, le chrono s’affole : Ana Ivanovic a le mérite de renvoyer la balle, mais en dehors du court. Point Lisicki et nouvelle marque de référence à 131 mph, soit 210,8 km/h. Dévastateur. Récompensée d’un certificat estampillé Guinness World Records, la canonnière avait déjà frappé à 210 km/h au tournoi de Bali en 2009, mais la WTA n’avait pas homologué son service en raison du système de chronométrage utilisé par le tournoi. A défaut de gagner ce match contre Ivanovic, « au moins, j’ai battu le record du monde », souriait l’Allemande à l’issue de sa défaite. « Il était temps qu’il soit battu. C’est une bonne chose, il est clair qu’elle sert très fort », s’inclinait Venus, belle joueuse. 

Alycia Parks (207,6 km/h), Ajla Tomljanović (207,6 km/h) et Coco Gauff (206 km/h) ont approché ces sphères ces dernières années, sans jamais parvenir à décrocher le pompon. Parmi les joueuses tombées sous les coups de bélier de “Boom Boom Bine”, Li Na, en 2011. Alors n°4 mondiale, la Chinoise finit par plier face à la puissance de celle qui bénéficie alors d’une wild-card, sortant de plusieurs mois de blessure. Lisicki claque 17 aces pendant la partie. Dans le troisième set, l’Allemande en aligne même trois à la suite à une vitesse de 196, 198 et 199 km/h. « Mon entraîneur m’a dit qu’elle servait comme un homme, commentait Li, estomaquée par une telle démonstration. Du premier point jusqu’à la fin du match, tous ses services étaient autour de 188 km/h. Normalement, c’est impossible pour une femme. Si elle reste à ce niveau, c’est la n°1 mondiale. »

Carré d’ace

Particulièrement ravageur sur herbe, son service a grandement contribué à son titre à Birmingham (2011) et à ses 27 victoires sur les courts de Wimbledon, de très loin le Grand Chelem qui lui réussit le mieux. Quarts en 2009, 2012 et 2014, demies en 2011, et évidemment finale en 2013, où seule Marion Bartoli a pu la stopper. Lisicki a scalpé cinq joueuses du top 5 mondial sur le gazon londonien : Svetlana Kuznetsova en 2009, Li Na en 2011, Maria Sharapova en 2012 et Agnieszka Radwańska puis Serena Williams en 2013. Non loin de là, à Birmingham, l’Allemande a ajouté un autre record à son tableau de chasse en juin 2015 avec 27 aces contre Belinda Bencic, effaçant encore une Williams, Serena cette fois, des tablettes (24). Son service a de quoi faire des envieuses. Alizé Cornet en plaisantait même sur Twitter en lui demandant : « Je peux te l’emprunter pour un match ? »

« J’ai travaillé très dur sur mon service depuis mon plus jeune âge. C’est vraiment un secret entre mon père (qui est docteur en science du sport et qui a longtemps été son entraîneur, ndlr) et moi. Avec son aide, j’ai réussi à améliorer ce service petit à petit. En résumé, il m’a aidé à générer un meilleur service chaque fois que je supposais que j’étais arrivée au maximum », expliquait-elle il y a quelques années, en précisant que « tout est une question de rythme ». Une arme redoutable, puissante, et efficace la plupart du temps. Mais pas systématiquement. Lisicki n’a jamais intégré le top 10 mondial, s’arrêtant à la 12e place en 2012. En grande partie à cause d’un manque de constance, auquel sa mise en jeu n’a pas échappé. Pas épargnée par les blessures, l’Allemande a quitté le top 100 il y a plus de six ans et est aujourd’hui classée 375e. Elle affiche encore 70% de points gagnés sur sa première balle, ce qui la situe dans le top 15 mondial en la matière selon les stats de la WTA. Malgré tout ce qu’elle a enduré, ça cogne toujours fort. Très fort. 



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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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