Athlétisme

Story Cyril Esquirol : Monsieur Plus ! – Moto Station


Il restera évidemment dans les mémoires comme Mr GLC avec quatre victoires à son actif. Mais « P’tit Sec » fut aussi un scratcheur de talent, multiple champion de France, vice-champion du monde, vainqueur des ISDE. Un des rares à avoir battu Peterhansel à la régulière, démontré des qualités physiques incroyables et fait preuve d’un pilotage aussi incisif qu’efficace. Fallait refaire un tour dans la saga Esquirol…

Après deux saisons de galère pour cause de poignet blessé, le tout jeune Esquirol signe des scratches en championnat de France 1990 devant Peter et consorts au guidon d’une 125 KTM de chez Royal Moto… © MV

« À Chablis, pour la finale du Chaboulange- KTM fin 87, je ne connaissais pas le terrain mais je pulvérise le temps de référence d’Alain Olivier de 5 ou 6 secondes sur 6 minutes ! Yves Cosson (patron de Royal Moto France) n’y croyait pas, il pensait que j’avais coupé. Ils m’ont fait refaire un chrono sur une spéciale modifiée. Et le lendemain, je me retrouve pilote officiel chez KTM ! » L’histoire de Cyril Esquirol en enduro débute par un coup de génie. Une anecdote qui en appellera tant par la suite durant la longue carrière de cet incroyable pilote sudiste passé par le motocross dans ses jeunes années. Manquant de moyens financiers, le jeune Cyril Esquirol avait tâté de l’enduro lors d’une finale de la ligue PACA à Andon sur un 80 cm3. Mais la discipline ne l’avait pas emballé plus que ça. C’est le président du moto-club de Grasse qui l’avait inscrit aux fameuses sélections du Chaboulange quelques années plus tard. Sans se douter qu’il allait changer sa vie. Ceci dit, le nouvel officiel KTM France allait rapidement briller par… son absence ! Dès sa première saison en 125 Expert (qui faisaient trois tours comme les Inters), il se re-brise le scaphoïde déjà touché plus tôt en MX. Ce qui lui gâche également la saison suivante qu’il passe en convalescence après une opération qui lui sauve la mise. Mais on ne l’oublie pas chez Royal Moto et dès 1990, Cyril remporte enfin son premier titre 125 Inter sur une Autrichienne, suivi d’un autre en 1991 avec à la clé la 4e place scratch finale derrière les Peter, Olivier et Charbonnel qu’il bat de temps à autre.

En 1992, il passe chez Husqvarna et remporte le titre Inter scratch sur une 360 WR préparée à la SIMA. © MV

Des étincelles

Ce qui finit par convaincre Marcel Seurat de débaucher le petit blondinet. Il passe donc par la case SIMA au guidon de la « grosse » 360 WR. Et n’oublie pas ce patron aussi exigeant que passionné : « Là, grand monsieur. Comme on n’en verra plus. Il prenait des gars de nulle part, des pilotes qu’il nourrissait, blanchissait, accueillait chez lui… Phénoménal ! Par contre, entre lui et moi il y avait des étincelles en permanence. » Des étincelles qui mettent parfois le feu – Cyril devient champion de France Scratch – et déchaînent les passions : « En 92, je gagne la saison au scratch devant Peter et tout le gratin de l’enduro. Ma première saison sur la 360 Husky ! Et le soir, après la dernière course, je dis à un journaliste : là y’a pas photo, en voulant dire que j’avais gagné à la régulière. Encore aujourd’hui, je vois pas ce qui était choquant là-dedans ? Mais en fait, ça l’a énervé le Peter ! », se rappelle Cyril qui en rit toujours même s’il n’a plus jamais gagné une saison au scratch devant Stéphane par la suite. Ajouté à une certaine arrogance doublée d’une grande gueule sudiste pas toujours bien acceptée dans les paddocks par les plus anciens, Cyril se retrouve un peu à part. Mais l’exploit fait de lui le pilote en vue. Un pilote teigneux, au coup de gaz radical qui paraît-il s’entraîne très dur physiquement. « Mon père était pro en vélo et avec mes parents et mon frère, j’ai toujours baigné là-dedans. J’étais constamment dans la compétition et c’est resté.

