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Noëlle Van Lottum : la politique de la porte ouverte – Radio-Canada.ca


Quand Sylvain Bruneau a annoncé en avril qu’il souhaitait quitter Tennis Canada, Guillaume Marx avait rapidement une proposition à faire pour le remplacer à la tête du tennis féminin à la fédération.

Noëlle Van Lottum. Ancienne 57e mondiale à la double citoyenneté néerlandaise et française, avec qui il avait partagé de belles années à l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) en France dans leur tendre jeunesse.

Marx, aujourd’hui chef de la performance au Canada, a donc présenté la candidature de son ancienne camarade aux dirigeants de Tennis Canada, même si on ne s’était pas parlé depuis au moins dix ans, lance Van Lottum en entrevue avec Radio-Canada Sports.

Vous savez ce que c’est : on tisse toutes sortes de liens dans notre jeunesse et puis chacun fait son parcours, de préciser la dame de 51 ans.

Le sien, de parcours, est justement bien étoffé.

Je suis engagée dans le tennis depuis toujours, j’ai vu les évolutions passées et je ne suis jamais partie du tennis

Après sa retraite comme joueuse professionnelle, Van Lottum est devenue entraîneuse et a contribué à former des talents tels que la Néerlandaise Kiki Bertens, ancienne 4e mondiale, la Croate Petra Martic, ou encore la Belge Ysaline Bonaventure.

La fédération française l’a engagée en 2018 où elle est demeurée quatre ans, avant de faire le saut chez les voisins du nord lorsqu’on lui a proposé de devenir entraîneuse en chef de la performance à la Lawn Tennis Association, au Royaume-Uni. Une promotion.

Elle a finalement quitté l’Écosse, où elle était basée, pour les charmes montréalais parfois tout aussi rudes. On a eu beau tenté de la mettre en garde contre l’hiver qui viendra éventuellement, elle s’y croit rompue à grands coups de vents et de pluie écossais. Bon.

Tennis Canada jouit d’une excellente réputation à l’international, affirme-t-elle, si bien qu’elle n’a pas hésité longtemps lorsque Marx lui a demandé de venir rencontrer les décideurs de la fédération, au mois de juin dernier.

Il n’était pas question que Van Lottum soit le choix d’un seul homme, nous a-t-on confié chez Tennis Canada. L’autre priorité était de dénicher une femme, a-t-on ajouté. Elles se font rares à cette altitude dans les différentes fédérations nationales à travers le monde.

Van Lottum est donc venue à Montréal présenter sa vision, partager sa philosophie.

En étant ancienne athlète de haut niveau et après avoir eu plusieurs rôles à la fédération française de tennis et aussi en Grande-Bretagne, j’ai une vision plus diverse. J’ai donné mon avis et ça leur a plu, laisse-t-elle tomber. Si bien que la voilà maintenant responsable du tennis féminin au pays.

L’approche

Van Lottum est arrivée le 18 août. Tranquillement, elle prend possession de ses quartiers et débutera officiellement son mandat le 5 septembre.

En gros, elle supervisera les espoirs dits de transition, les jeunes filles de 14 à 18 ans sur le point de devenir des joueuses professionnelles, ou d’autres qui le sont déjà, comme Victoria Mboko (16 ans, 400e mondiale), Marina Stakusic (18 ans, 452e) ou encore Kayla Cross (18 ans, 533e).

Elle encadre aussi les entraîneurs nationaux sous sa gouverne, et se tiendra prête à soutenir l’élite du tennis féminin canadien si les athlètes en font la demande.

J’ai l’intention de pratiquer la politique de la porte ouverte, indique Van Lottum, sourire aux lèvres.

Parmi les objectifs qu’elle peut révéler, il y en a un qui se démarque.

Avoir plusieurs filles dans le top 100, affirme-t-elle. Aujourd’hui, vous en avez trois [en comptant Rebecca Marino actuellement 101e, NDLR]. Il faut mettre les filles top 200 dans les 100, fait valoir l’ancienne joueuse.

Et pour le faire, Van Lottum cite quelques mots-clés à plusieurs occasions. Elle parle de plaisir, de bien-être, de placer l’humain devant l’athlète. Un discours très moderne qu’on entend des corridors de l’Université de Montréal jusqu’au vestiaire du Canadien désormais.

Le calendrier tennistique n’est pas grégorien ou julien, il est éternel. Dans ce sport qui semble parfois n’avoir ni début ni fin de saison, il faut être attentif aux besoins de chacun et s’assurer qu’on n’étouffe pas le potentiel par les exigences sportives et calendaires, explique la nouvelle patronne.

Le bien-être est très important. Le côté humain. C’est beau de voir qu’il y a deux finalistes de grand chelem (Bianca Andreescu et Leylah Annie Fernandez), une fille qui a arrêté et qui est revenue dans le top 100 (Marino). C’est important de tirer des leçons de ce côté-là. Voir comment on peut les aider. Qu’elles soient bien dans leur tête. L’important, c’est qu’elles soient bien, explique-t-elle.

Il faut garder un équilibre, mais on parle de haut niveau et on a aussi des demandes pour atteindre nos objectifs. Il faut parler avec les athlètes, connaître les besoins, anticiper et avoir l’esprit ouvert

Vaste programme. Elle se propose donc de rencontrer rapidement les joueuses, les entraîneurs, les parents, de prendre [ses] marques avant de retourner aider sur le terrain.

Pour l’instant, je suis d’abord à l’écoute.

Les défis seront nombreux. Après les beaux jours des deux dernières générations canadiennes dorées, la fédération devra peut-être affronter des jours plus sombres qui n’auraient, en soi, rien d’anormal. Les pépinières de talents d’exception sont cycliques, parlez-en aux Français.

Et puis, il y a le bassin de joueurs aussi. Tennis Québec recense 35 000 membres de la fédération provinciale. Personne n’a pu nous fournir les données canadiennes, mais en calculant au pro rata de la population, on obtient environ 155 000 joueurs licenciés au pays. En France, ils étaient un million en 2021.

Les défis sont donc nombreux pour produire d’autres talents hors norme. C’est maintenant le mandat de Noëlle Van Lottum.

En rafale

Van Lottum sur Bianca Andreescu :

Le verre peut être rempli à nouveau. Il n’est pas juste vide ou plein […] Il faut qu’elle se sente bien. Elle a un jeu fantastique. S’il faut qu’elle arrive à mettre de la créativité dans son jeu. Quand elle dominait le tennis c’était ça, créativité et puissance ensemble. La confiance va venir en mettant des actions en place. Avec son équipe elle est en train de remettre ça. J’ai vu des matchs très, très beaux. Il faut être constante. Elle le sait. Pour gagner un grand chelem, il faut jouer tous les deux jours, sur une quinzaine, ça fait pas mal de matchs à gagner. La confiance vient en mettant l’action en place. Elle l’a déjà fait, pourquoi pas le refaire.

Van Lottum sur Leylah Annie Fernandez :

C’est énorme ce qu’elle a fait. Monter comme ça, faire finale dans un grand chelem, c’est pas facile derrière de continuer dans cette même direction. C’était pas les mêmes résultats après. En ce moment elle a recommencé à bien jouer, ça va de mieux en mieux. Il faut que dans son équipe il y ait une stabilité et qu’elle soit là pour la durée. Je ne connais pas tous les paramètres. Si elle l’a fait déjà une fois, c’est pareil pour elle. Elle a 21 ans. Il faut qu’elle reste passionnée et qu’elle ait du plaisir. C’est le plus important.



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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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