Éducation

Martin, d’étudiant en sociologie à souffleur de verre : “En voulant me … – lavenir.net


C’est en cherchant à se réinscrire à l’université de Liège que Martin Karaziak découvre qu’il n’est plus finançable. “J’appuie sur le bouton et l’ordinateur m’écrit : “Ce n’est pas possible, vous n’avez pas eu assez de crédits ces trois dernières années”. J’aurais dû réussir la moitié de tous mes crédits, et ce n’était pas le cas.”

Martin était alors étudiant en sociologie anthropologie à l’ULiège. “Après ma rhéto, j’avais commencé des études en communication à Seraing, en 2017. Puis juste avant la session de Noël, j’ai décidé de me réorienter.” En Haute École, assis dans une classe, il a l’impression de vivre exactement la même chose qu’en secondaire. À l’université, il retrouve des cours qui l’intéressent et du challenge.

Il réussit une partie des crédits de cette année entamée, et commence un parcours “à cheval sur deux années”, qu’il traîne jusqu’au bout. Avec des casseroles qui s’accrochent à ses basques, comme le cours de statistique. Mais surtout, comme beaucoup de jeunes, il se retrouve en plein Covid : “Je devais réaliser des travaux de terrains en ethnographie en restant à la maison, ça n’avait aucun sens !” Donc Martin reporte, procrastine, sans se rendre compte qu’il a l’épée de Damoclès au-dessus de la tête.

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Je devais réaliser des travaux de terrains en ethnographie en restant à la maison, ça n’avait aucun sens !

Qu’est-ce que ça signifie, être finançable ?

En Belgique francophone, le coût des études est assumé pour une petite partie par le minerval – les droits d’inscription que les étudiants versent à leur école ou université –, et, pour la plus grande partie, par un subside octroyé par la Fédération Wallonie Bruxelles.

Ce subside n’est versé que pour les étudiants qui sont considérés comme “finançables”. Quand une Haute École décide d’accorder une dérogation à un étudiant, elle l’assume “à ses frais”, sans recevoir le subside.

Quand j’ai reçu le message de refus d’inscription, j’ai reçu une proposition de demande de dérogation automatique. Elle a été refusée par la faculté. J’ai été voir le coordinateur du bachelier, je lui ai expliqué ma situation, j’ai écrit une lettre… Mais ça n’a pas abouti.

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Quand j’ai reçu le message de refus d’inscription, j’ai reçu une proposition de demande de dérogation automatique.

D’étudiant en sociologie à souffleur de verre

Pour Martin, la seule façon de devenir à nouveau finançable est de ne pas être inscrit dans l’enseignement supérieur durant les 5 années académiques.

Pas question d’attendre les bras croisés pendant 5 ans, le jeune homme, 24 ans alors, regarde du côté de l’IFAPME, attiré par les métiers de l’artisanat, la créativité. “J’avais envie d’un savoir-faire qui se transmet, un partage humain. Ne plus être un numéro sur un banc d’école, tisser une relation d’humain à humain.”

Il jette son dévolu sur le métier de souffleur de verre, et l’IFAPME l’envoie au Val saint Lambert. “Je me suis rendu sur place en octobre 2021 pour discuter, j’ai envoyé mon CV. Puis quand je suis revenu à l’atelier après une semaine, les souffleurs de verre m’ont dit : “Retourne à l’école. Ne viens pas ici, il n’y a pas d’avenir !”

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Retourne à l’école. Ne viens pas ici, il n’y a pas d’avenir !

Mais Martin s’accroche. Le travail administratif prend des mois, car il n’y a pas de référentiel pour cette formation, mais en mai 2022, il peut commencer. “Au début, c’était beaucoup d’observation, des petites tâches comme détacher la pièce encore rouge de chaleur et la mettre dans le four de refroidissement. Ce n’est pas un métier qu’on apprend en un an.”

Le jeune homme a encore un peu de mal avec les cours théoriques de droit, fiscalité, gestion, qu’il suit à l’IFAPME. Mais la transmission de savoir qui se fait au Val Saint Lambert occupe ses neurones à 100 %. “Il faut comprendre la matière et comment elle réagit, synchroniser la main droite et la main gauche, avoir la patience de laisser prendre, souffler en tournant”. Loin de l’enterrer dans un trou, la fin de la finançabilité a permis à Martin de se passionner pour d’autres horizons.



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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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