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Surf : le Pro Anglet vise clairement plus haut et au plus tôt – Sud Ouest


Le Pro Anglet n’a pas encore 10 ans (il les fêtera en 2024), mais se voit déjà plus grand. Mise sur la carte des compétitions professionnelles de la World Surf League (WSL) en 2015, l’épreuve de la Chambre d’Amour a démarré presque tout en bas de l’échelle. D’abord QS 1 500, avant de « monter » en QS 3 000 en 2022, après la parenthèse Covid, sa catégorie encore aujourd’hui.

En 2021, la WSL a opéré une mue profonde de son organisation, en scindant ses circuits principaux en trois niveaux. Par ordre décroissant d’importance : le Championship Tour (CT), qui accueille l’élite mondiale du surf où sont sacrés les champions du monde en fin de saison ; les Challenger Series (CS), antichambre du CT qui permet…

Le Pro Anglet n’a pas encore 10 ans (il les fêtera en 2024), mais se voit déjà plus grand. Mise sur la carte des compétitions professionnelles de la World Surf League (WSL) en 2015, l’épreuve de la Chambre d’Amour a démarré presque tout en bas de l’échelle. D’abord QS 1 500, avant de « monter » en QS 3 000 en 2022, après la parenthèse Covid, sa catégorie encore aujourd’hui.

En 2021, la WSL a opéré une mue profonde de son organisation, en scindant ses circuits principaux en trois niveaux. Par ordre décroissant d’importance : le Championship Tour (CT), qui accueille l’élite mondiale du surf où sont sacrés les champions du monde en fin de saison ; les Challenger Series (CS), antichambre du CT qui permet d’y accéder ; et les Qualifying Series (QS), sorte de 3division, répartie en trois catégories (QS 1 000, QS 3 000, QS 5 000) et morcelée en sept « régions » du monde (Afrique, Asie, Australie/Océanie, Hawaii/Tahiti, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe), tremplin vers les CS.

Si le CT, avec ses stars et ses coûts faramineux, lui semble pour l’heure inaccessible (1), le Pro Anglet ne compte pas pour autant s’éterniser en QS 3 000. Et plus que le 5 000, c’est le circuit Challenger Series que lorgnent, dans une volonté commune ouvertement assumée, la Ville, la WSL et le sponsor principal Rip Curl. Et le plus tôt serait le mieux, alors que l’Hexagone n’est plus l’hôte d’une compétition d’envergure internationale depuis la rétrogradation du Pro France à Hossegor (Landes) de CT en CS en 2021, puis sa disparition l’année suivante.

« Passer de 3 000 à 5 000, ça ne changerait pas grand-chose pour nous. Un Challenger Series, c’était la volonté du maire il y a déjà trois ans, assure Pascal Bourricaud, directeur événementiel de la Ville. Il y avait eu une première approche, mais le gap était extrêmement important, surtout au niveau financier. Le gros souci que l’on a est de trouver des partenaires privés, publics. »


La jeune surfeuse basque Sarah Leiceaga en action, lors du Pro Anglet cette année.

WSL/Damien Poullenot

« Aux alentours de 1 M€ »

La WSL penche également de son côté pour l’avènement d’un CS sur les vagues de la Chambre d’Amour. « C’est clairement un objectif affiché de notre part, comme pour la mairie, de continuer à essayer de grossir l’événement », acquiesce Cheyne Bradburn.

Le responsable marketing et événementiel de la World Surf League Europe y verrait plusieurs avantages : « On aimerait pouvoir faire une étape du Challenger Series à Anglet. Je pense que ça peut même être plus facile qu’à Hossegor, qui abrite évidemment de super vagues, mais où c’est plus capricieux, ce qui demande de la mobilité. Même réduit depuis cette année, un CS fonctionne selon un format qui demande beaucoup de séries et de temps. Dans ce cas-là, la mobilité, c’est complexe. L’avantage ici (à Anglet, NDLR), c’est que c’est assez consistant, on bénéficie d’aménagements déjà existants et on n’a pas besoin de bouger, ce qui réduit les coûts. »

Vu le niveau du surf en France, le nombre d’athlètes français sur les QS et CS, ce serait bien de retrouver une étape « à la maison »

Au global, quels sont-ils pour organiser un CS ? « Aux alentours de 1 million d’euros », dévoile Cheyne Bradburn. Soit environ plus du double du budget de l’actuel QS 3 000. « Tout augmente, dont le prize money et les infrastructures, il faut trouver le budget. On travaille dessus, les sponsors sont motivés, c’est le nerf de la guerre. » Avec un champ de bataille plus vaste que le seul périmètre angloy.

