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Originaire d’Alençon, Precious Edosa raconte le football féminin … – actu.fr


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Ces deux dernières saisons, l’Alençonnaise de 18 ans a évolué avec les U19 National de l’EA Guingamp. Elle a également joué avec l’équipe première en D1 et en Coupe de France et a pu s’offrir une expérience du football féminin professionnel. ©Nelson Fatagraf

Si la professionnalisation du football féminin en France s’est accélérée ces dernières années, il y a encore du chemin à parcourir.

Formée à l’US Alençon, Precious Edosa a pu le constater en côtoyant le monde professionnel pendant deux ans. « Pour une joueuse, il est toujours compliqué d’en vivre correctement », regrette-t-elle. 

Elle a joué deux ans à l’EA Guingamp

Jusqu’à ce printemps, la défenseure de 18 ans jouait en U19 National avec l’En Avant Guingamp, dont elle a intégré le centre de formation en 2021.

Ses prestations lui ont même permis de s’entraîner régulièrement avec le groupe pro, pensionnaire de D1, et à être convoquée pour des matchs. « J’ai fait cinq ou six groupes en D1 », révèle-t-elle, dont une entrée en jeu contre l’Olympique Lyonnais en avril 2022.

De l’US Alençon au centre de formation de Guingamp

Precious Edosa a découvert le ballon rond à 11 ans à l’US Alençon et a rejoint le club costarmoricain en 2021, après une pige de trois saisons à Évreux. D’abord pour intégrer l’équipe U19. « Mais je suis très vite montée avec la D1. Trois semaines après mon arrivée, j’ai fait mon premier groupe », retrace la défenseure centrale.
Durant la saison 2021-2022, elle a navigué entre les jeunes et l’effectif pro, aussi bien aux entraînements qu’en matchs. Jusqu’à la récompense : une première apparition en Coupe de France, en janvier 2022, contre Nantes. Puis, elle a disputé ses premières minutes en D1, en avril, contre un adversaire de prestige : l’Olympique lyonnais, le meilleur club français. Elle a aussi pu affronter Wendie Renard, la capitaine de l’OL, dont elle s’est beaucoup « inspirée », révèle celle qui mesure 1,80 m.
Mais cette expérience en D1 sera la seule. Le second exercice s’est révélé plus difficile : « J’ai été blessée trois mois et j’ai moins joué. Le foot peut aller très vite. En avril, je jouais en D1. Six mois plus tard, je n’étais plus titulaire en U19. » 
À la rentrée, Precious Edosa se relancera donc au FC Rouen, qui présente un « projet ambitieux » en Régional 1. À cette occasion, elle foulera les pelouses de R1F, dont celle d’Alençon où tout a commencé. Elle a déjà noté la date dans son agenda. « On se déplacera là-bas pour la deuxième journée. Ce sera le 24 septembre ! » Le rendez-vous est donné.

Durant ce passage dans les Côtes-d’Armor, elle a, concède-t-elle, pu évoluer dans de « très belles infrastructures » lorsqu’elle était avec les pros.

« On disposait d’une salle de muscu, de plusieurs terrains, de vestiaires réservés pour nous… », énumère la native de Leeuwarden, aux Pays-Bas, arrivée à Alençon à l’âge de 1 an. « Mais avec les U19, c’était plus compliqué. On jouait sur un synthé. »

Pas rémunérée en Bretagne

Deux saisons riches sur le plan sportif, pour lesquelles Precious Edosa a touché la modique somme de… 0 €. « Je n’avais pas de contrat, je n’étais pas rémunérée. »

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Cette situation, loin d’être réservée aux footballeuses en centre de formation, touche aussi des joueuses de certains clubs de D1. « Souvent les plus jeunes », souligne l’Alençonnaise. « Lors de ma première saison à Guingamp, une joueuse avait disputé plusieurs matchs au cours de l’année, parfois en tant que titulaire, et elle n’avait pas de contrat. »

Precious Edosa
En avril 2022, Precious Edosa a découvert la première division française lors d’un match contre l’OL et sa capitaine Wendie Renard, joueuse dont s’est beaucoup « inspirée » l’Alençonnaise. ©Photo fournie par Precious Edosa

Dans le même temps, chez les hommes, des joueurs de National 3 et de Régional 1, cinquième et sixième divisions françaises, perçoivent un salaire avec leur club.

