Technologie et Science

La performance comme méthode. Quand les arts vivants rencontrent les sciences sociales (Cerisy) – Fabula


“La performance comme méthode – Quand les arts vivants rencontrent les sciences sociales”

au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle du 21 au 27 septembre 2024

organisé par Marion Boudier, Yann Calbérac, Chloé Déchery et Michel Lussault

Ce colloque vise à transformer les espaces du château de Cerisy en laboratoires d’expérimentation (ateliers de fabrique ; retours d’expériences ; échanges de pratiques), pour non seulement performer de nouvelles formes de collaborations scientifiques, mais surtout interroger la performance comme paradigme méthodologique et comme modalité d’élaboration des savoirs entre arts vivants et sciences sociales.

Mots clés : arts vivants ; sciences sociales ; théâtre ; performance ; expérience ; essai ; matériaux ; protocole ; méthode ; terrain ; enquête ; hybridité ; recherche-création.

Invité·es (en cours) : Frédérique Aït-Touati, Emma Bigé, Ondine Cloez, Rémy Héritier, Barbara Métais-Chastanier, Guillaume Mazeau, Nicolas Nova, Guillermo Pisani, Camille de Tolédo, Carolina E Santo…

Si les rencontres entre les arts et les sciences se multiplient – tant du côté de la production artistique que de celui des manifestations et des publications scientifiques – selon des modalités diverses qui brouillent et déplacent les limites entre ces domaines, ces rapprochements et ces croisements permettent de questionner les passerelles, complémentarités et porosités qui opèrent entre les pratiques mises en œuvre aussi bien par les artistes que par les scientifiques. Ce colloque entend mettre en scène et au travail les rencontres qui existent entre les arts vivants (qu’il s’agisse de théâtre, de danse ou de performance) et les sciences sociales dans leur ensemble, en mettant l’accent sur les protocoles, méthodes, essais, enquêtes, documents, matériaux, archives, traces, expériences et autres démarches de terrain que ces domaines ont en partage. Il s’agit donc de décloisonner disciplines et langages en envisageant la circulation, l’emprunt et l’hybridation des mêmes méthodes d’un champ à l’autre. Et c’est sous l’angle de la performance que cette circulation sera mise en œuvre, parce qu’elle permet un travail expérimental et d’atelier qui constituera le cœur du dispositif.

Notre but est ainsi de questionner ce qu’est un colloque de Cerisy, c’est-à-dire à la fois cette forme très normée (dans ses modalités et ses attendus) de manifestation scientifique, mais aussi le lieu qui les accueille et qui leur confère à la fois sa spécificité et son ancrage dans une tradition intellectuelle. Ce colloque vise donc à non seulement occuper les multiples espaces du château afin d’en faire des laboratoires d’expérimentation, mais aussi à questionner la spécificité d’un colloque, qui n’est plus un lieu où l’on parle entre soi, mais un lieu qui vise à produire et à expérimenter, en reconnaissant que les lieux d’hospitalité – caractérisés par la co-présence et la relation incarnée – sont les ingrédients essentiels à l’élaboration d’un dialogue en action. Le colloque réunira donc à la fois des artistes, des artistes-chercheur·e·s, des scientifiques, etc. selon un programme structuré autour d’ateliers (pensés comme des formes de mise au travail de protocoles et de démarches), de retours d’expérience, ou d’échanges de pratiques ; des temps importants seront aussi consacrés à des performances, ou à des restitutions de travaux selon de multiples formes processuelles (in situ, conférence performée, work in progress…). Il ne s’agira pas tant d’un colloque où l’on parle (et où l’on écoute) que d’un espace de travail collaboratif, d’échanges et de co-construction : la configuration du château de Cerisy tout comme l’esprit qui y règne nous y invitent.

Nous proposons de constituer une petite communauté de chercheur·es, artistes, artistes-chercheur·es pendant une semaine afin d’habiter Cerisy comme une ressource, un terrain ou un corpus commun à partir duquel déployer différentes méthodologies de recherche artistique et de collaboration entre praticien·nes des arts vivants et chercheur·es en sciences sociales. Plutôt que nous rencontrer autour de savoirs constitués pour présenter ce que nous savons déjà, nous nous donnons la possibilité d’être au présent dans le lieu, de douter, d’expérimenter, de chercher ensemble, de nous constituer en laboratoire à travers des démarches partagées à partir de ce lieu habité collectivement. Nous ferons du Centre culturel de Cerisy, de ses espaces, de son fonctionnement institutionnel, de sa communauté intellectuelle, de son histoire, des matières à penser et à créer en déployant et en interrogeant un certain nombre de gestes aux croisements des arts du spectacle et des sciences sociales : se situer, observer, collecter, arpenter, enquêter, documenter, intervenir, interpréter, traduire, raconter, restituer… Un colloque en actes, avant la publication des Actes du colloque que nous concevons déjà tel un manifeste et un cahier d’activités artistes et scientifiques hors normes.

Prenant acte du développement des démarche de recherche-création et du practical turn des humanités et des sciences sociales, nous nous intéresserons non aux œuvres comme résultat mais aux gestes artistiques en tant que processus de recherche, en tant que pratiques qui déploient, activent, incarnent et donnent forme à des rapports à la recherche et aux savoirs qui sont propres à l’action ou drama ou à la performance. Nous interrogerons et expérimenterons ces formes de production de « savoirs situés », la spécificité de ces savoirs incarnés et expérientiels, les liens entre recherche artistique et recherche académique dans une approche qui se conçoit comme dialogique (et donc hétérogène), interdisciplinaire et expérientielle.

Marion Boudier (Université de Picardie Jules Verne, IUF)
Yann Calbérac (Université de Reims Champagne-Ardenne, IUF)
Chloé Déchery (Université de Paris 8)
Michel Lussault (École Normale Supérieure de Lyon)

Le programme sera prochainement affiché sur le site du Centre de Cerisy-la-Salle…





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Theo Lefevre

Dans le vaste océan du cyberespace, je suis Théo Lefèvre, un Journaliste Web captivé par les histoires qui se tissent à travers les fils numériques. Mon parcours à l'Université Américaine de Paris a façonné ma plume, tandis que mes curiosités se dévoilent à travers la science et la technologie, le monde des affaires, et l'athlétisme. Porté par mon passé de passionné de sport et d'économie, chaque article que je compose est un reflet transparent de mon engagement envers l'authenticité. Joignez-vous à moi pour explorer les méandres de l'innovation scientifique, les intrications du monde des affaires et les défis du terrain d'athlétisme, tout en partageant un voyage honnête et stimulant à travers mes écrits.

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