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Premier League – Quel est le secret de Brighton, le leader du championnat anglais ? – Eurosport – Eurosport FR


Il n’y en que pour Brighton après cette seconde journée de Premier League, et cela se comprend un peu. Le club plus que centenaire n’avait joué qu’une seule saison dans l’élite anglaise (aussitôt monté, aussitôt descendu) avant que Tony Bloom n’en devienne le propriétaire en 2009. Le voilà aujourd’hui leader du championnat d’Angleterre, après deux exhibitions de football qui auront confirmé que Pep Guardiola n’avait pas perdu la raison quand il avait déclaré, juste avant la demi-finale de la FA Cup Brighton-Manchester United, que “dans la construction du jeu, la meilleure équipe du monde est Brighton. Dans le football moderne, il n’y en a pas de meilleure en ce moment“.

C’est qu’il y a tellement à admirer, et même à aimer, dans le football que propose l’équipe de Roberto De Zerbi, un cocktail inhabituel de rigueur, de risques assumés et d’exubérance, qui représente l’aboutissement d’une stratégie mise en place et développée depuis quinze ans. Et dès qu’une question se pose à ce club, une réponse y est apportée, une réponse toute prête, notamment en termes de recrutement, l’assise du succès de Bloom et de ses collaborateurs. Le secret, ici, est le travail effectué en amont.

Roberto De Zerbi, manager de Brighton

Crédit: Getty Images

Ceci aussi est admirable : Brighton ne se repose pas sur les millions ou milliards de fonds d’investissement privés ou souverains, mais sur la fortune de son propriétaire, pour qui – bien qu’il en soit un fan authentique, et depuis l’enfance – les Seagulls ne sont pas un hobby comme Blackburn put l’être pour Jack Walker, voire, plus récemment, Chelsea pour Roman Abramovitch. Bloom entend que la progression de son équipe soit reflétée dans ses résultats financiers, et elle l’est avec un bénéfice de 25 millions d’euros sur l’exercice 2021-22.

Solde positif de 200 millions d’euros depuis deux ans

Brighton a généré un solde positif de presque 200 millions d’euros net depuis le début de la saison 2021-22 et son habilité sur le marché des transferts y est pour beaucoup. A chaque mercato, le même scénario se répète. Bloom se sépare – au prix fort – de joueurs qu’on pensait essentiels, mais sans que cela se traduise par un fléchissement des performances de son équipe.

En 2021-22, c’étaient Ben White et Dan Burn, aujourd’hui titulaires à Arsenal et Chelsea, qui étaient partis. En 2022-23, le trio Cucurella, Bissouma et Trossard; et cet été, le gardien numéro 2 de l’équipe d’Espagne Robert Sanchez, le champion du monde argentin Alexis McAllister et l’Equatorien Moises Caicedo, joueur le plus cher de l’histoire du football anglais après le duel qui a opposé Liverpool et Chelsea pour sa signature. Brighton n’avait payé ‘que’ 28,2 millions d’euros pour lui, trois ans plus tôt.

D’autres clubs auraient accusé le coup ; pas Brighton, qui, sans White et Burn, gagna sept places au classement de la Premier League pour finir neuvième en 2021-22, et fit encore mieux la saison suivante, sans Cucurella, Bissouma et Trossard, se qualifiant pour la Ligue Europa pour la première fois de son histoire – et en ayant marqué 72 buts, ce qui faisait d’eux la quatrième meilleure attaque du championnat, devant Manchester United et Newcastle. Et cette année, sans Caicedo, McAllister et Sanchez, les voilà leaders, une place qui ne doit rien à la chance, car Brighton, aujourd’hui, ne fait pas que séduire. Brighton fait peur, aussi.

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Moises Caicedo

Crédit: Getty Images

Bloom et les paris sportifs

Chaque fois, des solutions de rechange avaient été identifiées, pour les entraîneurs comme pour leurs joueurs. Chris Hughton, un manager un brin ‘old school’, était idéalement équipé pour naviguer les eaux si dangereuses du Championship, et mena le club à la promotion automatique dans l’élite en 2017. Une fois en Premier League, Graham Potter, un atypique plus en phase avec le modèle de gestion analytique du club, la stabilisa et transforma son jeu. Et quand Chelsea braconna le jeune manager anglais (payant 25 millions à son club au titre de compensation, au passage), Brighton se tourna vers un successeur qu’ils avaient déjà identifié, Roberto De Zerbi, lequel De Zerbi figure désormais sur la liste A des entraîneurs à suivre pour les plus grands clubs européens. Et quand l’un de ces grands clubs voudra s’attacher De Zerbi, vous pouvez être certains d’une chose : Brighton ne sera pas pris au dépourvu. Brighton aura déjà deux, trois ou quatre techniciens vers lesquels se tourner.

