Santé

Allemagne : l’accès au soutien psychologique pour les réfugiés … – InfoMigrants


Berlin envisage des coupes drastiques dans le budget destiné à l’aide psychologique apportée aux migrants dans le pays. Pourtant, 87% des réfugiés en Allemagne ont vécu des événements potentiellement traumatisants, notamment la guerre ou la persécution, rappelle l’Association allemande des centres psychosociaux pour les réfugiés et les victimes de la torture (BAfF).

Le gouvernement allemand prévoit de réduire à partir de l’année prochaine de près de 60 % le budget consacré au soutien psychologique et thérapeutique pour les réfugiés en Allemagne.

L’information a été diffusée dans un récent communiqué par l’Association allemande des centres psychosociaux pour les réfugiés et les victimes de la torture (BAfF), financée par le gouvernement.

L’accès au soutien psychosocial, qui se penche sur l’état psychologique des patients et leur intégration dans leur environnement social, est “essentiel à la survie” des réfugiés traumatisés, met en garde la BAfF. Sans ce soutien, les séquelles deviennent chroniques et auront des “conséquences fatales” pour les réfugiés et pour la société dans son ensemble, selon l’organisation.

“Les centres psychosociaux vont devoir licencier des spécialistes et geler les admissions, pendant que de plus en plus de résidents des centres d’hébergement devront être admis dans des cliniques pour une intervention en cas de crise”, estime Lukas Welz, directeur général du BAfF.

Dans ce contexte, le BafF rappelle que même sans les nouvelles coupes budgétaires, seulement 4% des réfugiés ayant besoin de soins psychosociaux sont actuellement pris en charge par les centres chapeautés par l’association et ses partenaires. Un récent rapport de l’organisation a révélé que des réfugiés ayant besoin de soins psychologiques doivent actuellement attendre plus de sept mois avant de pouvoir bénéficier d’une thérapie.

Le rapport cite également une étude qui assure que 87% des réfugiés en Allemagne ont vécu des événements potentiellement traumatisants, notamment la guerre ou la persécution. Environ 30 % d’entre eux sont atteints d’une forme de dépression ou de troubles de stress post-traumatique.

Des appels à une meilleure prise en charge de la santé mentale

La BafF appelle à “une prise en charge psychosociale et thérapeutique précoce et fiable des personnes en quête de protection par des institutions disposant d’une expertise et d’une expérience” ainsi que la “sécurité financière pour les centres psychosociaux et leurs spécialistes”.

Ces dernières années, des attaques perpétrées par des demandeurs d’asile et des réfugiés souffrant de troubles psychologiques – comme l’attaque meurtrière au couteau dans la ville de Würzburg en 2021 – ont mis en évidence la nécessité d’un meilleur accès aux soins de santé mentale et psychiatriques spécialisés.

Or, un demandeur d’asile n’est en règle générale pas en droit de bénéficier d’une psychothérapie pendant les 18 premiers mois de séjour en Allemagne.

>> A (re)lire : “Je ne connais aucun autre pays” : après dix ans passés en Allemagne, quatre mineurs et leur mère expulsés vers le Nigeria

La BafF est une organisation qui regroupe depuis une trentaine d’années des centres d’aide et des projets pour les victimes de violations des droits de l’homme et de persécutions politiques. Elle est principalement financée par des dons et répond à des appels d’offres du gouvernement pour des projets spécifiques et limités dans le temps.

Les enfants d’immigrés désavantagés dans les crèches

Une nouvelle étude a également révélé que les familles immigrées en Allemagne sont aussi désavantagées dans leur accès aux crèches.

Selon le Conseil d’experts des fondations allemandes sur l’intégration et la migration (SVR), qui a mené l’étude, les enfants immigrés ont tendance à fréquenter moins souvent les crèches que les enfants non issus de l’immigration. 

Seulement huit enfants sur dix issus de l’immigration ont ainsi fréquenté une crèche en 2020, contrairement à la quasi-totalité des enfants qui ne sont pas issus de l’immigration.

L’analyse du SVR a identifié deux principaux obstacles. D’une part, les familles immigrées ont moins confiance dans les services de garde d’enfants. D’autre part, ces familles sont dépassées par le temps et l’argent qu’il faut consacrer à la procédure de demande d’admission dans une crèche.

Pour que les crèches – appelées “Kitas” en Allemagne – deviennent des “moteurs d’intégration”, il faut “améliorer l’accès des familles immigrées”, indique l’auteur du rapport.

Le rapport recommande notamment aux autorités de pleinement financer le soutien linguistique, de considérer le multilinguisme comme un atout et d’améliorer les conditions de travail des employés dans les crèches.

L’éducation de la petite enfance est considérée comme particulièrement importante pour les enfants d’immigrés, car les compétences linguistiques en allemand acquises à cet âge améliorent leurs chances de réussir à l’école.





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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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