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Léon Trotsky et la lutte pour le socialisme à l’époque de la guerre … – World Socialist Web Site


Le rapport suivant a été présenté par David North, président national du Socialist Equality Party (États-Unis) et président du comité éditorial international du World Socialist Web Site, pour présenter l’université d’été du SEP, qui s’est tenue du 20 juillet au 4 août 2023. Le WSWS publiera toutes les conférences de l’école dans les prochaines semaines.

1. En ouvrant l’Université d’été internationale 2023 du Socialist Equality Party, SEP (Parti de l’égalité socialiste), je souhaite tout d’abord, au nom du SEP aux États-Unis et du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), rendre hommage à la vie du camarade Wije Dias. Il est décédé il y a un peu plus d’un an, le 27 juillet 2022, à l’âge de 80 ans. Plus de 60 de ces années furent consacrées à la construction du mouvement trotskyste au Sri Lanka et dans le monde. Pendant les 35 dernières années de sa vie, plus d’un tiers de siècle, le camarade Wije a occupé le poste de secrétaire général de la section sri-lankaise du CIQI. Jusqu’au dernier jour de sa vie, il est resté profondément impliqué dans le travail de la section sri-lankaise et les luttes de la classe ouvrière.

Léon Trotsky et la lutte pour le socialisme à l’époque de la guerre impérialiste et de la révolution socialiste

2. Un examen complet de la vie du camarade Wije serait plus que la biographie d’un individu. Il engloberait nécessairement l’histoire moderne de la classe ouvrière sri-lankaise et celle du mouvement trotskyste mondial. Wije est devenu trotskyste en tant que membre du mouvement de jeunesse du Parti Lanka Sama Samaja (LSSP), qui s’était développé sur la base de sa lutte de plusieurs décennies pour le trotskysme en tant que parti révolutionnaire de masse de la classe ouvrière ceylanaise. Mais en juin 1964, en raison de l’influence maligne du pablisme et de sa propre adaptation de plus en plus apparente à l’opportunisme parlementaire, qui durait depuis une décennie, le LSSP répudia le programme socialiste révolutionnaire du trotskysme et forma un gouvernement de coalition avec le SLFP bourgeois dirigé par le Premier ministre Bandaranaike.

Wije Dias s’adressant à la réunion du 80e anniversaire de la Quatrième Internationale à Colombo en 2018.

3. Le camarade Wije était à l’avant-garde d’une génération remarquable de jeunes révolutionnaires de principe et courageux qui se sont opposés à cette trahison et ont entrepris de reconstruire, dans une lutte acharnée contre les opportunistes du LSSP, le mouvement trotskyste au Sri Lanka. À la suite du voyage de Gerry Healy à Colombo en juin 1964, Wije et d’autres opposants à la coalition ont établi des contacts avec le Comité international de la Quatrième Internationale. Les discussions avec Healy et les déclarations du CIQI dénonçant la coalition replaçaient la trahison du LSSP dans le contexte international plus large et essentiel de la lutte contre le révisionnisme pabliste datant de 1953.

4. Les événements historiques au Sri Lanka ont eu un impact profond sur le développement du trotskysme aux États-Unis. Le Socialist Equality Party aux États-Unis a toujours été fier du fait que ce soit la réponse de principe des partisans américains du Comité international à la trahison du LSSP au Sri Lanka qui a précipité leur expulsion du Socialist Workers Party en Septembre 1964 et la fondation du Comité américain pour la Quatrième Internationale. Deux ans plus tard, en novembre 1966, la Workers League (Ligue des travailleurs) a été créée en tant que section sympathisant du CIQI. En 1968, après une longue période de clarification politique, la Ligue communiste révolutionnaire a été fondée au Sri Lanka. Le camarade Keerthi Balasuriya en a été élu premier secrétaire général, poste qu’il a occupé jusqu’à sa mort prématurée à l’âge de 39 ans, le 18 décembre 1987. Je voudrais ajouter entre parenthèses que le camarade Keerthi ne s’est pas contenté de m’aider à rédiger How the WRP Betrayed Trotskyism (Comment le WRP a trahi le trotskisme). Il était dans tous les sens du terme un co-auteur à part entière de ce document.

