Criminalité

La notion de devoir conjugal favorise le viol au sein du couple … – NEON


Dans une tribune publiée ce jeudi 10 août dans Liberation, un collectif annonce sa création : le Collectif français contre le viol conjugal (CFCVC). Ils dénoncent notamment le peu de sensibilisation sur la question alors que près d’un viol sur deux est le fait d’un conjoint ou d’un ex-conjoint.

En France, un viol sur deux est conjugal, selon L’observatoire national des violences faites aux femmes. “Actuellement dans notre pays, près d’un viol sur deux est perpétré par un conjoint ou un ex-conjoint. Ce fait, gravissime, est pourtant très peu médiatisé et conscientisé par la population”, dénonce le Collectif français contre le viol conjugal en annonçant sa création dans une tribune publiée le 10 août dans le journal Libération. Le collectif dénonce notamment la notion de “devoir conjugal”, encore présente dans les textes de lois, qui efface la notion de consentement et en fait un enjeu de santé publique.

Le devoir conjugal, une excuse au viol

Les signataires de cette tribune attribuent notamment le nombre de viols conjugaux à la notion de devoir conjugal qui, malgré la vague #MeToo, “fait toujours partie des mœurs et de l’imaginaire collectif”, rapporte Madmoizelle. “Beaucoup de victimes témoignent avoir été forcées par leur partenaire mais ne posent pas le mot ‘viol’ sur leur vécu, pensant que leur conjoint est dans son bon droit. Bon nombre d’agresseurs admettent d’ailleurs forcer leur partenaire, tout en se sentant légitimes pour le faire sous couvert de devoir conjugal”, détaille le collectif dans le journal.

Sur le même sujet En 2017, 109 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint
200 femmes victimes de violences conjugales se suicident chaque année sans que leur conjoint soit inquiété

Pourtant, la qualité de partenaire ou ex-partenaire constitue pénalement une circonstance aggravante du viol depuis les années 80, les peines encourues allant jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle contre 15 autrement. Mais, dans les faits, “la majorité des viols conjugaux ne sont pas pris sérieusement en compte par la justice et sont requalifiés en tant que délit ou classés sans suite”, explique le CFCVC dans son texte. D’après le ministère de la Justice, 70 % des viols conjugaux traités en 2016 ont été classés sans suite.

Une femme sur trois a déjà cédé à l’insistance de son partenaire

Selon le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, une Française sur trois (33 %) a déjà eu un rapport sexuel suite à l’insistance de son partenaire alors qu’elle n’en avait pas envie. Des chiffres qui interrogent sur la question de consentement au sein du couple, et qui ont poussé le CFCVC à se former afin de sensibiliser la population à travers des campagnes, des actions militantes et des projets pour une meilleure prise en charge des victimes. Le collectif rappelle que, comme pour le viol en général, le viol conjugal “peut s’effectuer sans violence physique par pression psychologique, culpabilisation et insistance. […] Le viol conjugal est très exposé au déni et à l’amnésie traumatique, et nécessite donc une prise en charge spécifique, aussi bien financière que psychologique et médicale.

Dans sa tribune, le collectif émet plusieurs requêtes : plus de prévention, formation des fonctionnaires publics en contact avec les victimes, intégration du sujet aux cursus de droit et de médecine, révision de l’article 215 du Code civil “qui oblige les époux à une communauté de vie, interprétée par la jurisprudence comme incluant le devoir conjugal”, exclusion de la notion de devoir conjugal dans les procédures de divorce, application concrète de la notion de circonstance aggravante lors d’un viol commis par un conjoint, accompagnement psychologique de l’agresseur pour éviter les récidives une fois la peine purgée… En juin dernier, sur RMC, Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, déclarait : “Le lieu où les femmes sont le plus en danger, sont le plus assassinées en France, c’est chez elles […] l’homme le plus dangereux pour une femme, c’est son mari”.

À lire aussi En concert et en festival, les violences sexistes et sexuelles au plus proche de la scène
Violences conjugales : voici les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement
“Des mecs drôles, intelligents, et violents” : le journaliste Mathieu Palain remonte aux origines de la violence masculine





Source link

Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button