En 90, son style et son attaque généreuse lui valent de se faire remarquer par tout le gratin de l’enduro français. © MV

Et puis j’adore me dépouiller, aller au bout de moimême… », raconte-t-il en 92 dans Moto Verte. Il ne le savait pas encore, mais cet engagement allait faire de lui une légende. Oh non, pas dès 92 et cette première Gilles Lalay Classic qu’il découvre un peu forcé par Marcel Seurat : « J’y suis allé comme ça, la fleur au fusil. J’ai pris ma 360 cross d’entraînement, avec une carte grise… Je grimpais nulle part avec mon moteur violent et mes suspensions en bois ! Et en plus, je savais pas monter sur un caillou à l’époque, je tronçonnais, c’est tout. » Le bûcheron d’alors termine pourtant l’épreuve vers minuit moins le quart, avant-dernier, mais finisher. Séché, rincé d’avoir plus poussé que roulé. Pour l’édition suivante, Cyril a gagné en maturité et en confiance, mais toujours pas suffisamment en franchissement. Et l’hiver est rude dans le Limousin en février 1993 : « À force d’embrayer, j’ai les phalanges des trois derniers doigts qui ont commencé à geler. Un truc qui n’arrive qu’aux alpinistes normalement. Le toubib m’avait dit, si dans un mois ça ne revient pas, on coupe ! » 8e place finale alors que le Suédois Sven-Erik Jönsson remporte sa 2e GLC d’affilée. Un pilote mythique que Cyril côtoie en Mondial dans les rangs du team Azzalin. Après une saison d’apprentissage, Cyril se bat en effet dès 93 pour le titre 500. Et Jönsson l’impressionne : « Oui, il ne craignait rien, ni la boue, ni le froid, ni la pluie… Il faisait la GLC en maillot ! Un vrai bûcheron qui ne reconnaissait même pas les spéciales en ligne du Mondial vu qu’elles n’étaient pas chrono au premier tour. Un phénomène. » Mais Cyril se bat toute la saison face à un jeune Italien tout aussi énervé que lui, un certain Gio Sala, quasi intouchable sur sa 300 KTM deux-temps. Cyril finit la saison en 2e position et une victoire scratch en Finlande, devant tous les cadors, de Sala à Grasso, d’Eriksson à Jönsson ou Edmondson et la considération des managers italiens.

À l’entraînement en salle de sport (en haut) ou hilare à l’arrivée de la GLC en compagnie de Nuques et Algay, Cyril reste admiratif de Stéphane Peterhansel : « Il nous a tous tirés vers le haut ! »

À fond dans la GLC

Le voilà rassuré sur sa vitesse. Mais l’hiver approche et cette fichue GLC 94 avec. « Marcel Seurat fait une réunion avant la 3e GLC. Il nous balance : De toute façon, vous êtes que des incapables, il n’y a que des pilotes du Nord qui pourront gagner la GLC. Je suis prêt à tripler votre prime de résultat. Je me lève et je l’interpelle : Monsieur Seurat, vous pouvez le marquer sur le contrat que vous triplez la mise ? » Cyril décide alors de s’investir à fond dans le projet et en parle dans le HS Classic de 2013 : « Je me transcende, tous les jours, je ne pense qu’à ça, je me prépare pour ça. Je deviens un robot de la Gilles Lalay Classic. Mais je m’éclate à faire ça. » Cyril s’achète une trial, fait des kilomètres VTT et suit un programme de préparation physique strict. Nicolas Samofal lui prépare une 250 WR très spéciale, avec vilebrequin en tungstène, un vrai moteur de trial dans un châssis enduro aux suspensions WP réglées souples, comme le décrit alors son pilote. Et ça marche. Avec sa forme olympique, il prend l’avantage durant l’après-midi sur Alain Olivier puis Paul Edmondson alors en tête. Tous deux sont cuits alors que « l’écureuil » vole de moulard en moulard. Il rattrape son idole et double le vainqueur Sven-Erik Jönsson, le passe et lui colle dix minutes en haut du Corbeau Mort ! « C’est ma plus belle victoire », dira-t-il une fois redescendu de son nuage.

