Athlétisme

[VIDÉOS] Pro du skateboard, mannequine et actrice… le tout sans … – Le Journal de Québec


Elle a été abandonnée par ses parents en bord de route lorsqu’elle avait 1 mois, mais cela ne l’a pas empêchée de devenir mannequine pour de grandes marques, de participer à des films connus et de briller sur la scène du skateboard, elle qui a notamment été invitée aux X Games. Kanya Sesser raconte d’ailleurs que sa planche à roulettes, elle l’utilise plus souvent que son fauteuil roulant.

Car oui, tous ces faits d’armes, la jeune trentenaire qui débarquera à Montréal la semaine prochaine pour le Jackalope Fest les a réalisés en dépit d’un sérieux handicap: elle est née sans jambes. 

On nous avait décrit Sesser comme une badass, au sens élogieux, bien sûr, au sens de «femme forte», «courageuse». 





Kanya Sesser réalise une figure en planche à roulettes, elle qui se sert de la force de ses bras et de son tronc afin de se déplacer sur son skate.


Photo fournie par Kanya Sesser

Et quand on lui demande si elle estime que le qualificatif lui colle à la peau, l’adepte de sports extrêmes éclate de rire devant la caméra, elle qui se trouve encore à Los Angeles, là où elle a élu domicile depuis plusieurs années. 

«Oh, oui! lance-t-elle. J’ai l’impression qu’il n’y a personne d’autre comme moi. Une planchiste sans jambes, qui a cette énergie féminine, qui fait toutes sortes de choses, comme participer à des films.»

«C’est pourquoi mon mantra est: no legs, no limits [“pas de jambes, pas de limites”]», enchaîne Sesser. 

Abandonnée dans une couverture rose

Nous y reviendrons à ces films, à ce mannequinat et bien sûr, à cette passion pour le skateboard, découverte tôt à l’adolescence, quand, entourée d’amis qui en faisaient, Sesser a simplement voulu essayer, elle aussi. 

Parce que ce qui marque également chez l’athlète, c’est cette volonté de vivre à fond qui semblait l’habiter dès son plus jeune âge. Car, un coup de main du destin l’ayant aidée, Kanya Sesser a su transformer ce qui aurait pu être un tragique fait divers en une vie incroyablement épanouie. 

Sesser avait environ 1 mois quand ses parents l’ont abandonnée dans une petite couverture rose, dans un milieu rural de sa Thaïlande natale, où se trouvaient «uniquement des fermiers et leurs tracteurs». 

«Une femme et son frère m’y ont découverte, raconte-t-elle. […] Ils m’ont ramenée chez eux, après avoir appelé la police locale. Selon l’enquête, je n’avais pas été enlevée par un gang, ce qui se produisait souvent à l’époque en Thaïlande. Ils m’ont donc amenée dans un hôpital local.»





Kanya Sesser pose avec sa planche à roulettes.


Photo tirée du compte Instagram @KanyaSesser

Ces souvenirs de ses premiers mois de sa vie, ce sont les infirmières et un couple d’aînés, qui ont élevé Kanya jusqu’à ses 5 ans, qui les lui ont racontés. Les infirmières – qu’elle considère aussi comme ses mères – ont bien tenté de retrouver des membres de sa famille. Mais ce fut en vain: Sesser n’a jamais été «réclamée». 

«À 5 ans, mes parents adoptifs, qui sont originaires de Portland, en Oregon, sont venus me chercher, explique-t-elle. Ils avaient déjà deux enfants, mais ils en voulaient vraiment un autre, puisque ma mère adoptive avait subi trois fausses couches. Elle a lu ma description dans un article et elle a volé jusqu’en Thaïlande afin de venir m’adopter.»

La force des femmes de sa vie

Kanya Sesser explique avoir eu la chance de tomber sur une mère adoptive «merveilleuse», qui a suivi des cours afin d’apprendre à s’occuper d’une enfant qui avait un handicap physique, en plus d’avoir déjà à la maison un fils aîné qui est un autiste sévère. 

«Ma mère, mais également les infirmières en Thaïlande, m’a appris à être indépendante, à tout faire par moi-même. Je crois que les femmes dans ma vie, ce sont elles qui ont forgé mon caractère», affirme-t-elle. 