Keerthi Balasuriya et David North – septembre 1986

5. Le camarade Wije avait joué un rôle central dans la direction de la RCL (Ligue communiste révolutionnaire) depuis sa fondation. Dans la situation extraordinairement difficile à laquelle était confrontée la RCL lors de la perte soudaine et totalement inattendue de son brillant et encore très jeune dirigeant, Wije assuma le poste de secrétaire général. Il a accepté cette responsabilité au milieu de la guerre civile et des attaques terroristes contre la RCL et le meurtre de ses membres par les chauvins réactionnaires cinghalais du JVP. La direction ferme et décisive de Wije a rallié les membres de la Ligue communiste révolutionnaire pour y faire front.

6. Les remarquables caractéristiques de Wije étaient un courage personnel sans limite et naturel et un engagement inébranlable envers les principes politiques. Cela a été reconnu même par ses adversaires politiques, qui, en sa présence, ne pouvaient s’empêcher d’avoir un peu honte de leur propre opportunisme.

7. Wije n’était pas seulement respecté. Il était aussi aimé. À une occasion, que j’ai eu la grande chance d’observer, le camarade Wije, d’origine cinghalaise, a été invité à assister, en tant qu’invité d’honneur, à un événement social dans un quartier tamoul de Colombo. La guerre civile faisait toujours rage. Mais la communauté tamoule était consciente de l’opposition intransigeante du SEP à la guerre raciste. Lorsque le camarade Wije est entré dans la salle, il y a eu une immense ovation. Il était considéré comme le chef du seul parti au Sri Lanka qui représentait la classe ouvrière de toutes les communautés ethniques et religieuses.

8. Le camarade Wije Dias possédait une grande autorité au sein du CIQI. Dans toutes les discussions auxquelles il a participé, nous avons pu compter sur sa vaste expérience, son objectivité et ses connaissances, et aussi profiter de son remarquable sens de l’humour. Wije est entré dans l’histoire du Comité international et son exemple restera à jamais une source d’inspiration pour les cadres du Parti mondial de la révolution socialiste. En l’honneur de sa grande contribution à la lutte pour le socialisme et à la victoire de la classe ouvrière internationale, nous dédions cette école à la vie et à la mémoire du camarade Wije Dias. Nous allons maintenant observer une minute de silence.

9. Je voudrais moi aussi adresser des salutations particulières à nos camarades du monde entier. Tenir une université d’été à l’échelle internationale nécessite qu’il y ait de nombreux camarades qui fréquentent cette école en pleine nuit, et qui participeront, malgré les contraintes physiques que cela crée, car ils souhaitent participer à cet important passage en revue de l’histoire de notre mouvement. Nous apprécions grandement leur participation. Comme je l’expliquerai au cours de cette conférence, l’une des grandes réalisations issues de la scission de 1985-86 a été le rétablissement d’un véritable internationalisme révolutionnaire dans notre mouvement.

10. Deux autres observations. Tout d’abord, en relation avec le processus de traduction. Lorsque la camarade Andrea mettait en garde contre les phrases trop longues et compliquées avec de nombreuses clauses, j’ai eu le sentiment qu’elle avait peut-être revu le brouillon de mon discours. Je m’en excuse d’avance.

11. Quant à l’histoire des traductions dans des réunions comme celle-ci, je me souviens d’une histoire qui m’a été racontée il y a de nombreuses années, en 1975 pour être précis, par un révolutionnaire qui avait assisté au deuxième congrès – excusez-moi, au quatrième congrès – du Komintern en 1922. Il s’agit d’Arne Swabeck, qui était à la fois un fondateur du Parti communiste américain en 1919, et plus tard un fondateur du mouvement trotskyste, la Ligue communiste d’Amérique comme on l’appelait alors, en 1928. Il avait 85 ans à l’époque, était en parfaite santé, possédant encore une mémoire étonnante qui remontait jusqu’en 1907. Il me raconta comment il assista à l’une de ses premières réunions de masse en Allemagne, alors qu’il traversait l’Allemagne depuis le Danemark. C’était une réunion du 1er mai au cours de laquelle Rosa Luxemburg a pris la parole. Il a commenté, avec un accent danois-anglais, « C’était une sacrée oratrice. »

12. Mais ensuite, il m’a raconté son expérience en 1922. Il y a deux anecdotes particulières dont je me souviens très bien. La première était sa description d’un discours de Lénine. Ils savaient tous que Lénine avait déjà subi un accident vasculaire cérébral et l’état de santé de Lénine inquiétait énormément tout le monde. Mais il monta sur l’estrade et prononça un brillant discours. Tous les délégués étrangers furent très encouragés et Swabeck lui-même se tourna vers un délégué russe assis à côté de lui et lui dit : «C’était un discours fabuleux». Et le délégué russe a dit: «Oui, mais vous auriez dû entendre Ilyich avant son accident vasculaire cérébral.»