Image classique de la GLC comme ici en 95 où Cyril va s’imposer pour la 2e fois. La première sur Honda.©MV

Une victoire qui lui vaudra d’être repéré par le staffle potentiel médiatique de cette épreuve hors-norme, l’une des rares courses tout-terrain à attirer télés et public en masse avec Le Touquet ou le SX de Bercy. Du coup, pour 95, Cyril débarque avec une CR endurisée joliment préparée. Lui s’est remis en mode « warrior » durant l’intersaison. Le Limousin cette année-là est un vaste cloaque, totalement liquéfié par des pluies incessantes qui tombent du matin au soir sur la Haute-Vienne et la région de Peyrat-le-Château. Cyril semble pourtant irrésistible et colle 35 minutes à « Roscoe » Charbonnel et 45 à Stéphane Peterhansel ! Et Cyril en parle avec des trémolos dans la voix : « C’était euphorique, tous ces gens qui hurlaient. T’en avais les larmes aux yeux. Tu te laissais porter par les gens, c’était fou. Je souhaite à n’importe quel pilote d’aujourd’hui de connaître un truc pareil. »

Fallait voir ce sourire tout en haut du Corbeau Mort après une journée mémorable, comme ici en 95…

Et de quatre !

1995 voit aussi le Sudiste qu’il est venir marquer de son empreinte une autre grande épreuve d’enduro : les ISDE qui se déroulent en Pologne cette saison-là. Durant une partie de la semaine, l’équipe de France est au nirvana avec un Peter scratcheur impérial et un Cyril qui se bat devant en 125. Tout se jouera dans le cross final où les Italiens remporteront la timbale devant les tricolores. Mais sur sa petite CR 125 endurisée, Cyril termine 3e du scratch et remporte la catégorie ! « Une victoire aussi forte que la GLC », résume l’intéressé plus de trente ans plus tard. Il ne cache pas son admiration pour les Six Jours ambiance particulière dans le monde de la moto. Plus tard dans l’automne, une nouvelle opportunité se présente : le Dakar. Dans le team Cagiva au guidon d’une grosse 900 Elefant usine préparée chez Azzalin. Contre toute attente et avec un minimum d’expérience (un Tunisie), le néophyte pointe à la 3e place à quatre jours de l’arrivée. Énorme, surprenant.

Mais une chute l’empêchera de voir le Lac Rose au Sénégal, doigts brisés. Et GLC manquée, forcément, trois semaines plus tard. De quoi le rebooster pour et leur Honda France qui voit tout l’édition 97 qu’il prépare à sa manière, avec des mois de physique et un mental en acier trempé. Sa confiance est au maximum, tellement qu’il omet de vérifier sa tension de chaîne lors du dernier ravitaillement. Ses mécanos également. Plus loin, sa chaîne déraille et se coince méchamment. Laurent Charbonnel et David Castera remontent les 45 minutes de retard et le passent. La 3e place sonne comme une lourde défaite dans le clan Honda qui met des moyens assez démesurés dans l’affaire… Pas de quoi les décourager pour autant. Alors que la course atteint des sommets de popularité chaque hiver en France, Cyril se remotive et conduira par deux fois encore la CR à cadre alu en tête à l’arrivée du Corbeau Mort. « On a géré et ça a payé. Je partais devant et je mettais plusieurs dizaines de minutes d’avance dans les premiers secteurs. Ensuite, y’avait plus qu’à contrôler. » Après quatre victoires, l’homme est au firmament de sa notoriété. D’autant qu’en 98, il s’est lancé en championnat du monde d’enduro avec pour mission de faire gagner la 400 XR. Pas la meilleure machine pour scratcher mais la motivation de Cyril compense. Il ne manque le titre mondial que de quelques points après une saison dantesque face à Björne Carlsson (encore un Suédois).

