Football

Red Star, le ballet populaire entre tradition et fonds d’investissement – L’Équipe


Comme Sochaux qu’il affronte ce vendredi soir, le Red Star est un indémodable du foot français. Les clubs, intimement liés à l’industrialisation – les docks et l’automobile – se trouvaient déjà côte à côte en 1932, pour le lancement du Championnat de France. Aussi, quand les Lionceaux étaient proches du dépôt de bilan cet été, leur entraîneur, Oswald Tanchot, assurait : « Ici, c’est vraiment le foot comme je l’aime : populaire. »

Faire cohabiter desseins de modernité avec entretien de l’identité culturelle, c’est également le quotidien du Red Star. Cela se matérialise par son stade, Bauer, où les travaux ont enfin démarré pour porter la capacité à 10 000 places en 2025 (contre 2 500 actuellement). Tout aurait pu s’arrêter il y a vingt ans, quand le club est tombé en DH (6e niveau), mais les supporters s’y rendent avec appétit. Bauer est accolé au marché aux puces de Saint-Ouen et au non moins emblématique bar l’Olympic, où l’on débriefe autour d’une mousse.

On n’aime pas trop quand les matches s’y déroulent le lundi, au point de viser la caméra de Canal avec un laser, et on y chante : « Flics, arbitres ou militaires, qu’est-ce qu’on ferait pas pour un salaire ! » Dirigeants et supporters se sont battus plus de dix ans pour rénover l’enceinte, et ce projet résume assez bien la difficulté à faire consensus.

L’arrivée d’un fonds américain suscite craintes et espérances

Il faut dire que l’époque a changé, aussi. Saint-Ouen, ex-banlieue rouge, s’est gentrifiée. Le prix de l’immobilier s’est envolé et les travées de Bauer, pour caricaturer, font désormais un peu plus bobo que prolo. Entre l’ambitieux président Patrice Haddad et le scepticisme des supporters de la première heure, le courant a parfois du mal à passer et la saison dernière a été le théâtre d’anicroches, jusqu’en tribune. « J’ai aussi eu ma photo dans la ville avec l’inscription “Wanted” », raconte Haddad. Le design des maillots, fruit de l’intelligence artificielle, est sujet à débat. « Le maillot extérieur est bleu délavé, on dirait un code-barres », pointe Vincent Mezence, porte-parole de la tribune Rino Della Negra (ancien joueur du club et résistant fusillé en 1944).

En ce début de saison, il n’y a pas d’abonnement en raison des travaux et « on passe de 3,82 à 7 euros le match », estime Mezence. Haddad : « Les tarifs, je suis d’accord pour en rediscuter. J’ai toujours tenu à l’aspect populaire du club. Mais il faut faire aussi comprendre qu’on a des responsabilités. Des droits et des devoirs. »

Alors que le bilan sportif de la dernière saison est honorable (3e place), la vente du club au fonds d’investissement 777 Partners (déjà propriétaire, entre autres, de Séville et Genoa, promu en Serie A) attise les craintes. « Un an après le rachat, force est de constater que peu de choses ont évolué, souligne Mezence. Ouvrir le capital, on n’a aucun problème avec ça. Mais à un fonds d’investissement situé à 5 000 km ? Au-delà de la façade, on pense que ce n’est pas si reluisant et qu’ils tiennent grâce à la circulation de capitaux. On n’est pas prioritaires dans leur galaxie et on court le risque, à terme, d’un dépôt de bilan. »

Les premiers bilans de 777 Partners au Standard de Liège ou au Hertha Berlin sont effectivement discutables, et un projet de loi transpartisan, mené par le député Éric Coquerel (LFI), est ainsi à l’étude afin d’interdire la multipropriété. Haddad, qui avait atteint « un plafond de verre » avant de céder le Red Star, justifie : « Quand je vais chercher les Américains, c’est pour développer le club. Ils suivent notre plan 2024, avec l’idée d’avoir un centre de formation et d’être en Ligue 2. Seul, je n’aurais pas pu payer Reda Hammache (le directeur sportif). Et tous les multi-propriétaires ne sont pas les mêmes. Je leur fais passer le virus ! » À l’aube d’une cinquième saison de rang en National, les sujets ne manquent pas, donc, et l’Olympic devrait encore réaliser un joli chiffre ce vendredi soir.



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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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