En plus, eux ont la possibilité d’avoir un travail à côté, car leurs entraînements ont lieu le soir. En D1 féminine, le football est un métier. Les joueuses s’entraînent le matin, voire deux fois par jour. Elles ne peuvent pas faire autre chose et se retrouvent, parfois, dans des situations précaires.

Precious Edosa

« On devait raccourcir nos séances pour les garçons »

Si l’argent reste un vecteur prépondérant dans le développement du foot féminin, il n’est pas le seul cheval de bataille.

Precious Edosa aimerait une « meilleure considération » de la part des clubs.

À Guingamp, on devait parfois raccourcir nos séances pour laisser la place aux garçons. D’autres fois, on n’avait pas accès à la salle parce que deux ou trois U19 étaient en rééducation alors qu’on aurait très bien pu l’utiliser tous ensemble.

Precious Edosa

Autre « gros chantier » : la retransmission des matchs, et les droits TV qui l’accompagnent, cruciaux pour « attirer du monde » et rapporter plus d’argent aux clubs.

« J’ai déjà eu du mal à regarder des matchs. Je me souviens aussi d’un match de Guingamp durant lequel la caméra de Canal + était recouverte d’eau, personne ne voyait rien… »

Foot féminin à Alençon
Precious Edosa, ici avec l’arbitre Elise Lecolley, était venue à Alençon en avril dernier pour une journée de valorisation du foot féminin. ©Archives L’Orne hebdo

De tout cela, l’ancienne de l’USA note le « retard » pris par la France par rapport aux autres pays européens, l’Angleterre en tête. « Là-bas, les filles ont une ligue pro, comme les garçons. Ici, le championnat est affilié à la FFF. »

« Aujourd’hui, une fille qui fait du foot, c’est normal »

Néanmoins, Precious Edosa se satisfait d’avoir vu les mentalités évoluer dans le bon sens. Surtout depuis ses débuts, elle qui a déjà essuyé des réflexions parce qu’elle jouait au foot.

Aujourd’hui, une fille qui fait du foot, c’est normal. Ça avance, même s’il y a toujours des garçons de district qui pensent avoir le niveau pour évoluer à haut niveau chez les femmes.

Precious Edosa

À l’époque, elle a dû « batailler » pour persuader sa mère de prendre une licence de foot à 11 ans. « Elle ne voulait pas trop, car elle ne voyait que des garçons jouer. Des coachs de l’US Alençon qui m’avaient vu jouer à l’école et au city ont tenté de la convaincre. »

Pour arriver à ses fins, la défenseure axiale a « titillé » sa mère en se tournant vers le rugby. « Et là, elle préférait encore que je fasse du foot », rit-elle.

Et de transmettre un message aux jeunes filles qui hésiteraient encore à chausser les crampons, par peur d’essuyer des remarques : « Aujourd’hui, on est sur un football féminin beaucoup plus développé. C’est un sport pour tout le monde. Il ne faut pas se priver si c’est ce qu’elles veulent faire. »

Un diplôme pour assurer ses arrières

À la rentrée, Precious Edosa relèvera un nouveau challenge au FC Rouen, en Régional 1 (quatrième division), autour d’un projet mêlant le sport et les études.

Sachant la difficulté de vivre confortablement du foot, elle préfère assurer ses arrières en décrochant un diplôme.

Les études supérieures, ce n’est pas compatible avec le foot de haut niveau. À l’automne 2022, j’avais commencé une licence en distanciel, mais c’était compliqué.

Precious Edosa

Malgré cette parenthèse, l’Ornaise ne met pas de côté son rêve de devenir pro. « Je continue à m’entraîner à fond. Je me donne deux ans pour valider mon BTS (Négociation et digitalisation de la relation clients à Rouen, NDLR) et si j’ai encore l’envie, mais je pense que ce sera le cas, j’aimerais remonter au haut niveau. »

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Theo Lefevre

Dans le vaste océan du cyberespace, je suis Théo Lefèvre, un Journaliste Web captivé par les histoires qui se tissent à travers les fils numériques. Mon parcours à l'Université Américaine de Paris a façonné ma plume, tandis que mes curiosités se dévoilent à travers la science et la technologie, le monde des affaires, et l'athlétisme. Porté par mon passé de passionné de sport et d'économie, chaque article que je compose est un reflet transparent de mon engagement envers l'authenticité. Joignez-vous à moi pour explorer les méandres de l'innovation scientifique, les intrications du monde des affaires et les défis du terrain d'athlétisme, tout en partageant un voyage honnête et stimulant à travers mes écrits.

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