« Clairement, il faut qu’on ait un meilleur soutien public et politique, plaide Cheyne Bradburn. Pas forcément au niveau local, parce qu’Anglet fait déjà beaucoup, mais elle ne peut pas assumer tous les coûts à elle toute seule. Ça peut être l’Agglo, le Département, la Région, qui ne sont pas partenaires cette année. C’est un peu dommage. Mais on comprend, on est encore dans une période post-Covid où tout le monde doit faire un peu attention à ses dépenses, que ce soit les sponsors privés et les institutions publiques. »

En octobre plutôt qu’en août

Rip Curl, sponsor principal du Pro Anglet depuis 2021 et jusqu’en 2024, est en tout cas prêt à poursuivre l’aventure au-delà, si celle-ci devait devenir plus sérieuse encore. « Depuis le début, notre idée est de remettre une épreuve française de conséquence sur le tour mondial. On se bat pour ça », confirme l’ex-champion de France de surf Jean-Sébastien Estienne. Pour le désormais directeur marketing Europe de Rip Curl, Anglet serait ainsi « l’endroit idéal » pour l’abriter. « En termes de qualité, les vagues angloyes n’ont rien à envier à certaines destinations du circuit CS, comme Manly et Narrabeen en Australie ou Huntington Beach en Californie », confirme pour sa part le surfeur et journaliste angloy Franck Lacaze.

Le Landais Joan Duru, cette année, lors du Pro Anglet.


Le Landais Joan Duru, cette année, lors du Pro Anglet.

WSL/Damien Poullenot

Intégrer les Challenger Series contraindrait le Pro Anglet à migrer d’août à octobre, de l’été à l’automne, période propice à de meilleures vagues, essentielles pour la bonne tenue d’une épreuve type CS. Là encore, rien qui n’ébranle les envies communes de regarder plus haut. « Changer de date n’est pas un problème, on cherche un événement de grosse ampleur en aile de saison, donc si on a l’opportunité de déplacer le Pro Anglet en octobre, on est preneur », indique Pascal Bourricaud. « On maintiendrait quand même quelque chose en août, comme le Surf de nuit, car il est important pour nous et la mairie d’avoir un événement l’été », complète Cheyne Bradburn.

« C’est malheureux, mais la France n’a plus d’événement international sur le circuit pro, conclut ce dernier. Anglet est dans la course. On étudie aussi d’autres pays car le sport reste notre priorité et l’Europe ne peut pas se contenter d’un seul CS (à Ericeira, au Portugal). On n’est pas parvenu à en ajouter un deuxième cette année, mais on aimerait bien y arriver dès l’année prochaine. Et vu le niveau du surf en France, le nombre d’athlètes français sur les QS et CS, ce serait bien de retrouver une étape ‘’à la maison’’. »

(1) Au tournant des années 2000, le Billabong Pro Anglet/Mundaka figurait au calendrier du championnat du monde.



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Theo Lefevre

Dans le vaste océan du cyberespace, je suis Théo Lefèvre, un Journaliste Web captivé par les histoires qui se tissent à travers les fils numériques. Mon parcours à l'Université Américaine de Paris a façonné ma plume, tandis que mes curiosités se dévoilent à travers la science et la technologie, le monde des affaires, et l'athlétisme. Porté par mon passé de passionné de sport et d'économie, chaque article que je compose est un reflet transparent de mon engagement envers l'authenticité. Joignez-vous à moi pour explorer les méandres de l'innovation scientifique, les intrications du monde des affaires et les défis du terrain d'athlétisme, tout en partageant un voyage honnête et stimulant à travers mes écrits.

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