Culture et Société

Les politiques culturelles irriguent-elles tous les territoires ? – France Culture


Rachida Dati se trouve aujourd’hui au festival du court métrage de Clermont-Ferrand où elle a eu un échange avec les maires ruraux sur le thème de “Culture et ruralité”.

Car depuis son arrivée au ministère de la Culture, la ministre a multiplié les déclarations sur une concertation nationale à propos de la vie culturelle en milieu rural et sur le fait que l’exclusion n’était pas seulement en banlieue, considérant que les zones rurales étaient les grandes oubliées des politiques culturelles.

Pourtant depuis la Seconde Guerre mondiale, et le mouvement de décentralisation théâtral initié sous la quatrième république par Jeanne Laurent, puis le développement des MJC et des mille clubs, les structures en milieu rural sont nombreuses, bien que très dispersées.

La faible densité de population est peut-être d’ailleurs un des problèmes les plus aigus de la culture en milieu rural, tant la question des déplacements et des mobilités y est cruciale, en particulier lorsqu’il s’agit de toucher les publics les plus jeunes et les plus âgés.

Rendre la culture accessible, la question du financement

Pour Maud Brun, directrice de la Culture et du Patrimoine dans la région Centre-Val-de-Loire, la décentralisation parvient à atteindre les différents territoires : « En région Centre-Val-de-Loire, qui est une région assez rurale, qui n’a pas de grande métropole, la région a fait le choix, et ça depuis très longtemps, de déployer une politique d’aménagement culturel du territoire qui s’appuie justement sur les initiatives qui sont portées localement. Il y a une politique de contractualisation avec ces collectivités ou avec ces communes qui leur permet de bénéficier du soutien de la région pour conduire leur propre politique culturelle et favoriser justement la rencontre entre les habitants, les artistes et les territoires ».

Lisa Bélangeon contrebalance le propos en analysant une baisse des aides allouées à la culture : « On observe des baisses de financement public, qu’elles soient vraiment nettes ou qu’elles soient simplement liées à un maintien de l’inflation qu’on connaît. Aussi, on voit des collectivités qui ont fait le choix de baisser les soutiens, que ce soit à des événements comme notre festival, mais aussi à des lieux labellisés, parce qu’elles baissent leur budget lié à la culture ». Elle souligne aussi que le fait de laisser les communes prendre en charge le développement de projets culturels implique des différences significatives de moyens entre les villes et les campagnes : « Il faut aussi se méfier sur le fait de tout confier à nos collectivités et sur ce que ça peut impliquer à terme. Des anciennes études montraient quand même qu’il y avait un fossé entre ce que pouvait amener une commune sur des budgets. On était plutôt autour de 4% en zone rurale contre 23% en zone urbaine, sur des projets similaires ».

Les initiatives pour répondre aux besoins spécifiques des territoires

A propos de la différence entre les zones rurales et les zones urbaines en matière de politique culturelle, Patrick Chenu, directeur général des MJC, insiste sur une approche de la culture singulière au sein de ces structures : « Notre travail est différent d’une logique avec des lieux structurants qui irriguent les territoires. Dans le travail de proximité que nous effectuons on les implique en permanence les personnes dans les processus, on co-créé, on co-produit. Notre enjeu, plus que de faire de la démocratisation culturelle, il est démocratique, c’est-à-dire que l’on s’adresse aux jeunes en leur disant qu’ils et elles sont porteurs et porteuses de culture, que ces domaines sont aussi pour eux ».

Maud Brun met en avant la question centrale de la mobilité : « La mobilité est un frein mais il y a des alternatives, certains acteurs culturels ont fait le choix de développer des activités qui, en totalité ou pour partie, sont des activités itinérantes. Par exemple, le « Cinémobile », est un cinéma itinérant qui se déplace mensuellement dans 46 communes de la région et qui vient avec un camion qui se transforme en réelle salle de cinéma, pour proposer au plus près des habitants, dans leur commune, toute l’offre cinématographique d’actualité ».

Les Enjeux territoriaux

16 min

L’Esprit public

59 min

Pour aller plus loin :

– Toutes les informations concernant le festival “Au foin de la rue” sont à retrouver ici :  Au Foin De La Rue – 5 & 6 juillet 2024 à Saint-Denis-de-Gastines en Mayenne





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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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