En cela, les Seagulls méritent qu’on parle d’elles comme d’un modèle mais ce modèle est plus ambigu qu’il y parait. Tony Bloom a souvent été présenté comme un joueur de poker à qui le jeu a souri mais ce ne sont pas les mises qu’ils a raflées sur les tables de casinos qui ont fait de lui un milliardaire, c’est son implication dans les paris sportifs en ligne, qui remonte à la fin des années 1990, quand il fut recruté par le bookmaker britannique Victor Chandler et découvrit cet eldorado du jeu qu’est l’Asie du sud-est. Le poker, pour lui, ne fut jamais qu’un passe-temps, lucratif, certes, mais un passe-temps.

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Il CEO Paul Barber e il proprietario del Brighton Tony Bloom festeggiano al The Amex la promozione dopo il match contro il Wigan

Crédit: Getty Images

Le génie de Bloom est d’avoir su garder un temps d’avance sur les opérateurs de paris sportifs en développant une approche analytique du football au sein de sa propre entreprise (*), Starlizard (‘le lézard‘ était son surnom dans le monde de poker, en raison de son impassibilité cartes en main), qui emploie aujourd’hui plusieurs centaines de de data analysts dans son QG londonien de Camden et ailleurs. Ceux-là ne travaillent pas seulement pour Brighton, car les clients de Starlizard sont avant tout des parieurs professionnels, parfois regroupés en syndicats, qui se servent de son expertise pour parier juste – et gagner. Gagner des sommes à six, voire sept chiffres sur le sort d’un match, grâce à l’algorithme secret mis au point par l’ancien étudiant en mathématiques.

Algorithme secret

Cet ‘algorithme secret’ est le sujet de bien des légendes dans le monde des paris sportifs, une sorte de formule du professeur Sato gardée aussi jalousement que la composition du sirop de Coca Cola, à laquelle seuls Bloom, qui, insiste-t-on du côté de Starlizard, a pris ses distances d’avec l’entreprise, et une poignée de proches auraient eu accès. La réalité est plus prosaïque. Plutôt qu’une équation magique, un E=MC2 du jeu, le fameux “algorithme” est une méthodologie fondée sur la collecte et l’analyse approfondie de données qui, selon certains experts auxquels j’ai parlés, garantirait à ceux qui l’utilisent un coefficient de gain supérieur à 80%. C’est comme jouer à la roulette en sachant que, huit fois sur dix, le bon chiffre sortira. Rien ne va plus, et tout va pour le mieux.

Cela se paie, évidemment, et très cher, et c’est de là que vient la fortune de Bloom. Le secret le plus absolu règne autour de l’opération. Qui sont les clients de Starlizard ? Tout le monde l’ignore, ce qui devrait faire question, tout comme la nature de l’implication actuelle de son fondateur (*). Mais aucun média britannique ne les pose en des termes aussi clairs, et Starlizard n’y répondrait pas, de toute façon. Dans le milieu des paris, beaucoup sont convaincus que bon nombre de ses clients sont originaire de l’Asie du sud-est, et se servent de l’arsenal prédictif développé par Bloom et ses associés pour parier sur les marchés illégaux de la région.

Cela dit, deux au moins de ces clients sont connus, et ceux-là sont les plus importants: Tony Bloom lui-même, qui n’a jamais cessé de parier, et Brighton & Hove Albion. Le club paie donc l’entreprise créée par son propriétaire pour profiter du temps d’avance que lui donne son ‘algorithme’ sur ses concurrents. C’est ainsi qu’on déniche un Kaoru Mitoma et qu’on peut payer Anderlecht 20 millions pour un gardien de 21 ans, Bart Verbruggen, qui n’a jamais été aligné par son équipe nationale seniors, les Pays-Bas. Mais combien vaudra-t-il lorsque son nouveau club acceptera de s’en séparer, et qui oserait parier contre les choix de Brighton aujourd’hui?

(*) C’est à Bloom et Starlizard qu’on devrait, entre autres, la systématisation des expected goals (xGs), un concept qu’ils utilisaient dans leur modélisation des années avant que les plus grands clubs s’y intéressent.



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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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