Léon Trotsky

13. Il y avait une deuxième anecdote qui se rapporte directement à la question de la traduction, et c’était l’apparition de Trotsky. Quand cela a été son tour de parler, il y avait une énorme excitation, une ovation prolongée. Mais quand Trotsky a commencé à parler, il a commencé par s’excuser, expliquant qu’il avait préparé toutes ses notes en allemand. L’allemand était, pour ainsi dire, la langue semi-officielle de l’Internationale communiste. Et il a dit qu’à cause de cela, il parlerait en allemand. À ce moment-là, il y a eu une protestation des délégués français, qui ont dit : «Camarade Trotsky, ce n’est pas juste. La traduction n’est pas très bonne. Il sera difficile de suivre votre rapport». Trotsky a dit alors en français: «Camarades, je comprends ce problème. Quand j’aurai terminé ma présentation en allemand, nous irons dans une autre salle, et je répéterai mon rapport en français.» À ce moment-là, les délégués russes ont commencé à crier. «Tovarisch Trotsky, Lev Davidovitch, ce n’est pas bien. Si vous allez parler en allemand puis en français, vous devez donner votre rapport en russe. Il a dit : «Oui camarades, quand j’aurai fini ma conférence aux délégués français, nous nous réunirons séparément et je ferai mon rapport en russe.» Trotsky a parlé pendant trois heures en allemand. Il fit alors son rapport en français, et plus tard son rapport en russe, et Swabeck se rappela qu’il était tard dans la journée, qu’il quittait le bâtiment où se tenaient les sessions du Komintern, et qu’il vit Trotsky sortir de la réunion avec les délégués russes. Il avait parlé pendant neuf heures au total. Et il se souvenait de cet événement comme s’il s’était passé la veille.

14. Trotsky était vraiment une figure extraordinaire dans l’histoire du mouvement, et il est difficile, il était difficile de saisir qu’à ce moment-là, il ne se serait écoulé que des mois avant que la lutte n’éclate au sein du Parti bolchevique qui devait entraîner sa perte du pouvoir. Quoi qu’il en soit, nous utilisons maintenant les moyens de l’intelligence artificielle et nous pouvons profiter de cette occasion pour donner des conférences qui, espérons-le, seront suivies avec une certaine facilité par tous les camarades du monde entier qui participent à cette école.

15. La dernière université d’été en personne du Socialist Equality Party s’est tenue du 21 juillet au 28 juillet 2019, quelques mois seulement avant le déclenchement de la pandémie de Sars-CoV-2. L’école était consacrée à un examen du développement de la perspective et du programme du Comité international de la Quatrième Internationale à la suite de la scission d’avec le Workers Revolutionary Party, WRP (Parti révolutionnaire des travailleurs) en février 1986. Cette scission était le résultat d’un conflit prolongé au sein du CIQI qui s’est déroulé sur une période de trois ans.

16. En octobre 1982, la direction de la Workers League avait informé Gerry Healy, Cliff Slaughter, Michael Banda et le comité politique du WRP de divergences substantielles avec la déformation par la section britannique des fondements philosophiques du marxisme et son éloignement du programme de la révolution permanente.

17. Les dirigeants britanniques ont renié leur engagement initial d’organiser une discussion approfondie des divergences soulevées par la Workers League, recourant plutôt en décembre 1982 à des menaces de scission immédiate à moins que la section américaine ne retire ses critiques. Dans des conditions où le Comité international ignorait totalement l’existence des divergences soulevées, les critiques furent retirées.

18. Cependant, l’échec du WRP à corriger ses erreurs et son adhésion de plus en plus ouverte à la politique pabliste – illustrée par la critique de Cliff Slaughter en novembre 1983 de notre «accent trop prononcé» sur l’indépendance politique de la classe ouvrière et de la glorification effrénée du WRP des gouvernements bourgeois réactionnaires au Moyen-Orient, obligea la Workers League à renouveler sa demande, en janvier 1984, d’une discussion sur l’orientation politique de la section britannique et la perspective mondiale du Comité international.

