Culture et Société

Des Carmes au Carmina – Terre Dauphinoise – Terre Dauphinoise


Un lieu mythique pour un événement mythique.
À Beauvoir-en-Royans, le Couvent des Carmes s’apprête à accueillir la grande soirée du Festival Berlioz, qui se déroulera le 26 août et se terminera en apothéose par un Carmina Burana donné à la tombée de la nuit.
Surplombant la vallée de l’Isère, dans le Sud-Grésivaudan, le site de sept hectares, est le berceau des seigneurs du Dauphiné.
À partir du XIe siècle, et jusqu’au XIVe siècle, fut érigé un immense château baptisé « Le Palais aux 1 000 fenêtres ». Une vie de cour fastueuse s’y déploie sous l’administration d’Humbert II le Viennois jusqu’à ce que celui-ci, sans descendance et ruiné, cède contre liquidités, le Dauphiné au fils aîné du roi, qui portera désormais le titre de dauphin.
« En 1349, Charles V, fils du roi de France devient le premier dauphin royal », explique Lydie Baluteau, guide du site. Cette cession amorce le déclin du château, que les guerres de religion finissent de ruiner.

  Lydie Baluteau, guide du site

Les Carmes s’installeront en effet au château entre le XIVe et le XVIIe siècle avant de se réfugier à Saint-Marcellin.
Ce qu’il restait du lieu est devenu une ferme pendant 200 ans et les villageois alentour ont largement pioché dans les pierres du château pour reconstruire le village, lui aussi dévasté au XVIe siècle par les conflits religieux dont il fut l’épicentre.
Restent aujourd’hui les vestiges du donjon, une baie et une partie de l’enceinte.

Un joyau du Royans

Ce haut lieu médiéval a bénéficié d’une première grande restauration en 2009, lui redonnant vie peu à peu.
Une deuxième phase de restauration a été engagée en 2019.
Propriété de la communauté de communes de Saint-Marcellin-Vercors Isère, il a rouvert ses portes en juillet 2021.
« C’est un site exceptionnel mais un joyau méconnu du Royans », indique Élisabeth Renau, coordinatrice du Couvent des Carmes.

 Élisabeth Renau, coordinatrice du Couvent des Carmes

Elle officie à l’ouverture de ce lieu au plus grand nombre de visiteurs, du printemps à l’automne et au développement de son animation. « Il y a une diversité d’approches : patrimoniale, historique, environnementale », assure-t-elle.
Le couvent accueille un musée, une exposition permanente, une exposition temporaire, ainsi qu’un restaurant gastronomique.
Sa chapelle, qui porte les stigmates du passé agraire des lieux – elle fut tantôt étable, séchoir à tabac ou dédiée à l’élevage de vers à soie – peut recevoir des événements culturels.
En extérieur, le site est bordé d’un verger conservatoire et d’un jardin médiéval.

Trois salles

Il faut monter un escalier dont la rampe d’origine, en fer forgé, est une pièce remarquable, pour découvrir sur la droite les trois salles d’exposition du musée delphinal.
L’histoire des seigneurs du Dauphiné y est largement contée et illustrée. « Le terme Dauphin est devenu un nom, puis un titre et enfin le nom d’un comté », précise Lydie Baluteau.
La deuxième salle est dédiée au travail de l’archéologue César Filhol, qui fit classer le site monument historique en 1922 et lui confia son étonnante collection d’objets dauphinois.
La troisième pièce est une reconstitution d’une cellule de carme, l’ordre contemplatif qui vécut au couvent jusqu’à la Révolution française.

Amoureux du Vercors

En rouvrant ses portes, le couvent a fait la part belle à l’artiste Bob ten Hoope, ce néerlandais tombé amoureux du Vercors où il vécut plus de 50 ans avant de disparaître en 2014.
L’exposition permanente donne à découvrir ses toiles, riches en couleurs, parfois sauvages comme les paysages du Vercors.


L’artiste a aussi peint de nombreux nus ainsi que des portraits qu’il aimait croquer dans les cafés de Pont-en-Royans où il flânait. « Il a trouvé son paysage intérieur dans le Vercors », confie la guide.
Complémentaire, l’exposition temporaire est consacrée à celle qui fut sa muse, Tineke Bot.
La sculptrice, néerlandaise, qui vit à Choranche, présente ses bronzes qui sont autant « d’explorations du monde animal » tel cet aigle magnifique qui trône au milieu d’une salle.


« Ces sculptures sont souvent un mélange de deux forces en présence, décrypte Lydie Baluteau, comme la femme au chapeau à l’entrée de l’exposition, où se mêlent des formes rondes et anguleuses. »
Isabelle Doucet

La chapelle du couvent des Carmes



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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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