Criminalité

Gendarme du GIGN jugé pour la mort d’Henri Lenfant : le parquet requiert deux ans de réclusion criminelle – France Bleu


Après quatre jours d’audience devant la cour criminelle du Pas-de-Calais, à Saint-Omer, le dénouement approche au procès du gendarme du GIGN jugé pour avoir tué Henri Lenfant pendant une intervention en 2018, près de l’aire d’accueil de gens du voyage de Fouquières-lès-Lens. Le parquet a requis deux ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu dans l’après-midi, ce jeudi 22 février.

Depuis le début du procès, le gendarme 44 ans, poursuivi pour “violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner”, dit avoir tiré volontairement pour sauver sa vie quand, malgré les sommations, Henri Lenfant, soupçonné de cambriolages, est resté au volant de sa voiture, et que le véhicule a redémarré. Le jeune homme de 22 ans est mort sur le coup, la balle l’a touché à la nuque.

“Pas de légitime défense” pour l’avocat général

C’est dans une salle remplie d’une cinquantaine de proches d’Henri Lenfant que l’avocat général a pris la parole, ce jeudi matin, pour son réquisitoire. “Ce n’est pas ici le procès d’une institution, mais celui de la faute d’un homme qui a failli“, introduit-il, en rappelant la devise du GIGN : “S’engager pour la vie“.

L’avocat général demande à la cour de faire la part des choses, entre le parcours modèle d’un sous-officier médaillé et estimé, et l’enchaînement “d’initiatives aux conséquences catastrophiques” prises ce soir-là.

Celle, d’abord, d’entrer dans la voiture l’arme à la main, “au mépris des règles” enseignées. Celle, ensuite, d’utiliser son arme, face à un homme qui n’était ni agressif, ni lui-même armé, et alors que les autres gendarmes avaient, eux, rengainé leur pistolet. Celle, enfin, de faire feu à bout portant, dans la nuque, au lieu de viser une autre partie du corps de ce jeune homme de 53 kilos.

La légitime défense, c’est agir en cas d’absolue nécessité, et de manière strictement proportionnée. Il n’y a ici ni nécessité, ni proportionnalité. Pour moi, il n’y a pas de légitime défense“, répète le magistrat. En face de lui, l’accusé garde un visage fermé, le regard droit. Il porte toujours sa tenue militaire officielle, son képi est posé devant lui sur la table.

L’avocat général requiert 2 ans de réclusion criminelle, ainsi que l’interdiction de porter une arme pendant cinq ans. À cela s’ajoute une peine complémentaire d’inéligibilité, qui entraînerait pour l’adjudant de gendarmerie une perte de tout les grades et de son statut de militaire.

La défense demande l’acquittement

Ce n’est pas Pierre Paul ou Jacques que l’on juge aujourd’hui, relève de son côté Stéphane Busy, l’avocat de la défense. On juge l’adjudant, le serviteur de l’état, celui qui un soir s’est retrouvé dans une situation telle qu’il a été amené à faire usage de son arme à feu.

Il enjoint les magistrats de la cour à se demander comment le gendarme aurait pu agir autrement : “Après avoir essayé d’enlever la clé, avoir tiré le frein à main, avoir donné plusieurs coups, que restait-il à faire ?“, interroge-t-il, en insistant : “La seule question que vous avez à vous poser, c’est est-ce qu’il a voulu abattre, ou est-ce qu’il a voulu mettre fin à un danger ?

Pour lui, son client a agit dans le cadre de la loi, uniquement dans le but d’arrêter un refus d’obtempérer. “Le tir n’est pas dans le but de tuer, le tir est dans le but d’arrêter l’action“, insiste-il, avant de demander à la cour de prononcer l’acquittement.

Avant que les magistrats ne se retirent pour délibérer, l’accusé a pris la parole : “Je peux vous assurer que je regrette, je vous présente mes sincères excuses“, a-t-il dit en se tournant vers la famille, la voix cassée par l’émotion, droit dans son uniforme.



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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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