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“Il y a beaucoup de rebondissements” : des fans racontent leur … – Radio France


Se lever à 3 heures du matin pour regarder un match du Mondial féminin de football. Agnès n’a pas hésité une seconde à écourter sa nuit pour voir jouer son équipe favorite, les Etats-Unis. Cette femme de 54 ans ne rate aucune rencontre de cette C

oupe du monde 2023 en Australie et en Nouvelle-Zélande. Comme elle, de plus en plus de Français suivent la compétition et ce malgré les horaires, de nuit ou tôt le matin. Des supporters et supportrices qui déplorent un manque d’engouement autour de ce Mondial.

“Je regarde tous les matchs de toutes les équipes”

Décalage horaire oblige, certaines fans comme Agnès mettent leur réveil pour regarder certains matchs depuis la France. “Je regarde tous les matchs de toutes les équipes”, explique-t-elle. Cette Lyonnaise “assidue” ne joue pas au football mais c’est une habituée du stade de Lyon, souvent pour regarder les matchs masculins mais aussi les rencontres féminines. Sa passion pour le Mondial féminin de football est venue en 2019 avec la dernière édition de la compétition, qui avait lieu en France. Depuis elle suit chacune des 32 équipes, et en particulier les Bleues. “Le niveau monte, c’est de plus en plus agréable de regarder les matchs”, analyse-t-elle. Un moyen aussi de “soutenir le sport féminin” selon elle. “On a le droit de jouer au football et regarder ces matchs c’est aussi dire ‘les femmes peuvent faire tous les sports”, renchérit Magali, une autre fan de ce Mondial.

“Le jeu est plus fluide, il y a plus de cohésion entre les équipes”

Comme elle, c’est avant tout pour le jeu que Fatine, 23 ans, franco-marocaine fraîchement diplômée de Sciences Po, ne rate quasiment aucun match de ce Mondial. Quand elle ne peut pas en voir un, elle regarde le match en replay sur le site de la FIFA. Fatine préfère le football féminin au football masculin. “Le jeu est plus fluide, il y a plus de cohésion entre les équipes, moins de conflits pour contester par exemple les décisions de l’arbitre ou de simuler des blessures par exemple, et ça fait quelque chose de plus intéressant à regarder que le football masculin”, selon elle.

Une technique et un jeu qui plaisent aussi beaucoup à Isabelle Gibassier, ancienne joueuse de l’équipe de France de 1981 à 1983, et passionnée depuis toujours. Elle aussi se lève la nuit pour regarder absolument tous les matchs de ce Mondial, sans exception. “Ça doit être un régal pour les arbitres parce qu’il n’y a pas toutes les fautes que l’on peut voir dans le football masculin”, dit-elle.

“Elles ont la niaque”

C’est le premier Mondial pour lequel Fatine se passionne autant. “Il y a beaucoup de rebondissements dans ce Mondial”, se réjouit Fatine en faisant référence, notamment, à l’élimination d’équipes “stars” comme les Etats-Unis, l’Allemagne ou encore le Brésil. Des “surprises” qui réjouissent les fans et sont aussi des bons signaux pour le football féminin d’après Isabelle Gibassier : “Ces surprises ne veulent pas dire que les ‘grandes nations’ du football féminin sont moins bonnes. Cela veut dire que les autres nations sont en train d’évoluer et c’est une très belle chose. Cela veut dire que le football féminin avance”, selon elle. “On voit qu’il y a beaucoup d’envie dans les sélections. Y compris dans celles qui ont très peu de moyens comme la Jamaïque par exemple. Elles ont la niaque”, s’enthousiasme Magali, 54 ans.

Selon cette ancienne professionnelle du football, l’équipe de France fait déjà une très belle performance dans ce Mondial. “Plus elle avance dans cette compétition et plus elles font des matchs extraordinaires”, assure Isabelle Gibassier. “Il y a une bonne dynamique”, se réjouit Fatine qui tente de convaincre ses amis et sa famille de regarder les matchs avec elle.

Isabelle Gibassier ancienne joueuse en équipe de France de 1981 à 1983 est passionnée du Mondial féminin de football.
Isabelle Gibassier ancienne joueuse en équipe de France de 1981 à 1983 est passionnée du Mondial féminin de football.

– Isabelle Gibassier

“Il n’y a pas assez d’engouement”

Toutes les supportrices de ce Mondial regrettent le manque d’engouement en France autour de la compétition. “J’ai essayé d’aller acheter un maillot de l’équipe de France, dans un magasin de sport du sponsor officiel de la fédération de football, et ils n’en avaient plus. Ils m’ont dit qu’ils avaient tout vendu et qu’ils n’allaient pas en recommander”, raconte Isabelle Gibassier qui souffle, “il n’y a pas assez d’engouement, ça me chagrine”. Idem quand elle a voulu aller acheter les vignettes de l’album Panini avec les joueuses de ce Mondial, “je n’en ai trouvées que dans un seul magasin alors que pour le Mondial masculin on en trouve absolument partout”, regrette-t-elle avant de conclure : “Il y a encore du boulot !”

Même constat quand Fatine parle de cette compétition autour d’elle. “Au travail, seulement une autre personne regarde les matchs. Et encore, seulement ceux de l’équipe de France. Sinon je n’en entends pas du tout parler”, se désole-t-elle. “Quand je compare à la Coupe du monde masculine : quand on était passés en 8e de finales, il y avait déjà du bruit partout dans les rues”, dit Fatine. Elle regrette le peu de publicités à la télévision ou dans les médias.

“Si on est championnes du monde, plein de portes vont s’ouvrir”

Agnès, elle, tente de faire la promotion du Mondial féminin sur les réseaux sociaux dédiés aux amateurs de football. “Les influenceurs de football commencent tout juste à parler un peu de la Coupe du Monde féminine”, s’étonne la supportrice. Un manque d’intérêt qui concerne plus généralement tout le football féminin en France selon elle : “Quand on regarde les matchs des championnats féminins au Royaume-Uni ou aux États-Unis, tout est à guichets fermés. Nous on est encore très loin du compte”, dit-elle.

Alors comment faire pour intéresser tous les Français au football féminin ? Pour Isabelle Gibassier pas de doute : “Si on est championnes du monde, plein de portes vont s’ouvrir et puis ça va attirer aussi des jeunes filles qui n’osent pas franchir le pas. Je pense que ça ne peut que faire avancer les choses”, espère-t-elle. En attendant, elle mettra, comme toutes les fans, son réveil samedi matin pour être dès 9h, un café à la main, devant le match France-Australie.

L’invité de 7h50





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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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