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Rugby amateur. Arbitre agressé : “Il y a un climat délétère depuis la Coupe du monde” – Le Journal du Pays Yonnais


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L’agression dont a été victime Simon Lloret, jeune arbitre de 19 ans, lors d’un match amateur (Régionale 2) dans le Var a particulièrement ému l’ensemble du rugby français.

« J’ai été choqué quand j’ai appris cette agression. Je condamne avec fermeté cet acte. C’est intolérable, on ne peut pas voir ça sur un terrain de sport », déplore auprès d’Actu Rugby le patron de la Direction Nationale de l’Arbitrage, Franck Maciello

Une agression d’arbitre, c’est une de trop. Cela m’est insupportable, comme il ne me viendrait pas à l’idée d’aller agresser un Policier ou une personne lambda dans la rue. 

Franck MacielloPatron de la Direction Nationale de l’Arbitrage

Les arbitres de moins en moins respectés

Le patron de la DNA tire d’emblée le constat suivant : « Depuis cette saison, l’autorité que représente l’arbitrage n’est pas suffisamment respectée autour des terrains ». 

Outre les agressions, les intimidations sur et hors des terrains fleurissent au fil des matchs. La Ligue Sud, qui s’est montrée consternée par l’acte lâche dont a été victime Simon Lloret, a mentionné que lors du même week-end, un arbitre de touche avait été menacé par deux spectateurs munis d’un couteau.

Certains y voient aussi un reflet de la société actuelle. « On a une société qui est parfois en manque de repères », conçoit Franck Maciello. « Mais notre sport a un vrai rôle à jouer à ce niveau-là. Par les officiels de match, mais aussi les entraîneurs ». 

Moins d’agressions, plus de contestations

S’il souligne « qu’une agression d’arbitre, c’est déjà une de trop », Franck Maciello avance que durant l’exercice actuel, 6 dossiers pour agression sur des officiels de match à l’échelle nationale ont été ouverts. Sur l’ensemble de la saison dernière, ils étaient au nombre de 21. Il n’y aurait donc pas de recrudescence d’agressions envers les arbitres.

« Nous observons toutefois une très forte hausse des contestations lors des rencontres, aussi bien chez les pros que les amateurs, où l’on s’éloigne clairement des valeurs cardinales de notre sport », précise Franck Maciello auprès d’Actu Rugby.

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L’ancien arbitre, qui a eu l’honneur d’officier lors des finales du Top 14 2007 et 2009, tire le trait plus largement « avec un manque de respect significatif envers les arbitres qui va au-delà de la simple contestation ». 

Les effets néfastes de la Coupe du monde 2023

Si ces faits envers les arbitres ne sont pas une nouveauté, Franck Maciello tient toutefois à alerter sur les effets néfastes liés à la Coupe du monde 2023 organisée en France. Il a été beaucoup question de l’arbitrage, de polémiques autour de certaines décisions, et l’image renvoyée sur les arbitres n’a été que rarement positive.

« On s’aperçoit que depuis la Coupe du monde, il y a un climat délétère qui règne sur les terrains. Le Mondial a clairement ouvert la porte aux contestations. Mais aussi sur les réseaux sociaux », lâche, déçu, Franck Maciello. 

On a remarqué que même des personnes ayant un nom dans le rugby se permettent des commentaires désobligeants sur les arbitres. Et comme elles sont lues et écoutées, cela entraîne un enchaînement de commentaires, voire une répercussion sur les terrains. 

Franck MacielloPatron de la Direction Nationale de l’Arbitrage (DNA)

Pas de baisse des effectifs des arbitres

Trop souvent pointé du doigt, l’arbitre fait partie du jeu. Et malgré « ce climat délétère » envers les arbitres, la DNA ne constate pas une baisse des effectifs des arbitres, ou bien une hausse des défections en cours de saison.

« Mais ces faits ne vont pas aider de nouveaux candidats à s’engager dans cette magnifique expérience qu’est l’arbitrage », souffle Franck Maciello. Qui tient à louer les vertus de se lancer un jour ou l’autre dans l’arbitrage. « On apprend beaucoup sur soi-même, sur la prise de décision, et surtout il faut savoir que l’on n’est pas seul ». 

« Si on veut épurer notre rugby de tels comportements, il faut faire confiance à nos commissions de discipline, et qu’elles soient fortes dans leurs actions », poursuit un Franck Maciello qui attend « une décision forte de la justice sportive compte tenu de la gravité des faits, mais aussi de la justice civile car une plainte a été déposée », après l’agression dont a été victime le jeune Simon.

« Je fais confiance à ces instances pour appliquer la sanction utile et nécessaire. Une agression d’officiel de match doit être sévèrement sanctionnée. La graduer, ce n’est pas du pouvoir de la DNA, il y a une séparation des pouvoirs, mais j’attends une décision forte », conclut Franck Maciello. Pour que plus jamais de tels gestes envers un arbitre n’aient lieu… 

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Theo Lefevre

Dans le vaste océan du cyberespace, je suis Théo Lefèvre, un Journaliste Web captivé par les histoires qui se tissent à travers les fils numériques. Mon parcours à l'Université Américaine de Paris a façonné ma plume, tandis que mes curiosités se dévoilent à travers la science et la technologie, le monde des affaires, et l'athlétisme. Porté par mon passé de passionné de sport et d'économie, chaque article que je compose est un reflet transparent de mon engagement envers l'authenticité. Joignez-vous à moi pour explorer les méandres de l'innovation scientifique, les intrications du monde des affaires et les défis du terrain d'athlétisme, tout en partageant un voyage honnête et stimulant à travers mes écrits.

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