19. Une fois de plus, le WRP entreprit de saboter l’organisation d’une véritable discussion sur les questions politiques. Rappelez-vous, c’était une époque où il n’y avait pas d’internet, pas de courrier électronique, pas de transmission facile et instantanée de documents. Ainsi, lorsque des dirigeants de la Workers League arrivèrent à Londres en février 1984, ils découvrirent que ni la section sri-lankaise ni la section australienne n’avaient été informées de la réunion du CIQI. Ils n’avaient pas de délégués. L’analyse complète préparée par la Workers League de la capitulation du WRP face au pablisme s’est une fois de plus heurtée à des menaces de scission immédiate. Déterminée à éviter une rupture organisationnelle prématurée avec le Comité international dans des conditions où la substance, voire l’existence de ses critiques resteraient inconnues de plusieurs sections du mouvement mondial, la Workers League retira à nouveau ses critiques du WRP.

20. La crise qui a éclaté au sein du WRP en juillet 1985, cependant, ne pouvait être dissimulée au Comité international. Les critiques approfondies et documentées faites par la Workers League entre 1982 et 1984, qui ont finalement circulé dans le WRP et le CIQI, ont fourni une analyse des politiques opportunistes et de l’éloignement du trotskysme qui sous-tendaient la crise organisationnelle dévastatrice de la section britannique.

21. Entre octobre et décembre 1985, les trotskystes orthodoxes ont rétabli un contrôle ferme sur le Comité international. La section britannique fut suspendue du CIQI, sa réadmission dépendant de son engagement renouvelé et explicite envers les principes fondateurs du léninisme et du trotskysme, tels qu’ils avaient été développés et défendus depuis les quatre premiers congrès de l’Internationale communiste et la fondation de l’Opposition de gauche en octobre 1923.

22. Le WRP n’a pas pu respecter ces conditions et s’est séparé du Comité international le 8 février 1986 lors d’un congrès croupion frauduleux au cours duquel les membres du WRP qui soutenaient le Comité international – et qui constituaient en fait la majorité des membres légitimes du parti – ont été interdits par la police, convoquée par Slaughter, d’entrer dans la salle. Cette scission a été menée par Cliff Slaughter et Michael Banda sur la base d’un document, écrit par Banda, intitulé «27 raisons pour lesquelles le Comité international devrait être enterré immédiatement et la Quatrième Internationale construite». Le titre du document était immédiatement ironique, dans la mesure où Banda n’avait pas donné une seule raison pour la construction de la Quatrième Internationale.

23. Comme prédit par le CIQI, pratiquement tous ceux qui ont adhéré à ce document infâme devaient bientôt répudier le trotskysme et toute association politique avec le programme de la révolution socialiste. Beaucoup d’entre eux retournèrent au stalinisme et d’autres devinrent complices des opérations militaires de l’OTAN en Bosnie pendant la guerre civile qui a suivi la destruction de la Yougoslavie. Ils sont devenus des anticommunistes purs et durs et des agents de l’impérialisme.

24. Cette lutte, qui sera examinée plus en détail dans trois conférences plus tard cette semaine, est parmi les événements les plus importants de l’histoire de la Quatrième Internationale. Elle a empêché la destruction du mouvement trotskyste et créé les conditions d’une renaissance du marxisme et d’un immense développement du travail théorique, politique et organisationnel du Comité international.

25. Après l’école d’été de 2019, la scission a été replacée dans le contexte plus large de l’histoire de la Quatrième Internationale. Le rapport d’ouverture identifia cinq phases ou étapes distinctes dans l’histoire du mouvement trotskyste.

26. La première phase s’est étendue sur une période de 15 ans, de la fondation de l’Opposition de gauche en 1923 à la fondation de la Quatrième Internationale en 1938. Cette période a englobé les événements historiques critiques et les expériences stratégiques qui ont déterminé tout le cours de la lutte du trotskysme contre le stalinisme et qui a formé la base du programme et de la perspective de la Quatrième Internationale. Les leçons essentielles de cette période tragique, qui a vu les plus grandes défaites de la classe ouvrière internationale et la destruction physique d’une vaste partie des cadres du marxisme, ont été résumées dans la phrase par laquelle Trotsky a commencé le document fondateur de la Quatrième Internationale: «La situation politique mondiale dans son ensemble se caractérise avant tout par la crise historique de la direction du prolétariat.»

27. La deuxième phase s’est étendue sur une autre période de 15 ans, de la fondation de la Quatrième Internationale à la scission avec la direction pabliste du Secrétariat international et la formation du Comité international il y a 70 ans en novembre 1953. Cette phase, comme nous l’avons expliqué en 2019, «englobe l’assassinat de Trotsky, l’intégralité de la Seconde Guerre mondiale, l’établissement de régimes staliniens en Europe de l’Est, la stabilisation du capitalisme en Europe de l’Ouest et au Japon, le déclenchement de la guerre froide, la victoire de la Révolution chinoise, le déclenchement de la guerre de Corée et enfin la mort de Staline».

