Football

A son tour, la Ligue 1 entre dans l’ère des matchs à rallonge – Le Monde


Les bons décomptes font les bons amis. Si la saison 2023-2024 de Ligue 1, qui a commencé vendredi 11 août par la rencontre entre Nice et Lille, sera raccourcie – en raison du passage de vingt à dix-huit clubs –, les matchs, eux, vont s’étirer. Car une fois les quatre-vingt-dix minutes réglementaires disputées, les parties devraient se poursuivre avec des temps additionnels à rallonge.

Pendant la Coupe du monde masculine au Qatar, la nouveauté avait fait grand bruit : des rencontres poursuivies douze, dix, voire quatorze minutes après la fin du temps réglementaire. Quelques mois plus tard, le Mondial féminin – encore en cours en Australie et Nouvelle-Zélande – a prolongé, à son tour, les parties. Et la mesure se propage peu à peu à l’initiative de la Fédération internationale de football (FIFA) : le patron des arbitres, Pierluigi Collina, prévenait avant le Mondial 2022 que « les temps de remplacements, de penalty, de célébrations, de soins médicaux ou, bien sûr, de VAR [assistance vidéo à l’arbitrage], devront être compensés ».

Lors du Community Shield, rencontre opposant le champion d’Angleterre, Manchester City, à son dauphin, Arsenal, dimanche 6 août, les Gunners ont égalisé onze minutes au-delà du temps réglementaire d’un match qui aura passé le mur du cent (105 minutes). De quoi provoquer l’ire de Pep Guardiola, l’entraîneur des Citizens, probablement accentuée par la défaite des siens : « Les matchs vont durer cent minutes mais on ne nous demande jamais notre avis », a tancé le technicien catalan.

Le défenseur français de Manchester United Raphaël Varane partage ce mécontentement. Dans un long message posté sur son compte X (anciennement Twitter), le champion du monde 2018 s’est inquiété des conséquences sur la santé physique et mentale des joueurs, déjà sursollicités par un calendrier lourd et estime que « ces changements font du mal [au] sport ».

Le temps de jeu effectif comme boussole

A son tour, la Ligue 1 va basculer. Le directeur de l’arbitrage français, Antony Gautier, l’a confirmé, vendredi 4 août, dans un entretien à l’Agence-France-Presse : le championnat de France va suivre la tendance de l’allongement du « money time » pour compenser le moindre arrêt de jeu.

La fatigue accumulée par ces minutes supplémentaires est la principale interrogation des formations françaises, qui vont devoir s’adapter dans un championnat déjà fameux pour son côté physique. Les premiers cobayes de cette consigne ont été les Lillois et les Niçois, vendredi. « J’ignore qui sera debout à la fin », anticipait le nouveau coach des Aiglons, Francesco Farioli, s’attendant à un défi physique d’une ampleur inédite – lui qui souhaite mettre en place un football spectaculaire et donc riche en efforts pour ses joueurs. Une philosophie identique anime son homologue nordiste, Paulo Fonseca. L’entraîneur lillois, s’il ne s’est pas prononcé sur le bien-fondé ou non de ce temps additionnel rallongé, a prévenu que la saison pourrait devenir fatigante pour ses Dogues. « Si nous nous qualifions pour la Ligue Europa Conférence, nous aurons une compétition supplémentaire en plus d’un championnat intense… »

Si de nombreux acteurs du ballon rond se questionnent, les instances du football, elles, n’ont pas hésité et mettent en avant les fans de football. « Si on demande aux spectateurs de payer des billets ou des abonnements pour regarder quatre-vingt-dix minutes de football et qu’un match dure cinquante minutes, il y a quelque chose qu’il faut revoir », argumentait Gianni Infantino, président de la FIFA, en 2022, interpellant l’International Football Association Board (IFAB), garant des lois du jeu. Avec le temps de jeu effectif pour boussole – la durée d’un match sans les coupures liées aux fautes, aux sorties de balle, aux changements ou aux célébrations –, l’IFAB a inscrit cette année dans ses règles la récupération du temps perdu lors de la célébration d’un but.

« On enlève une particularité de ce sport »

Sur les quatre-vingt-dix minutes que dure un match, le ballon n’est vraiment en jeu que pendant une heure environ, selon plusieurs études du Centre international d’étude du sport (CIES). Du côté des arbitres, on défend cet allongement à venir des rencontres. « Tout sera lié aux événements de la rencontre », a précisé Antony Gautier. Pour l’ancien arbitre international, « l’objectif sera de favoriser toujours plus le jeu et le spectacle ».

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Depuis quelques saisons, le souci de garantir des matchs au temps de jeu effectif le plus long possible a considérablement augmenté. Pour Loïc Ravenel, chercheur au CIES, cette évolution est celle d’un « football qui supporte de moins en moins le vide ». Et d’ajouter que le rallongement du temps additionnel est loin d’être anodin car il changera une partie de l’essence du football : « On enlève une particularité de ce sport : la perte de temps qui profitait surtout aux petites équipes. »

Reste à savoir comment harmoniser le temps ajouté au jeu car si des règles ont été édictées pour certaines phases de jeu – les buts ou les remplacements –, elles demeurent floues sur d’autres – les fautes ou les sorties de balle. « On va arriver à un moment où on se rendra compte que le plus simple c’est d’arrêter le chrono à chaque temps mort », conclut le chercheur – à l’image de ce qui se fait pour les matchs de basket.

Les acteurs du championnat de France vont maintenant devoir s’adapter à cette nouvelle réalité. Certains, comme Alexandre Lacazette, devraient même s’y retrouver. L’attaquant lyonnais a inscrit quatorze buts en Ligue 1 au-delà de la 90e minute, ce qui fait de lui le joueur du championnat le plus décisif dans le temps additionnel au XXIe siècle. Etendre le temps de jeu devrait lui offrir d’autres occasions d’augmenter cette statistique.





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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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