Économie

Derrière la décentralisation de l’Occident, le statut défié par le rôle – Le Temps


Les débats d’été du «Temps»: L’Occident et les autres

Cet été, Le Temps confie à nouveau ses espaces dévolus aux opinions à plusieurs personnalités, chacune coordonnant une semaine autour d’un thème donné.

Des «anciennes aux nouvelles fractures» aux «déclins et alternances» en passant par les «valeurs et mesure»: la relation entre l’«Occident et l’autre» est à retouver dans le dossier concocté par le professeur Mohamed Mahmoud Mohamedou et ses invités

Dans tout système international, chaque Etat dispose d’un «statut» politico-diplomatique qui décrit sa position propre, ce à quoi il peut prétendre dans le jeu qui se déroule. La théorie réaliste, longtemps dominante, relayée par les principaux acteurs de la scène internationale, a promptement conféré une tonalité objective à cette construction, faisant dépendre ce statut de mesures évaluant la capacité militaire, la force de l’économie, le poids territorial et l’importance des réseaux diplomatiques constitués par chaque Etat. Cette vision intrinsèquement géopolitique consacrait naguère la centralité de l’Occident, mais a peu à peu suscité surprises et déconvenues: pourquoi les plus puissants ne gagnent-ils plus, pourquoi ont-ils de plus en plus de mal à imposer leur vision et à contrôler la diplomatie mondiale, comme c’était clairement le cas aux temps westphaliens et jusqu’à celui de la guerre froide?

La faille se révélait: trop confiante dans l’efficacité des structures, la science avait négligé celle des subjectivités, c’est-à-dire des perceptions, des frustrations, des anticipations. En bref, on avait survalorisé le statut au détriment du rôle, au sens sociologique du terme, cet ensemble d’attentes nourries par l’ensemble des acteurs et qui sans cesse dévaluent ou réévaluent la position de chacun. Successivement, la décolonisation, la fin de la bipolarité et l’approfondissement de la mondialisation ont attaché aux vieux statuts des rôles nouveaux, des attentes inédites qui déclassent ou reclassent les vieilles puissances occidentales, sans qu’elles-mêmes ne s’en rendent véritablement compte, obnubilées qu’elles sont par leur puissance passée et les préjugés présents qui en sont les séquelles.

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.

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Theo Lefevre

Dans le vaste océan du cyberespace, je suis Théo Lefèvre, un Journaliste Web captivé par les histoires qui se tissent à travers les fils numériques. Mon parcours à l'Université Américaine de Paris a façonné ma plume, tandis que mes curiosités se dévoilent à travers la science et la technologie, le monde des affaires, et l'athlétisme. Porté par mon passé de passionné de sport et d'économie, chaque article que je compose est un reflet transparent de mon engagement envers l'authenticité. Joignez-vous à moi pour explorer les méandres de l'innovation scientifique, les intrications du monde des affaires et les défis du terrain d'athlétisme, tout en partageant un voyage honnête et stimulant à travers mes écrits.

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