Criminalité

Washington D.C. face à une explosion record des homicides – La Croix


À Washington D.C., le taux d’homicides n’en finit plus de grimper. Avec 172 meurtres, contre 137 l’an passé à la même date du 25 août (+ 26 %), le District a atteint des chiffres inégalés depuis deux décennies. Les fusillades y ont augmenté de 20 %, les crimes dits « violents » de 38 % et plus de mineurs ont été tués depuis le début de l’année que pendant toute l’année passée.

En comparaison, le nombre d’homicides a diminué dans des dizaines d’autres grandes villes pourtant peu réputées pour leur sécurité, dont New York, Chicago ou la voisine Baltimore. Cette dernière surpasse encore Washington D. C. en valeur absolue, mais elle enregistre une baisse de 24 % de ses homicides et pourrait terminer, pour la première fois depuis les émeutes de 2015, avec moins 300 meurtres sur l’année.

Des armes de plus en plus nombreuses

Selon un rapport publié en juillet par le Conseil de la justice pénale américaine, « le nombre d’homicides aux États-Unis a diminué de 9,4 % au cours du premier semestre 2023 par rapport au premier semestre 2022. Toutefois, le taux d’homicides est resté 24 % plus élevé qu’au premier semestre 2019, l’année précédant la pandémie et les manifestations » ou émeutes consécutives à l’assassinat de George Floyd.

Jeudi 17 août lors d’une conférence de presse, la maire adjointe de Washington en charge de la sécurité publique et la justice, Lindsey Appiah, a reconnu que « le nombre d’homicides n’est pas celui attendu ». Pamela A. Smith, cheffe de la police du District, a imputé cette hausse à la prolifération des armes à feu illégales en ville. Depuis le début de l’année, les agents de la capitale ont saisi plus de 1 800 armes, c’est déjà plus que pour 2022.

La police de Washington D.C. ne parvient pas à recruter

Mais les armes à feu illégales prolifèrent aussi dans les villes où une baisse est observée. Alors, « pourquoi Washington va à l’encontre de la tendance ? », s’interroge auprès du Washington Post, Richard Rosenfeld, criminologue à l’université du Missouri à St. Louis. « D’abord à cause de forces de police réduites. » Comme les autres villes, la capitale est confrontée à des difficultés de recrutement. Le District perd des agents plus rapidement qu’il n’en forme. Résultat ? Ses effectifs sont à leur niveau le plus bas depuis un demi-siècle.

Ensuite, le statut d’enclave fédérale du District ne facilite pas la mise en place de politiques de réduction de la violence. Le Congrès, à majorité républicaine, a le dernier mot sur les lois de la ville. Certes, la capitale dispose de son propre service de police, mais les autorités fédérales gèrent presque toutes les autres parties du système de justice pénale, y compris les procureurs, les tribunaux, les prisons et la surveillance des délinquants. Les dysfonctionnements se multiplient auxquels se rajoutent depuis des mois les absences de responsables au Bureau de la prévention de la violence armée et au Bureau de la sécurité et de l’engagement des quartiers.

Les quartiers pauvres plus touchés

Deux tiers des homicides se sont produits à l’est de la rivière Anacostia, dans les quartiers 7 et 8, les moins peuplés, les plus pauvres de la Capitale et les plus délaissés au sortir du Covid-19, même si des pics d’homicides ont aussi atteint des quartiers plus centraux. En 2022, quatre habitants sur 10 reconnaissaient se sentir en danger dans ces quartiers, contre trois sur dix ailleurs.

L’administration démocrate de la capitale tente d’endiguer le fléau par tous les moyens. Pour remédier à des forces en déclin, D.C. offre désormais aux agents de police de la ville jusqu’à 5 000 dollars pour qu’ils recommandent des personnes au service, et 25 000 dollars de prime à l’embauche. 260 nouvelles recrues doivent être formées prochainement.

Un arsenal politique pour endiguer le crime

En juillet, la municipalité a fait adopter une loi d’urgence sur la sécurité publique établissant comme nouveau délit le fait de tirer avec une arme à feu en public. Surtout, la loi facilite désormais aux juges le maintien en détention, jusqu’au procès, des adultes et des mineurs accusés de délits ou crimes violents.

Le 18 août, la maire Muriel Bowser a rajouté à cet arsenal l’instauration d’un couvre-feu pour les mineurs dans sept zones très fréquentées (de 23 heures à 6 heures en semaine, dès minuit le week-end) pour réduire la criminalité impliquant des jeunes.

Avec l’installation de cinquante nouvelles caméras de sécurité dans la ville et la saturation des zones de violences connues par les patrouilles de police ou les services municipaux, une stratégie qui a déjà porté ses fruits à New York, la mairie de Washington D.C. espère endiguer cette montée des violences.





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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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