Environnement

Des ardoises photovoltaïques partout, une idée pertinente? – Le Temps


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Les toits et les façades en Suisse peuvent en théorie produire 67 térawattheures d’électricité solaire par an (en ne comptant que les structures d’au moins 10 m2 et bien exposées au soleil), selon l’Office fédéral de l’énergie. Un tel parc produirait plus d’électricité en été, quand les journées sont longues, qu’en hiver, où son apport serait insuffisant. La Suisse consomme une soixantaine de TWh d’électricité par an (dont 3,7 TWh sont venus du photovoltaïque en 2022).

Décentraliser massivement la production électrique? Cela atténuerait les menaces de pénurie et renforcerait l’autonomie énergétique du pays. Mais le réseau doit s’y adapter. Il faut aussi pallier le manque d’installateurs et surmonter les obstacles financiers. Trois défis passés au crible des experts du secteur.

– Qui va payer?

Il faut moins de dix ans pour amortir des panneaux solaires, d’autant que les prix de l’électricité tendent à grimper, que les tarifs de rachat augmentent et qu’il est possible d’autoconsommer sa production. A long terme, on y gagne presque toujours. Mais les coûts d’installation peuvent vite atteindre 20 000 francs pour un particulier, après déduction des subventions, s’il n’a pas dû rénover son toit pour l’occasion.

«Les subventions sont insuffisantes. Il faut mettre en place des outils de prêts, comme les prêts covid. Aujourd’hui, il est plus facile de faire un leasing sur une grosse berline V8 que pour des panneaux solaires», relève Stéphane Genoud, professeur en gestion de l’énergie à la HES-SO Valais. Une initiative des Vert·e·s et du PS, lancée en 2022, propose de créer un fonds pour le climat, financé par la Confédération, qui doit permettre de cofinancer les projets verts des entreprises aux particuliers, en passant par les communes.

– Le réseau est-il assez résistant?

Décentraliser la production électrique requiert un renforcement du réseau et l’apport d’équipements intelligents, comme des smart meters. Ces boîtiers dotés de capteurs régulent son équilibre. Ils permettent de prendre en considération la demande d’électricité et la production de manière simultanée. D’activer ou de déclencher des installations consommatrices (chauffe-eau ou autres pompes à chaleur) ou de limiter la production de centrales, des panneaux chez des particuliers à une usine plus importante.

Dans un communiqué mardi, Romande Energie indique que les évolutions sur le réseau font augmenter ses coûts de fonctionnement – mais signale que ses tarifs seront stables en 2024 car les prix de ses kilowattheures vont baisser.

Des batteries seront aussi toujours plus nécessaires pour générer de la flexibilité sur le réseau. Les particuliers seront certainement amenés à utiliser celles de leur véhicule électrique mais il faut pour cela que des obstacles législatifs et techniques soient surmontés.

«Equiper tous les toits ou les façades de panneaux solaires n’engendrerait pas forcément de tensions trop importantes sur le réseau, car on peut autoconsommer cette électricité, utiliser des batteries pour gérer son afflux ou l’écrêter», estime Christophe Ballif, directeur du centre d’énergie renouvelable du CSEM. L’écrêtage consiste à limiter la puissance électrique injectée sur le réseau, elle peut se faire automatiquement.

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«L’autoconsommation, c’est génial pour le réseau, car c’est tout ça d’énergie qui n’a pas besoin d’être transportée», renchérit Stéphane Genoud. «Promouvoir la production d’énergie solaire a du sens si on change ses habitudes quotidiennes et qu’on autoconsomme», souligne Michèle Cassani, porte-parole de Romande Energie.

«On pourrait aussi utiliser la puissance générée par les panneaux solaires pour créer de l’hydrogène, et fournir l’industrie en gaz sur toute l’année», estime de son côté Roger Nordmann. Le socialiste vaudois défend cette idée dans un livre, Urgence énergie et climat, qui vient de paraître.

– Remédier aux pénuries, est-ce faisable?

Le matériel et la main-d’œuvre font aussi défaut. Les onduleurs manquent particulièrement. Or ces dispositifs, qui génèrent des courants alternatifs à partir d’une source d’énergie électrique continue, sont nécessaires dans toutes centrales solaires. Pour y remédier, le canton de Vaud a un projet de regroupement d’achats d’équipements solaires, qui engendrerait de plus gros volumes et intéresserait donc plus les fabricants.

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En juin, l’association Swissolar estimait que d’ici à 2035 la Suisse aurait besoin de 800 nouveaux professionnels par an dans le solaire pour atteindre les objectifs fixés par la Confédération pour le tournant énergétique. Or les installateurs qualifiés, les planificateurs et les chefs de projet sont difficiles à dénicher.

«Les bras manquent, en Suisse mais aussi en Europe», indique Stéphane Genoud. La HES-SO Valais planche sur des projets visant à faire venir de la main-d’œuvre de Bosnie et de Tunisie pour la former sur la pose de panneaux en Suisse. Des formations ont été mises en place, notamment par Groupe E et Swissolar. Un projet lancé par des ONG bernoises, Refugees go Solar+, permet en outre à des réfugiés en recherche d’emploi de se former dans l’installation photovoltaïque dans une dizaine de cantons.



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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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