Victoire aux ISDE

Honda se détourne de la GLC en l’an 2000 et demande même à Cyril de se préparer pour Le Touquet. La tempête de décembre 1999 qui anéantira tous les efforts des organisateurs de la classique limousine deux mois plus tard stoppe de toute façon P’tit Sec dans son élan. Il reviendra tout de même s’aligner sur l’ultime Gilles Lalay Classic en 2001 avec la toute nouvelle Husqvarna 240 4T. Mais sans préparation et avec un moteur poussif, Cyril lâche l’affaire avant la fin. C’est un tournant dans sa carrière. Il retrouve Fabrizio Azzalin et le Mondial avec envie. La Yam de Peter sera la plus forte, bien plus compétitive que le quart de litre rital. Mais Cyril termine 3e et surtout se retrouve sélectionné en équipe de France Trophée pour les ISDE qui se disputent à Brive cette année-là. Lui qui adore cette épreuve y met tout son potentiel. Sa hargne. Et remporte sa catégorie pour la deuxième fois de sa carrière. Mieux, il est titré avec l’équipe qui se hisse tout en haut du podium. Lui revient forcément cette anecdote : « Avant les Six Jours, je devais toucher la dernière évolution de l’Husky qu’on annonçait vraiment performante. Mais c’est le Finlandais Petteri Silvan qui a reçu cette moto. J’étais un peu énervé, t’imagines ! Finalement, il a flingué le moteur au bout de trois jours et moi, j’ai terminé avec ma moto de la saison. » Pour 2002, le voilà de retour sur un deuxtemps, en 250, avec le soutien de KTM-Farioli. Face aux cadors de la discipline et dans la catégorie reine, Cyril subit. D’autant que la moto ne lui convient absolument pas : « Je me faisais peur, j’avais de moins en moins confiance au fur et à mesure des Grands Prix. J’ai même failli jeter l’éponge avant la fin… » Pour 2003, retour sur une 450 CRE en championnat de France où il termine vice-champion 4T derrière David Frétigné. Mais Cyril a 34 ans et sent bien que la messe est dite. Lui qui aimait passer de longues heures à bricoler, travailler de ses mains, se lance. Ce sera la construction de maisons. Une entreprise dans laquelle il se plonge avec le même acharnement que dans sa carrière de pilote…  

MINIVIEW Cyril Esquirol

Toujours sportif à 53 ans ?

« Je fais toujours du sport à bloc ! Un peu de VTT, de course à pied dans les bois. Il y a un mois, on s’est fait deux jours de VTT dans la montagne de Lure avec JMB. J’ai toujours besoin de m’aérer dans la chlorophylle. »

De l’ebike ?

« Pas du tout, je suis toujours au musculaire. Il y a deux ans, on a traversé les Alpes de la Suisse jusqu’à Nice avec un pote en autonomie complète avec tente et tout. 680 km de VTT par les grands cols avec 30 600 mètres de dénivelé positif en 14 jours ! Je fais aussi du vélo de route, du gravel… etc. »

De la moto au programme ? Sur quelle machine ?

« J’ai un deal avec Vincent de chez Dirt Bike à Grasse qui me prête une moto à l’année. L’an dernier, je roulais sur une Sherco 300 et cette année sur une TM 144 à injection. Une moto géniale, sans soucis, au châssis exceptionnel, sans mélange à faire. L’an dernier, j’ai fait la Grappe et le Trèfle et je pense qu’on va faire la même chose cette année plus quatre ou cinq épreuves de ligue avec les potes. »

Les motos ont-elles évolué dans le bons sens ?

« Bien sûr qu’elles ont évolué, surtout sur le châssis. Sans compter qu’avec les suspensions haut de gamme ou spéciales comme les WP Trax, tu peux avoir des motos extraordinaires. Ça coûte cher mais pas mal de monde choisit ce genre d’option. Mais au niveau moteur, ce sont les quatre-temps qui ont le plus évolué. Moins les deux-temps j’ai l’impression. »

En 93, tu es vice-champion du monde en claquant un scratch à la journée en Finlande avec la 360 Husky. Peux-tu faire un parallèle avec les 2T actuels ?