Tout faire par elle-même, comme de la planche à roulettes. La première fois que Kanya a grimpé sur une planche, elle a spontanément descendu une pente, aidée par la force de ses bras et de son tronc. Une histoire d’amour venait de naître.  

«Ma mère m’a ensuite acheté une planche et j’en ai fait tous les jours depuis. Je l’utilise d’ailleurs plus que mon fauteuil roulant», souligne Sesser. 

Mais Kanya Sesser ne souhaite pas qu’on la voie uniquement comme une «skateuse». 

Elle a aussi participé à plusieurs séries télévisées et films, dont Hawaii 5-0 et The Keeper, qu’elle tournera l’an prochain en Europe. Et elle a pris part à une scène de The Walking Dead, où elle jouait un zombie attaché devant un camion qui roulait à 60 km/h. 

Une vie unique

Et il y a sa carrière de mannequine, en parallèle, qui lui a permis d’être le visage de marques comme adidas, Sephora et Abercrombie & Fitch. 

«Tout ça me donne plus de créativité. C’est incroyable qu’on ne puisse pas me catégoriser, au fond. C’est pourquoi je suis une badass, je crois», sourit-elle.

«J’aurais pu mourir, ce jour-là, en Thaïlande, rappelle-t-elle au sujet de la journée où elle a été découverte par des passants. Mais j’ai choisi de vivre et de faire de ma vie quelque chose d’unique. […] C’est la raison pour laquelle je suis parfois déçue quand j’entends des gens qui ont leurs deux jambes se plaindre de leur vie, de leur situation.»

«Plusieurs personnes n’apprécient pas ce qu’ils ont. Je pense qu’il faut vivre sa vie comme on en a envie. Les gens vont nous juger, mais au fond, la seule personne que j’autorise à me juger, c’est moi.» 

Sa planche dessinée au Québec

Kanya Sesser en sera à une première présence à Montréal du 25 au 27 août, lorsqu’elle participera au Jackalope Fest, sur l’Esplanade du Parc olympique. 

Et si l’avide voyageuse a hâte de découvrir la métropole dans le cadre de l’événement qui regroupe des skateurs de partout dans le monde, elle a déjà des liens avec le Québec. 

C’est que la compagnie québécoise Pic Bois Skateboards, basée en Mauricie, l’a contactée il y a un an afin de créer une planche pour elle. «Une planche très cool!», lance-t-elle. 





Kanya Sesser pose avec des planches à roulettes de la marque québécoise Pic Bois, à laquelle elle s’est associée.


Photo fournie par Kanya Sesser

«J’ai dit oui parce que c’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire, renchérit-elle avec enthousiasme. Avoir ma planche, que d’autres pourront rider aussi!»

De l’athlétisme au skate

Avant de faire de la compétition en skateboard adapté, Kanya Sesser a longuement pris part, avec succès, à des courses d’athlétisme en fauteuil roulant. Elle n’était d’ailleurs pas si loin de se qualifier pour les Jeux paralympiques de Londres, en 2012. 

Mais elle a pris sa retraite de ce volet sportif à 23 ans, voulant se consacrer uniquement au skateboard. Ce changement de discipline l’a notamment menée à des participations aux réputés Dew Tour et X Games. 

Cela lui a aussi permis de découvrir une communauté unie, dont plusieurs amis qu’elle a hâte de retrouver à Montréal. Quant aux spectateurs qui seront présents au Jackalope Fest, ils pourront la voir en action lors des qualifications, le vendredi 25 août, à compter de 15 h. 





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Theo Lefevre

Dans le vaste océan du cyberespace, je suis Théo Lefèvre, un Journaliste Web captivé par les histoires qui se tissent à travers les fils numériques. Mon parcours à l'Université Américaine de Paris a façonné ma plume, tandis que mes curiosités se dévoilent à travers la science et la technologie, le monde des affaires, et l'athlétisme. Porté par mon passé de passionné de sport et d'économie, chaque article que je compose est un reflet transparent de mon engagement envers l'authenticité. Joignez-vous à moi pour explorer les méandres de l'innovation scientifique, les intrications du monde des affaires et les défis du terrain d'athlétisme, tout en partageant un voyage honnête et stimulant à travers mes écrits.

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