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Football. Stéphane Pilard, ce Caennais dont les causeries faisaient … – actu.fr


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Stéphane Pilard est responsable de la préformation au SM Caen. Il a été sélection des équipes de France féminines U19 et U20 entre 2004 et 2008. ©Aline Chatel

C’est un hommage inattendu qu’a reçu Stéphane Pilard, au début du mois d’août. Le nom du responsable de la pré-formation au Stade Malherbe Caen est apparu dans un entretien accordé par Mélissa Plaza sur le site de So Foot. Après avoir dénoncé les « attitudes virilistes » d’Hervé Renard lors de son discours d’avant-match contre le Brésil à la Coupe du Monde, l’ancienne internationale avait salué les « causeries géniales » de l’homme qui l’avait emmenée au Mondial U20 en 2008. 

Il nous prenait des citations d’alpinistes, il nous racontait des histoires, nous faisait rêver…

Mélissa Plaza dans So Foot

Adjoint de toutes les équipes de France jeunes masculines, à l’exception des espoirs (U16 à U20) entre 2009 et 2017, Stéphane Pilard a surtout été sélectionneur des équipes de France féminines U19 et U20. Son long curriculum vitae comporte deux finales et une demi-finale en championnat d’Europe ainsi qu’une demi-finale et un quart de finale en Coupe du Monde. Des causeries importantes, il en a prononcé plus d’une.

De Mondeville à Clairefontaine

Stéphane Pilard, né à Caen il y a 54 ans, a passé plus de vingt ans au club de Mondeville comme joueur et éducateur. Il a ensuite été conseiller technique départemental et régional, ce qui lui a valu d’encadrer des sélections territoriales de jeunes et d’être ainsi repéré par la Fédération française de football.

« Un été, en juillet, Elisabeth Loisel m’appelle et me dit : Bruno Bini, sélectionneur des U19 féminines, a décidé d’arrêter. Est-ce que ça t’intéresse ? » Je ne m’y attendais pas, mais ça ne se refusait pas. » Beaucoup des meilleures joueuses de l’histoire du football féminin français sont passées par ses équipes, dont Louisa Nécib, Camille Abily, Amandine Henry, Eugénie Le Sommer, Wendie Renard…

Stéphane Pilard a rejoint le Stade Malherbe en 2019 comme directeur des activités de l’association. Il est désormais de la préformation et coach de l’équipe U15.

« Être un peu inventif »

Si elles sont restées gravées dans la mémoire de Mélissa Plaza, devenue docteure en psychologie sociale à l’issue de sa carrière de joueuse, elles valent des commentaires modestes à l’intéressé. « Chacun fait en fonction de sa personnalité, observe Stéphane Pilard. En sélection, il faut essayer d’être un peu inventif, parce que les causeries reviennent souvent. » 

Après le « tronc commun » consacré à la dimension technique de l’événement, Stéphane Pilard aimait « inventer des histoires » lorsqu’il préparait ses équipes à une grande échéance. 

Comme je suis assez passionné de montagne, effectivement j’aimais bien illustrer mes propos avec des images autour de la montagne. Ça m’est arrivé une fois de lire un court passage d’un bouquin sur l’alpinisme, mais toujours en lien avec le foot. 

Stéphane Pilard, ex-sélectionneur des équipes de France féminines U19 et U20

Pour « interpeller les joueuses », Stéphane Pilard faisait appel à son imagination. « J’aimais bien utiliser l’actualité du moment, faire des corrélations avec ce qui se passait dans le monde, sportif ou pas. Après, il fallait trouver un mini-scénario. J’y passais parfois quelques heures la nuit. Une fois que j’avais le fil rouge, ça partait. »

Une sensibilité différente chez les filles

L’objectif ? Capter l’attention des joueuses et les mettre dans les meilleures dispositions mentales pour performer collectivement. Stéphane Pilard en est persuadé, la recette n’est pas exactement la même pour les filles que pour les garçons. Au cours de ses expériences, les récits touchaient davantage la gent féminine.

Cette partie-là prenait sûrement plus de valeur qu’avec les garçons, qui n’en ont un peu rien à faire de ça. Il y a une sensibilité différente qui fait qu’elles étaient peut-être un peu plus à l’écoute.

Stéphane Pilard

Stéphane Pilard avait eu l’occasion de le vérifier auprès de Bruno Bini, sélectionneur des A entre 2007 et 2013. « C’était le spécialiste. Il insistait plus que moi sur ce point. Il prenait beaucoup de temps sur cette dimension psychologique, qui venait en complément de la partie foot. » 

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« On caricature »

Sélectionneur, Stéphane Pilard n’était pas du genre à taper du poing contre la paume de sa main en martelant un discours de combat. « Le côté guerrier, tout le monde est capable de l’avoir, dit-il. Tu peux faire passer les messages d’une autre manière. Mais je ne critique pas. Il n’y a pas une façon de faire meilleure qu’une autre. » 

Celui qui coache désormais les U15 du Stade Malherbe tempère – fidèle à sa personnalité – les 79 secondes diffusées de l’intervention d’Hervé Renard dans son vestiaire. Elles ont été vues 850 000 fois sur la seule plateforme Twitter.

On caricature. On ne prend que cet aspect-là. Je pense qu’il y a beaucoup d’autres choses… Pour avoir côtoyé les sélections, c’est un travail 24/24. Il ne faut pas juger sur l’instant.

Stéphane Pilard

Quel rôle une causerie peut-elle jouer sur l’issue d’un match ? « Pour moi, une causerie ne peut pas faire gagner ou perdre un match. Ce sont les joueuses et les joueurs qui ont les clés. Mais c’est une manière de rentrer dans le match. Elle peut permettre d’être prêt tout de suite. »

Concis et précis

Pour un entraîneur, la causerie est « un moment particulier », qui doit toutefois éviter l’éparpillement. « Il faut que ça reste assez court, assez concis et surtout précis. » L’identité de Stéphane Pilard en la matière tourne autour de « l’émotion et de la réalité du jeu ». 

Tu peux faire des constats, dire que ça ne va pas, sans forcément crier. Cela dépend de la perception des joueuses.

Stéphane Pilard

L’ancien cadre technique départemental et régional en convient, « parfois, il faut hausser le ton ». La connaissance de son effectif et des individualités qui le composent est primordiale. « Dans un groupe, il y a autant de personnalités que de joueuses. Il y en a qui vont préférer qu’on leur rentre dedans, d’autres non. Il faut trouver le juste milieu. » 

Mélissa Plaza « investie à 100 % »

Mélissa Plaza n’avait pas besoin de ton martial pour aller chercher la motivation nécessaire. « Elle est arrivée assez tard en sélection, se souvient Stéphane Pilard, qui n’a plus le moindre contact avec elle. Elle a eu la chance d’arriver au moment où nous étions qualifiés pour la Coupe du Monde au Chili. On a fait une demi-finale, c’était une première. Ça marque. »

La milieu de terrain, féministe engagée, avait « déjà une forme d’intelligence qui faisait qu’elle répondait assez facilement aux consignes tactiques. Comme elle découvrait, elle était à l’écoute et investie à 100 % ». Stéphane Pilard ne l’aurait certainement pas cru, mais elle a gardé de ses interventions des souvenirs pour la vie.

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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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