« Une chose est sûre, cette moto, si tu la mets entre les banderoles aujourd’hui face à une 300 KTM, Sherco, Beta ou ce que tu veux, elle est toujours au niveau. J’avais une arme de guerre. Qui marchait autant que les 2T d’aujourd’hui. OK maintenant, il y a l’injection sur certaines motos, tu ne fais plus le mélange, tu n’as plus à régler la carburation, ça se fait tout seul. Mais en performances pures, c’est pas si flagrant que ça. Bien plus en 4T où l’on est passé des gros poum-poum à des moteurs légers, vifs, puissants, sans frein moteur, très peu d’inertie. Rien à voir, y’a pas photo. »

Est-ce que l’Extrême Peyratoise 2023 a réveillé de vieux souvenirs presque trente ans après ta première victoire à la GLC ?

« Évidemment, chaque mois de février, y’a des trucs qui remontent… Même si tu peux pas comparer ce qui se fait aujourd’hui avec hier parce qu’on n’est plus dans la même époque et que les contraintes environnementales sont plus dures. Mais je salue la performance du club Peyratois pour continuer d’arriver à organiser une telle course. Ils ont fait un truc fabuleux sur les terres de la Gilles Lalay. Chapeau les jeunes et cette nouvelle génération ! »

Que penses-tu du championnat du monde FIM de hard enduro et du niveau des pilotes actuels ?

« Elles sont trop compliquées ces épreuves extrêmes. Pas la Peyratoise qui reste dans l’esprit de la GLC, un enduro dur mais pas infaisable. Monter des marches négatives à la trialiste comme sur certaines épreuves, non, ça va pas. La GLC était dure parce que longue, usante, avec des conditions météo difficiles. Mais sur un secteur de deux kilomètres, y’avait rien de super dur. À ma première GLC en 92, j’ai fait en tout 16 heures de moto entre le matin et le soir. Elle est là la difficulté quand t’es pas préparé. L’extrême d’aujourd’hui, ce sont des trialistes et quand Toni Bou ou toute la clique des meilleurs mondiaux en trial viendra en extrême, ils vont tout gagner parce que c’est très technique. T’as vu ce que fait Toni Bou avec une Africa Twin ? » (rires)

Aurais-tu choisi ce type de championnat à l’époque plutôt que l’enduro traditionnel ?

« À l’époque, non. La GLC me faisait vibrer, mais j’adorais les banderoles et le Mondial. Cette ambiance dingue. Le motocross a été un tremplin pour l’enduro. Je suis vraiment tombé amoureux de la discipline. Le Mondial et toutes ces stars qui y roulaient, c’était des dieux. Et j’ai eu la chance de rouler deux ans dans le même team que Sven-Erik Jönsson, un monument. Mon objectif, c’était le Mondial. Je n’aurais fait de l’extrême juste si ça n’empiétait pas avec les dates du Mondial. »

Quelle a été l’épreuve la plus dure pour toi ?

« Je vais t’étonner mais ce n’était pas la GLC. La Gilles Lalay, j’étais préparé pour. La course la plus dure ça a été le GP d’Écosse en 98. Sous la pluie pendant deux jours et après une semaine de pluie, un truc de malade mental. C’était la guerre ce GP, avec des crampes partout dans les cuisses pendant deux jours dans la même ornière et des minutes de pénalité qui tombent… Alors qu’à la GLC, je faisais la danse de la pluie la veille de la course pour que ça devienne vraiment dur ! » (sourires)

Comment vois-tu l’évolution de l’enduro mondial et du championnat de France ces dernières années ?

« Le Mondial a l’air génial avec des épreuves très intenses sur des liaisons courtes avec par endroits des spéciales super dures comme en Italie. Le niveau des meilleurs en Mondial est juste incroyable, je parle des cinq premiers, Verona, Freeman, Holcombe, Garcia… En France, le niveau n’est pas assez haut pour préparer nos gamins au Mondial, c’est mon seul regret. L’organisation est parfaite, pas le niveau des courses. »

As-tu suivi les ISDE au Puy-en-Velay l’an dernier ? Penses-tu que cette épreuve est restée dans le même esprit que la Pologne en 1995 ou Brive en 2001, deux Six Jours historiques et victorieux pour toi ?

