Éducation

Les profs d’université se mobilisent contre la réforme Drainville – Le Devoir


Comme l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et l’Université de Montréal l’ont fait avant eux, les professeurs syndiqués de l’Université Laval ont exigé vendredi le retrait de la réforme Drainville en éducation, puisqu’elle menace à leur avis la liberté et l’autonomie des universités.

« Ça semble évident pour tout le monde qu’il y a une ingérence en termes de liberté académique », a commenté le vice-président du Syndicat des professeurs de l’Université Laval (SPUL), Simon Viviers.

En milieu d’après-midi, le conseil syndical du SPUL a adopté à l’unanimité une résolution qui « dénonce fermement » le projet de loi 23 et « appelle à son retrait ». Le syndicat réclame en outre une « consultation plus large des acteurs universitaires dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement » afin que le projet de loi s’attaque aux enjeux qu’il cible, mais « dans le respect de l’autonomie universitaire et de la liberté académique ».

Jusqu’ici, les organisations comme la Fédération québécoise des professeurs d’université avaient surtout dénoncé l’abolition du Conseil supérieur de l’éducation dans sa forme actuelle, telle qu’elle est prévue dans le projet de loi 23 du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville.

Or « quand on regarde le projet de loi de plus près, c’est là qu’on constate qu’il y a vraiment des enjeux de liberté académique », a souligné M. Viviers.

Interpellé à ce sujet, le cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, s’est voulu rassurant. « Soyons clairs, en aucun cas le projet de loi ne porte atteinte à la liberté académique des professeurs chercheurs, puisque ceux‑ci pourront poursuivre leurs activités de recherche et commenter les synthèses produites par l’Institut national d’excellence en éducation (INEE) », a écrit le porte-parole de la ministre, Simon Savignac.

« La mission de l’Institut consistera à promouvoir l’excellence en éducation, à dresser l’état des connaissances et des meilleures pratiques ainsi qu’à les diffuser », a-t-il souligné.

De l’ingérence ?

La résolution adoptée par le SPUL souligne que le projet de loi 23 « ouvre la voie à diverses formes d’ingérence du gouvernement envers les programmes de formation universitaire et la recherche dans le domaine de l’enseignement ». Le texte stipule que le projet de loi, de même que « les discours qui le promeuvent », « appellent à un rétrécissement du champ de recherche », entre autres.

Le comité exécutif du Syndicat général des professeurs de l’Université de Montréal a aussi adopté, mercredi, une résolution exigeant le retrait du projet de loi 23 et demandant une consultation plus large des acteurs du milieu de l’éducation.

« Nous nous sommes sentis interpellés par ce que nous avons analysé comme étant une décision qui peut mener à une dérive d’ingérence dans la manière de faire de la recherche par les universitaires », a résumé au Devoir la présidente Fasal Kanouté. « Nous voulons soulever un drapeau rouge », a-t-elle aussi affirmé.

À l’Université du Québec à Chicoutimi, le président du syndicat des professeurs, Gilles Imbeau, a déclaré que le sujet ferait l’objet de discussions en conseil exécutif mercredi prochain. Ensuite, « c’est sûr qu’on l’amène au conseil syndical », a-t-il ajouté. Son syndicat s’interroge sur un possible conflit entre le projet de loi 23 et la loi sur la liberté académique dans le milieu universitaire, adoptée en juin 2022.

De son côté, le Syndicat des professeurs de l’UQAM a adopté, en juin dernier et à la majorité, une résolution marquant son opposition au projet de loi 23, et « plus particulièrement » à la création d’un INEE. Le syndicat a aussi sommé la ministre Déry, « de défendre la mission du Conseil supérieur de l’Éducation ».

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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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