Environnement

Écologie et IA : un fardeau insoupçonné pour la Terre – Presse-citron


On imagine parfois l’intelligence artificielle comme un outil de plus pour atténuer les impacts humains sur la planète. Lutte contre la pollution, accroître l’efficacité énergétique des villes, préservation de la biosphère ou agriculture plus responsable, peut-on lire dans cet article d’Usbek & Rica. Pourtant, l’énorme progrès des IA, et notamment des modèles de langages avancés comme ChatGPT ou Bard de Google nécessitent des quantités phénoménales d’énergie, d’eau et implique l’usage de matériaux rares.

Un fardeau énergétique et matériel

Pour fonctionner, les IA ont besoin, entre autres, d’énormes centres de données, des infrastructures coûteuses et très énergivores. Ceux-ci requièrent, pour leur bon fonctionnement, des quantités colossales d’électricité (bien souvent issu de sources non renouvelables) et d’eau, qui sert à leur refroidissement.

Une équipe de chercheurs de L’Université du Massachusetts avait révélé, en 2019, un chiffre assez évocateur. Le simple fait d’entraîner une IA coûtait en émissions CO2 l’équivalent de 205 aller-retour Paris-New York en avion. Cela fait presque froid dans le dos.

En 2023, c’est l’université du Colorado qui s’est penché sur le cas de ChatGPT. Le bougre est un sacré soiffard : répondre à 25 requêtes lui fait consommer l’équivalent d’1,5 l d’eau douce. En sachant que celui-ci compte sur environ 200 millions d’utilisateurs réguliers, on voit facilement le problème.

Des estimations alarmantes face à un manque de données

Le plus problématique ne réside même pas dans ces chiffres vertigineux. Là où le constat est plus grave, c’est que ceux-ci ne sont que de simples estimations. Évaluer précisément l’impact écologique de l’IA est très complexe. C’est l’Université de Stanford, qui, en juin 2023, a mis le doigt sur le doigt sur le problème central : calculer l’empreinte environnementale de l’IA est impossible, en raison de l’absence de données normées.

Laurence de Villers est chercheuse au CNRS, professeure en intelligence artificielle à la Sorbonne et a également participé à la rédaction du rapport Systèmes d’intelligence artificielle générative : enjeux d’éthique du CNPEN (Comité Consultatif National d’Éthique). Elle explique : « Il n’y a pas de normes qui sont faites (…) pour qu’on puisse calculer l’impact. Pour ça il faut que ce soit plus transparent, il y a des modèles comme OpenAI pour lesquels on ne sait pas. On doit faire confiance aux dires de chaque industriel ».

On pourrait espérer du gouvernement français qu’il agisse en ce sens, mais c’est plutôt l’inverse. Ce dernier semble plutôt réticent à l’idée de reconnaître pleinement cet enjeu, certainement de peur d’entraver le développement de futurs leaders européens de l’IA. Quand Laurence de Villers a donné son rapport au gouvernement en juillet 2023, celui-ci a préféré faire l’autruche.

Gilles Sassatelli, président du conseil scientifique du CNRS en sciences informatiques. Il est également co-auteur et président d’une publication, Rapport de Prospective du Conseil Scientifique de l’Institut des Sciences Informatiques et leurs Interactions. Ce rapport se penche sur les impacts sociétaux de l’intelligence artificielle. Le spécialiste explique : « On sait que d’un point de vue scientifique, on n’a pas encore trouvé les clefs de ce qui pourrait nous permettre des modèles vraiment minimaux en termes de consommation d’énergie par rapport aux besoins donnés ». L’heure est donc à l’évaluation, mais encore plus à l’action.

  • L’IA est très coûteuse sur un plan énergétique, mais consomme par ailleurs beaucoup d’eau.
  • L’absence de données normées complexifient l’évaluation de son impact réel.
  • Le gouvernement français ne semble pas réellement agir en faveur d’une transparence des entreprises d’IA.

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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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