« Oui, ça reste une belle course. Avec la mécanique et l’ambiance d’époque. Six jours parfois costauds. C’est vraiment une belle épreuve. »

Quelles personnes, pilotes ou autres, t’ont marqué au cours de tes quinze ans de carrière ?

« Les Scandinaves restent mes préférés, par leur niveau de pilotage et d’humilité. Je pense à Anders Eriksson et Jönsson, ils ont été de grands seigneurs de la discipline parce que sympas et prêts à partager, sans la ramener. Et puis je dirais Stéphane Peterhansel parce qu’il a été très important dans ma carrière. Il nous tirait tous, c’était la carotte au bout du bâton que tu mets devant l’âne ! Il nous a tous fait progresser. »

S’il fallait refaire le match, ferais-tu différemment ? Que changerais-tu à l’histoire ?

« J’aurais bien voulu rencontrer Gilles Lalay que j’ai vraiment très peu connu. C’est un regret de ne pas avoir partagé de bons moments avec lui. Je suis sûr qu’on aurait eu pas mal de choses à partager vu son caractère. Sinon, franchement je ne changerais rien. Imagine si j’avais fini le Dakar 96 où j’étais 3e à quelques jours de l’arrivée. J’aurais peut-être fait une carrière de rallyman. Et puis ça a marché sur la GLC pour moi. C’est comme ça. J’ai le record de victoires, j’en suis fier. Et le reste est pas mal, quelques moments de gloire et de défaites, des hauts et des bas comme toute carrière de sportif de haut niveau. Mais aucun regret. »

En 93, Cyril est enrôlé dans le team Azzalin-CH Racing pour disputer le Mondial 500 au guidon de la 360 WR. Il passe non loin du titre derrière Gio Sala.

LES MOTOS DE CRYRIL 

De la Kawasaki 80 KX de ses 14 ans à la Honda 450 CRE de sa dernière saison officielle en 2003, Cyril a piloté pas mal de machines diverses. Des 125 KX, CR et YZ en championnat de France Junior et National MX avant de passer sur une 125 KTM en enduro de 88 à 91. En 92, il passe chez Husqvarna et décroche le scratch Inter français sur la 360 WR, moto avec laquelle il termine 2e en Mondial 500 derrière Gio Sala avec le soutien d’Azzalin. C’est sur une HVA 250 WR préparée à la Sima par Nicolas Samofal qu’il décroche sa première Gilles Lalay Classic en 1994. Il passe chez Honda l’année suivante et remporte trois autres GLC au guidon de 250 CR (cadre acier puis cadre alu) préparées chez Honda France par Miguel Jaxel et Pascal Francineau. Entre temps Cyril fait une pige au Dakar 96 sur une Cagiva 900 Elefant avant de se blesser. Chez Honda, il pilote également la 400 XR dès 1996 avec une variante, la 400 XR Monnier avec laquelle il sera champion de France 4T 99. On le voit également sur une 650 XR en l’an 2000. En 2001, signature chez Azzalin pour mettre au point la nouvelle Husqvarna 250 TE avec laquelle il termine n° 3 mondial et remporte les ISDE à Brive avec l’équipe de France. En 2002, il passe chez l’autre gourou de l’enduro italien, Fabio Farioli, et pilote une KTM 250 EXC deux-temps en Mondial. Dernière saison en 2003 sur une Honda 450 CRE plus quelques piges sur la 250 CRE deux-temps, notamment au Shark Xtreme 2004 qu’il remporte avec Raphaël André.

 



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Theo Lefevre

Dans le vaste océan du cyberespace, je suis Théo Lefèvre, un Journaliste Web captivé par les histoires qui se tissent à travers les fils numériques. Mon parcours à l'Université Américaine de Paris a façonné ma plume, tandis que mes curiosités se dévoilent à travers la science et la technologie, le monde des affaires, et l'athlétisme. Porté par mon passé de passionné de sport et d'économie, chaque article que je compose est un reflet transparent de mon engagement envers l'authenticité. Joignez-vous à moi pour explorer les méandres de l'innovation scientifique, les intrications du monde des affaires et les défis du terrain d'athlétisme, tout en partageant un voyage honnête et stimulant à travers mes écrits.

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