Criminalité

La condamnation de l’ex-footballeur Dani Alves pour viol : le signe de dix ans d’avancées de la lutte contre… – lalibre.be


Certaines sentences disent plus que la justice. C’est le cas dans l’affaire Dani Alves, du nom de cet ancien footballeur brésilien du FC Barcelone, condamné, jeudi 22 février, pour le viol d’une femme de 23 ans dans les toilettes d’une boîte de nuit, à Barcelone, fin 2022. Ce premier grand procès médiatique depuis l’entrée en vigueur de la loi sur les libertés sexuelles marque la matérialisation d’une série d’évolutions dans la lutte contre les violences sexuelles ces dix dernières années en Espagne.

Le Brésilien transféré au FC Prison

Retour sur les faits : dans la nuit du 30 au 31 décembre 2022, une jeune femme de 23 ans, est invitée par Daniel Alves, 39 ans, à l’époque des faits, à rejoindre une zone VIP dans un night club de Barcelone, avec sa cousine et une amie. L’ancien arrière latéral du FC Barcelone et de l’équipe nationale du Brésil l’emmène dans une salle privée attenante, où la jeune femme le suit volontairement dans les toilettes. Mais une fois à l’intérieur, elle refuse une relation sexuelle, que Daniel Alves lui impose alors par la force.

C’est en tout cas la version retenue par le tribunal de la province de Barcelone, qui a condamné Daniel Alves pour viol, à quatre ans et six mois de prison, avec cinq années de liberté surveillée à sa sortie. Il devra également indemniser sa victime à hauteur de 150 000 euros pour le préjudice moral et les blessures.

C’est la première grande affaire médiatique dans laquelle on constate que les changements qui se sont produits cette dernière décennie portent leur fruit dès le début”, souligne Isabel Valdés Aragonés, autrice du livre La Meute et le mouvement féministe et correspondante spécialisée sur les questions de genre pour le quotidien El País, l’un des premiers journaux à consacrer un poste dédié à ces questions, en 2018. “Depuis la fin des années 2000, le concept de violence machiste évolue, avec un apogée à partir de 2014, dont le point culminant est l’affaire ‘La Meute’, (un viol collectif lors d’une fête à Pampelune qui a choqué le pays, NdlR).” Le mouvement féministe réussi à faire entendre sa voix dans le débat public, ce qui se traduit, notamment, par le vote de la loi sur la garantie intégrale des libertés sexuelles, plus connue comme “Seul oui et un oui”.

Un violeur demande une réduction de peine au nom d’une loi écrite… en réaction à son crime

Résultat ? “En dehors de la peine, qui nous semble basse, nous estimons que le tribunal fait une bonne évaluation des faits, et que cette décision reprend tous les aspects importants relatifs au consentement et aux déclarations de la victime”, résume Cristina Ventura Alameda, de l’association des femmes juristes Themis, contactée par La Libre.

Certains stéréotypes régulièrement accusés de biaiser les décisions de justice y sont attaqués. “Pour qu’une agression sexuelle existe, il n’est pas nécessaire qu’il y ait des lésions physiques soient produites, ni qu’il y ait des signes qui témoignent d’une résistance héroïque de la victime pour refuser cette relation sexuelle”, estime les magistrats, réfutant que l’absence de lésions vaginales discrédite l’accusation de viol. “Ni le fait que la plaignante ait dansé de façon suggestive, ni celui qu’elle ait approché ses fesses de l’accusé [ou] l’ait enlacé, ne peut laisser supposer qu’elle prêtait son consentement à tout ce qui pouvait arriver après. […] Le consentement doit être donné avant, mais aussi pendant l’acte, [pour qu’]une personne puisse accepter une relation sexuelle jusqu’à un certain point, puis ne pas montrer son consentement pour la poursuivre.

La nouvelle loi a notamment permis de ne limiter les stratégies visant à discréditer la victime en raison de son attitude antérieure ou postérieure aux faits, et à permis aux débats de tourner principalement autour de la question du consentement, selon Cristina Ventura.

La certitude d’être crue

Mais les évolutions mises en lumière par l’affaire Alves dépassent largement le cadre juridique. Le soir des faits, un protocole facultatif, élaboré par la mairie de Barcelone en 2018 pour les lieux de loisirs nocturnes a été activé dès le début. Il a permis de convaincre la victime, qui craignait de ne pas être crue dans un tribunal face à un homme célèbre, de déposer plainte. Il a aussi permis une prise en charge rapide et la collecte d’éléments de preuves qui, de coutume, se dissipent rapidement. “Cela a été important, car pour que le témoignage de victime puisse s’imposer sur la présomption d’innocence de l’accusée, le tribunal exige qu’il soit corroboré par des éléments, si possible objectifs”, précise la porte-parole de Themis.

Ces protocoles n’émanent pas de la loi mais de l’esprit qui a vu naître cette loi. Après l’affaire ‘La Meute’, il y a une prise de conscience que les violences sexuelles vont bien plus loin qu’une main aux fesses et ce type d’outils a été mis en place de façon massive”, contextualise Isabel Valdés.



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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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