Éducation

Classes multi-âges et multiniveaux : ce dispositif pédagogique qui … – lavenir.net


Il s’agit d’un phénomène plus fréquent qu’il n’y paraît. Dans le fondamental essentiellement, certaines écoles optent pour une organisation en classes multi-âges ou multiniveaux. On parle aussi parfois de “classes verticales”.

Concrètement, ce modèle réunit au sein d’un même groupe classe des enfants d’âges différents, inscrits dans des années scolaires différentes, et qui sont donc de niveaux différents.

Logique organisationnelle

Dans la plupart des cas, cette organisation trouve racine dans la faible fréquentation de ces écoles. Cela concerne principalement les zones rurales et les petits villages, où les implantations scolaires se voient obligées de mettre en place un tel dispositif pour pouvoir accueillir les élèves. Parce qu’elles n’ont pas la possibilité d’ouvrir une classe par niveau.

C’est notamment le cas de l’école communale de Villance (Libin, prov. de Luxembourg). Depuis quelque temps, chaque rentrée nécessite un ajustement de son organisation, en fonction des élèves inscrits.

Pour cette rentrée, nous avons 29 inscrits, ce qui nous permet d’avoir deux enseignantes à temps plein et donc d’organiser deux classes verticales“, détaille William Boulard, le directeur de l’implantation. Cette année, une classe rassemblera les élèves de 1re, 2e et 3e primaires, tandis que l’autre réunira ceux de 4e, 5e et 6e primaires. “L’an dernier, c’était différent, poursuit William Boulard. Nous avions une classe de 1-2 et une autre de 3-4-5-6“. Et il y a quelques années, l’école ne comptait même qu’une seule classe, réunissant l’ensemble des élèves des six années du primaire.

Si nous repassons sous les 26 élèves, nous perdons alors un mi-temps. Cela aura donc pour conséquence que les élèves se retrouveront à nouveau à mi-temps dans une classe unique. 

Choix pédagogique

Mais si un tel dispositif répond souvent à une logique organisationnelle, voire de survie, dans d’autres cas, mélanger les niveaux des élèves au sein d’une même classe relève d’un choix de l’école.

Depuis dix ans, le Petit Collège de Godinne (Yvoir, prov. de Namur) assume ce choix. Il faut dire que ce dispositif s’inscrit en parfaite osmose avec les principes de pédagogie active prônés par ce jeune établissement scolaire, créé en 2013.

Quand l’école a grandi pour passer d’une vingtaine à une centaine d’élèves, on a alors fait le choix de maintenir des classes multi-âges, explique le directeur, Corentin de Pierpont.  Car on s’est rendu compte que cette organisation permettait de développer l’autonomie et la responsabilisation des enfants. De plus, cela nous permet de travailler avec des petits groupes et de proposer un accompagnement pédagogique différencié, très efficace. 

Entraide et autonomie

William Boulard le confirme : “Le principal atout est que cela renforce l’apprentissage de l’autonomie. On travaille beaucoup par ateliers, où les plus jeunes sont souvent aidés par les plus grands.” Et comme au Petit Collège de Godinne, chacun des élèves de l’école de Villance “travaille à son rythme, en fonction de ses difficultés. Par exemple, si un élève de deuxième année a des difficultés avec les nombres et que les élèves de première année sont justement en train de voir cette matière, cela lui permet de suivre une nouvelle fois la leçon“. Mais l’inverse est aussi vrai, souligne encore le directeur : “Un enfant qui a plus facile peut se tester avec des matières de l’année supérieure.

Personnaliser l’accompagnement

La mise en œuvre progressive du Pacte pour un enseignement d’excellence, lequel veut notamment renforcer l’enseignement différencié et s’accompagne du développement de l’accompagnement personnalisé, conforte Corentin de Pierpont dans le choix effectué par son école.

On ne fait plus de la remédiation comme avant, l’élève ne sort pas de la classe, il n’est plus pointé du doigt et il ne manque rien des activités puisqu’il reste présent. Il existe en effet 8 méthodes qui permettent à nos enseignantes de travailler en co-enseignement, c’est-à-dire en petits groupes au sein d’un même local.”

Mais si le dispositif présente une série de bénéfices pédagogiques pour les élèves, il génère aussi un travail en amont plus conséquent pour les enseignants (lire ci-contre).

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“Conjuguer les leçons des uns avec le travail en autonomie des autres”

Selon le professeur Éric Mangez (Institute for the Analysis of Change in Contemporary and Historical Societies de l’UCLouvain), “historiquement, on a toujours eu tendance à faire des groupes homogènes. Mais on observe aujourd’hui un mouvement qui prône l’hétérogénéité“, notamment dans un souci de “lutte contre la reproduction des inégalités“.

Dans le contexte scolaire, “l’école du Pacte” qui se met en place au sein de la FWB présente, à ce titre, un certain paradoxe.

L’idée d’un tronc commun derrière laquelle on trouve des référentiels et des socles de compétences communs, et que l’on souhaite étendre jusqu’à l’âge de 15 ans, renforce l’homogénéité dans la mesure où la grande majorité des élèves doit acquérir les mêmes compétences, observe Dominique Lafontaine (Département des sciences de l’éducation, ULiège). Mais cela a pour conséquence de créer de facto davantage d’hétérogénéité dans les classes, où l’on retrouve des élèves de niveaux différents. ” De quoi augmenter la charge de travail des enseignants concernés. “Car il faut arriver à jongler, à conjuguer les leçons des uns avec les phases de travail en autonomie des autres. 

Un guide

Le rôle de l’enseignant est différent “, admet Claire Van Raepenbusch. Cette enseignante du Petit Collège de Godinne s’apprête à vivre sa cinquième rentrée dans une classe multiniveaux. “Et je suis convaincue, clame-t-elle ! Je comprends les craintes de certains parents, mais cela fonctionne vraiment bien. Les élèves plus forts tirent les autres vers le haut. Les plus faibles ont un modèle, ça marche d’ailleurs souvent mieux entre les élèves. Et puis, on a un autre regard sur les élèves. L’enseignant est plus un guide, qui permet d’aider un enfant à avancer depuis un point de départ pour aller plus loin.”

Mais parce qu’un tel dispositif entraîne nécessairement une différence de niveaux entre les élèves d’une même classe, “le travail est par contre plus conséquent, oui. Car il faut penser à tout pour chacun des niveaux des élèves que l’on a (NDLR : Claire enseigne dans une classe qui regroupe des élèves de la 1re à la 3e primaire). On a fait le choix de travailler par ceinture de compétences. C’est comme un bulletin avant l’heure : un élève passe d’un niveau à un autre lorsqu’il a atteint 80% de celui-ci. Mais ça demande donc un gros travail à l’avance en matière de préparation de cours, mais aussi d’évaluation.” Car l’école a fait par ailleurs le choix d’une évaluation individualisée : “L’élève passe son évaluation quand il est prêt.

Pour l’enseignante, ce dispositif “est porteur. On le voit quand ils arrivent en secondaire : ils ont développé une attitude face au travail qui est différente des autres élèves “.

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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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