James P. Cannon, au centre, avec Max Eastman, à gauche, et Bill Haywood à Moscou, 1922.

28. La troisième phase de la Quatrième Internationale a englobé 33 ans de lutte au sein du Comité international – il n’y a pas de Quatrième Internationale en dehors du Comité international – qui a commencé avec la publication de la Lettre ouverte de James P. Cannon au Mouvement trotskyste mondial et s’est terminée avec la suspension du WRP en décembre 1985 et la rupture définitive avec les renégats opportunistes nationaux en février 1986. Ce fut une période que nous avons qualifiée de guerre civile prolongée au sein du Comité international, qui fut marquée par une série de conflits politiques intenses avec les tendances pablistes tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du CIQI. Le rapport expliquait:

Tout au long de cette période explosive, au cours de laquelle de puissants mouvements de masse de la classe ouvrière ont posé objectivement la possibilité d’une révolution socialiste, le Comité international a dû faire face non seulement à la pression incessante des partis staliniens et sociaux-démocrates, des syndicats et des organisations apparentées. Les organisations pablistes, alliées aux bureaucraties susmentionnées, ainsi qu’une large couche de radicaux petits-bourgeois et d’intellectuels anti-trotskystes, ont cherché à isoler le Comité international, combinant des falsifications incessantes de la théorie marxiste et des principes de la Quatrième Internationale avec une interminable série de provocations politiques et organisationnelles.

29. Entre parenthèses, les rapports qui seront présentés cette semaine porteront sur cette troisième phase de l’histoire de la Quatrième Internationale, qui comprendra des expériences cruciales de la Workers League – en particulier, la rupture avec Wohlforth, l’initiation de l’enquête Sécurité et la Quatrième Internationale et les interventions du parti dans la lutte des classes – qui ont conduit à un développement significatif du cadre trotskyste aux États-Unis et à son opposition au cours opportuniste du WRP. Comme nous le soulignions en 2019:

L’histoire politique de la Workers League et le travail théorique et politique de la section avaient sensibilisé la direction de la WL, imprégnée de l’histoire et des principes du mouvement trotskyste, aux processus économiques objectifs et aux événements politiques. Cela a généré un mécontentement politique et un désaccord avec la voie suivie par le WRP.

30. La quatrième phase de l’histoire de la Quatrième Internationale a commencé avec la rupture avec le WRP en février 1986, c’est-à-dire avec la défaite décisive des opportunistes et l’établissement de l’autorité politique des trotskystes au sein du Comité international. Cela s’est vérifié, comme je l’ai déjà souligné, dans l’extraordinaire développement du CIQI, enfin libéré de l’influence destructrice et des agissements du pablisme. La réalisation la plus critique de cette période a été le développement d’une perspective mondiale qui a permis au Comité international d’aligner une pratique internationale politiquement unifiée avec la mondialisation objective de la vie économique et ses implications pour le développement de la lutte de classe internationale.

31. En expliquant l’interaction intense des sections du CIQI qui s’est développée à la suite de la scission de 1985-86, j’ai fait référence au rapport que j’ai remis à une réunion des membres de Detroit le 25 juin 1989:

La portée de cette collaboration internationale, son impact direct sur pratiquement tous les aspects du travail pratique de chaque section, a profondément et positivement modifié le caractère du CIQI et de ses sections. Ces dernières cessent d’exister de manière politiquement et pratiquement significative en tant qu’entités indépendantes. Sur la base d’un programme politique commun, un réseau complexe de relations a émergé au sein du CIQI qui relie chaque section. C’est-à-dire que les sections du CIQI comprennent des composantes interconnectées et interdépendantes d’un seul organisme politique. Toute rupture de cette relation aurait des effets dévastateurs au sein de la section concernée. Chaque section est maintenant devenue dépendante pour son existence même de cette coopération et collaboration internationales, à la fois idéologique et pratique.

32. Les avancées du Comité international n’étaient pas – et ne pouvaient être – que le fruit de la volonté subjective et de la sincérité politique de ses cadres. Son développement a été sous-tendu par de profonds changements dans les conditions socio-économiques à l’échelle mondiale et leur reflet dans les structures et les relations politiques. Nous avons souvent noté que des développements majeurs au sein du mouvement trotskyste – et en particulier les périodes intenses de lutte au sein du parti – se sont produits soit en anticipation, soit à la suite de points d’inflexion critiques de la politique mondiale.



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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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