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De guide conférencier au Perche sarthois à économiste au Brésil : l … – actu.fr


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Alexandre Lohmann est un économiste-inflationniste reconnu au Brésil. ©AL

« C’est un parcours tortueux », finit par avouer Alexandre Lohmann, 33 ans, en fin d’interview. A découvrir l’histoire du jeune homme originaire de La Ferté-Bernard (Sarthe), il est vrai que c’est le mot qui revient le plus naturellement.

De guide conférencier au Perche sarthois pour devenir aujourd’hui un des meilleurs économistes du Brésil… le tout en passant par un petit boulot d’homme de ménage à Londres, oui, c’est tortueux. On vous explique tout. 

« Pas un très bon élève »

« A la base, j’ai un parcours classique », sourit-il d’emblée. Lycéen à Saint-Paul, il convient être « pas un très bon élève. J’étais intelligent mais glandeur », résume-t-il. Son bac en poche, il prend la direction de l’université du Mans. « J’y vivotais. J’ai fait une année de droit avant de me lancer dans une licence d’histoire. Mais ce n’était pas un grand succès. »

Avant de se reprendre et de lancer, « en fait, je n’étais pas préoccupé par mon avenir. Je ne savais pas ce que je voulais faire ». 

Tant bien que mal, il rebondit dans une licence professionnelle tourisme. « Je voulais avoir un diplôme professionnalisant. »

En parallèle se prenant au jeu pour le secteur de tourisme, « je suis devenu guide-conférencier pour le Perche sarthois ».

Pendant quelques étés, Alexandre Lohmann fait découvrir les histoires du territoire. Mais il les raconte aussi sur papier.

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J’ai été correspondant local de presse pour Le Maine Libre, j’allais voir les mamies qui jouaient au tarot et je faisais un article.

Alexandre Lohmann

Une activité saisonnière qui s’est étalée sur une belle période. 

Embauché par des clandestins

Jusqu’au déclic, « j’ai voulu partir en voyage pour rencontrer du monde. C’était plus que du tourisme ». Il commence par Londres.

Ma grand-mère avait fait ses études à Oxford, il y avait un petit lien. Je me suis retrouvé homme de ménage dans un supermarché tenu par des clandestins chinois. Et si on travaillait plus que nos heures, on gagnait plus d’argent. Alors, je faisais du 7j/7. Je n’avais même pas assez d’argent pour prendre le tramway et venir au travail, je faisais sept kilomètres à pied le matin pour venir. C’était une énorme expérience. 

Alexandre Lohmann

Après Londres, direction le soleil et Madère. « Pareil, ce n’était que de la débrouille. Je faisais des lits, du ménage. »

Puis, Alexandre change d’esprit, « j’avais un poil dans la main, ces aventures me l’ont retiré. Le soir, après ma journée de travail, je me disais que j’avais foiré ma vie ». C’était décidé, on ne l’y reprendrait pas à ne rien faire à l’école. 

Tombé amoureux du Portugal

Son retour en France se traduit par une inscription à un diplôme d’économie au Mans. « J’ai adoré, ç’a été un succès. » De quoi enchaîner sur une licence en distanciel à Grenoble.

En même temps, je faisais le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. C’était une sacrée organisation. Je me levais tôt le matin pour réviser, je lisais mes cours tout en marchant. Je faisais environ 25 km par jour.

Alexandre Lohmann

Un parcours entamé depuis le Portugal, toujours en quête de voyage. « Finalement, c’est une histoire d’amour qui a commencé avec ce pays. Je m’y sentais tellement bien. » 

Et ce chemin de Compostelle fut un autre déclic pour le jeune Alexandre. « Je me suis dit qu’il fallait reprendre les études en présentiel. » Comme il aimait l’ambiance portugaise, il est parti deux mois au Brésil. « J’étais dans un hôtel de me***, je ne mangeais pas. Mon niveau de portugais m’autorisait seulement à commander un café au bar… Alors, je passais mes journées à lire la presse économique portugaise, une sorte de Figaro brésilien. »

Récompensé par la banque centrale brésilienne

De quoi le familiariser avec la situation économique du pays. « Mon niveau devenait potable, et j’avais une bonne compréhension de la conjoncture. » C’est grâce à cela qu’il obtient son premier stage. « C’était sans convention, c’était encore une fois de la débrouille pour le Visa… » 

« Il y a une qualité de vie à La Ferté »

Alexandre Lohmann n’a pas remis les pieds à La Ferté-Bernard depuis 2018. « Je n’y ai plus trop d’attache. »
Mais le Fertois d’origine a envie de revenir.
« Il y a eu la pandémie, ce n’était pas simple. Mais l’année prochaine, je veux venir voir comment ç’a changé », glisse-t-il. 
Pris dans les embouteillages dans son taxi au cœur de Sao Paulo, il poursuit : « il y a une qualité de vie à La Ferté. L’air est pur, on n’y est pas stressé. Là, moi, je vais mettre une heure pour aller au bureau car je suis coincé dans les bouchons. » 

Puis vient la consécration… « J’étais dans un esprit ‘je fais mes classes ici, je prouve que je suis bon, et je retourne au Portugal avec un bon bagage’. Finalement, ce milieu est si compétitif, je suis rapidement monté dans le classement. Et j’ai été parmi les premiers économistes à voir la vague d’inflation au Brésil. Ce qui m’a valu d’être récompensé par la banque centrale brésilienne », relève celui qui enchaîne les interviews – plusieurs fois par semaine – dans les médias spécialisés brésiliens.  

« Il n’est jamais trop tard »

Depuis, ce passage éclair au Brésil « est devenu permanent. Cela a eu l’effet inverse. J’entame ma cinquième année ici », glisse-t-il dans un taxi en direction de son bureau. Sans oublier le Portugal, quand même !

Si c’était la presse brésilienne, je ne pourrais pas le dire… mais notre fond d’investissement grossit bien et nous avons pour projet d’ouvrir un bureau en Europe à Lisbonne.

Alexandre Lohmann

Employé d’une entreprise, Alexandre a sous sa gestion une somme d’environ 300 millions de dollars… Un montant à faire tourner la tête. Surtout quand dix ans auparavant, vous étiez homme de chambre…

« C’est aussi un beau message pour dire qu’il n’est jamais trop tard pour rectifier sa route. J’ai été un galérien… Oui, ça m’a demandé beaucoup de travail, je n’ai pas eu de vie sociale, je n’ai fait que ça pendant une période. » Mais à l’écouter, ça en valait la peine !

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Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

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