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Natation | L’équipe et les relais : « quelque chose d’indescriptible » – La Presse


Un relais, c’est juste « la somme de quatre courses individuelles ».


C’est l’avis de Nadia, personnage interprété par la nageuse Katerine Savard dans le film Nadia, Butterfly (2020). Elle y parle d’un sport égoïste et souligne amèrement que ses chances de médaille « dépendent de trois autres filles » en vue d’une finale.

Qu’en est-il de l’actrice ? Médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Rio et quatre fois championne du monde en petit bassin à des relais, la Québécoise s’est montrée plus enthousiaste à propos de ces épreuves.

La part des choses

Dans ce film sélectionné au prestigieux Festival de Cannes à sa sortie, l’entraîneur rappelle à sa protégée qu’elle contrôle seulement 25 % de la finale. « Laisse faire les autres. Concentre-toi sur ton bout », insiste-t-il.

Un calcul qui tourne les coins ronds et qui mérite d’être nuancé. Les athlètes jouent un rôle primordial sur la performance de leurs comparses. Ainsi, Katerine Savard a son mot à dire sur les autres 25 % comme ses coéquipières influencent elles aussi sa propre portion.

« Dans les faits, en natation, ça demeure l’accumulation de quatre performances individuelles, une après l’autre. Il faut que les quatre filles soient vites au même moment. C’est difficile d’avoir les quatre meilleures performances, la même journée, au même moment », explique Savard, rencontrée après un entraînement au Complexe sportif Claude-Robillard.

« En même temps, c’est vraiment toute une équipe qui fait un relais. Être dans la chambre d’appel avec les autres filles, savoir que tu es soutenue par les autres, c’est quelque chose d’indescriptible. »

Mine de rien, quatre fois plus d’athlètes implique quatre fois plus de risques. Le moindre détail peut impacter le résultat final.

« On essaye de se concentrer sur notre propre course. Quand on se compare aux autres, ça peut apporter de petites erreurs qui peuvent coûter des médailles par quelques centièmes. Un échange de relais un peu plus lent, une respiration qu’on a prise de plus. Il y a tellement de variables ! » ajoute Savard, tout en se remémorant le relais 4×200 m libre des Championnats du monde en petit bassin de 2021. Elle et ses coéquipières avaient conclu à un dixième de seconde du record du monde.

« La somme de quatre courses individuelles », certes, mais plus encore. En fait, multiplier 25 % par quatre n’est qu’une parenthèse à l’équation complète.

À contre-courant


PHOTO IAN MACNICOL, FOURNIE PAR NATATION CANADA

Katerine Savard

Cette unicité, qui va donc au-delà de la vitesse, a manqué dans le camp canadien lors des Jeux olympiques de Tokyo. Six des huit filles du relais 4×200 m libre s’étaient entraînées sous le même toit durant la pandémie, à Toronto.

Katerine Savard et Mary-Sophie Harvey, les deux seules Québécoises, sont devenues les moutons noirs de la délégation canadienne.

« L’ambiance était difficile, c’est une des seules fois de ma vie que je sentais que je ne faisais pas complètement partie de l’équipe », admet Savard, qui en est à sa 14e saison sous la bannière canadienne.

« [C’était] carrément un relais séparé au pays, qui ne s’était pas entraîné ensemble, sans expérience de course. Une chance que j’avais Mary en fait ! Une chance qu’on s’avait l’une et l’autre. »

Le message s’est rendu à Natation Canada après les JO. La Fédération a réagi et a organisé un camp axé sur les relais l’hiver dernier, en Espagne.

L’idée étant de s’ajuster et d’éviter que l’expérience des deux Québécoises se reproduise. Une plus grande harmonie risque aussi de mener les athlètes à plus de succès.

Les entraînements ont regroupé ceux et celles prenant part aux épreuves de relais afin qu’ils puissent travailler ensemble en tant qu’équipe.

De retour des Championnats du monde des sports aquatiques qui ont eu lieu à Fukuoka, au Japon, Katerine Savard a senti une différence. D’autant plus que chaque nageuse a retrouvé son club de natation respectif depuis les Jeux de Tokyo.

« Le camp a renforcé les liens et on a appris à se connaître. On a passé du temps ensemble à l’extérieur de la piscine. L’an passé, j’ai fait des relais alors que je n’avais jamais nagé avec certaines filles, comme Ella Jansen. De notre perspective, l’ambiance était meilleure et plus agréable à vivre. »

On ne saura jamais si l’esprit d’équipe aurait fait la différence dans la capitale nippone, où les Canadiennes ont terminé quatrièmes du relais 4×200 m libre. On se doute quand même que ç’aurait difficilement pu nuire.

Mixte et particulier

Nager pour un pays vient avec une certaine pression, une dose d’adrénaline supplémentaire.

« Tout le monde s’attend à ce que ta performance individuelle soit à la hauteur. De savoir que c’est une performance d’équipe et de la célébrer avec d’autres personnes, pour l’avoir vécu et avoir monté sur la première marche du podium aux Championnats du monde avec trois autres filles, d’entendre l’hymne national et de le célébrer, c’est vraiment différent d’une performance individuelle », ajoute Katerine Savard.

Au cours de la prochaine année, elle tentera de devenir la première nageuse canadienne de l’histoire à se qualifier à quatre Jeux olympiques. Cet exploit pourrait bien passer par ses performances aux relais, qui sont d’ailleurs de plus en plus nombreux.

Le relais mixte 4×100 m quatre nages a été présenté pour une première fois aux Jeux olympiques de Tokyo. Savard y a participé et a fini 13e des qualifications en compagnie de Rebecca Smith, Javier Acevedo et Gabe Mastromatteo.

L’ordre des athlètes demeure à la discrétion de chaque formation, ce qui amplifie le volet stratégique et laisse place à plusieurs rebondissements.

« C’est bizarre à dire, mais quand les gars tournent, ça fait de la vague ! Moi qui fais 5 pi 5 po, 120 lb, je la ressens, la vague ! Il faut en prendre compte dans la stratégie, cite Savard en exemple. Il y en a tellement, des stratégies ! En tant que pays, on n’a sûrement pas toujours eu la meilleure, mais c’est un apprentissage. »

« Même pour les spectateurs, c’est très spécial aussi, poursuit-elle. On voit une fille partir avec les gars, on craint d’être trop en retard, ensuite on remonte, on remet en doute les stratégies. C’est vraiment spécial comme relais. »

Aux Championnats du monde, un relais mixte 4×100 libre est présenté en plus du 4×100 m quatre nages. La Québécoise s’attend à ce qu’il soit bientôt ajouté au programme olympique.

Une occasion de plus de se démarquer en équipe. Après tout, des chances de médaille, il n’y en aura jamais trop. Alerte au divulgâcheur : Nadia est bien placée pour en parler.





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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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