Éducation

L’augmentation du panier d’épicerie: un enjeu majeur pour les … – Le Quotidien


Pour Jacob Parisée, président de l’Association générale des étudiantes et étudiants du Cégep de Chicoutimi (AGEECC), l’insécurité alimentaire et les finances de ses membres sont des problématiques prioritaires. L’augmentation des prix de presque tout rend le quotidien beaucoup plus difficile pour les étudiants.

Le loyer et l’épicerie dispendieux de même que les bourses et prêts de plus en plus ardus à obtenir ne font pas bon ménage avec les heures des devoirs, les responsabilités familiales, les stages obligatoires et non rémunérés que vivent de nombreux étudiants. Le problème est encore plus criant en début d’année, alors que bien des dépenses urgentes arrivent toutes au même moment.

[À LIRE AUSSI: Le Club des petits déjeuners ne peut plus répondre à la demande]

L’une des initiatives prises par l’Association, en collaboration avec le Cégep, a été de mettre en place un frigo communautaire. L’organisme Les Gratuivores du Saguenay y dépose constamment des denrées et toute personne volontaire est également invitée à y contribuer. La demande est si grande que les dons s’envolent la plupart du temps en quelques minutes.

L’ajout d’un congélateur communautaire est dans les plans de l’Association, qui a à cœur la lutte contre l’insécurité alimentaire. L’initiative du frigo communautaire a d’ailleurs été reprise dans plusieurs collèges et universités du Québec, dont l’UQAC.

Des ateliers de cuisine communautaire pourraient également être organisés au sein même de l’école avec l’aide des Techniques de diététique et transformation alimentaire. «Ça permettrait de briser l’isolement social, d’utiliser et de donner la nourriture aux étudiants, et en plus ça permet aux étudiants d’apprendre à cuisiner. Donc là-dessus, il n’y a que du positif», note Jacob, au passage du Progrès au Cégep.

Une adaptation nécessaire

Les étudiants ne sont pas seuls à subir les conséquences des hausses de prix. Tous les établissements scolaires de la région qui tiennent un service d’alimentation doivent apprendre à gérer la hausse constante du prix de certains aliments.

Au Cégep de Chicoutimi, Carole Gagnon, directrice générale de la Coopsco, confirme que la variation des prix ajoute un travail colossal à la préparation des repas des étudiants.

«C’est sûr que nous sommes obligés de nous adapter, parce qu’on parle de grosses augmentations. Ce qui est tannant, c’est que le prix des aliments augmente régulièrement. On peut commander quelque chose maintenant et, à la prochaine commande, ce ne sera plus le même prix. C’est difficile de calculer les coûts pour une portion, le calcul est toujours à refaire.»

—  Carole Gagnon

Carole Gagnon est directrice générale de la Coopsco, qui offre au Cégep de Chicoutimi une cafétéria avec un menu du jour, un casse-croûte et une sandwicherie proposant des mets préparés.

Jusqu’à maintenant, son service réussit à offrir des repas au même prix qu’avant, à quelques sous près. Le fait que la Coopsco soit un organisme à but non lucratif aide à garder une facture relativement basse. Les changements se sont surtout faits au niveau de l’approvisionnement. Chaque item est soigneusement magasiné afin que les prix restent raisonnables.

UQAC

À l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’idée d’un service de cafétéria à prix modique, où les étudiants iraient manger chaque jour, n’existe plus. «Notre stratégie a été de voir notre cafétéria davantage comme un service d’appoint et de dépannage, plutôt qu’un service que les gens pourraient utiliser tous les midis», explique Marie-Karlynn Laflamme, directrice du service des communications et des relations publiques de l’UQAC.

L’UQAC avait, il y a deux ans, fait des appels d’offres pour la reprise de son service de cafétéria. Les réponses ciblées étaient unanimes: le service tel qu’il était connu n’était plus viable. L’entreprise mrkt comptoir urbain a finalement levé la main avec un service qui répondrait aux besoins des étudiants, en place depuis moins d’un an.

Avec mrkt, le choix des aliments se fait sur la base de la qualité, et non du prix. Des aliments locaux et frais sont mis de l’avant. Donc, même si le prix du repas augmente légèrement, l’important pour l’UQAC est que la qualité soit au rendez-vous.

«L’ancienne formule de cafétéria, on pourrait dire qu’elle était en voie de disparition, parce qu’avec la pression de devoir baisser les coûts, on n’était plus en mesure d’offrir des produits attirants.»

—  Marie-Karlynn Laflamme

Pour lutter contre l’insécurité alimentaire, des frigos communautaires ont été aménagés dans l’enceinte de l’université. Des coupons de repas et d’épicerie sont également distribués aux étudiants qui en ont besoin.

Le frigo communautaire du Cégep de Chicoutimi est très populaire.

Cégep de Jonquière

Au Cégep de Jonquière, garder un service abordable et attirant demeure un défi. «L’équipe en place use de stratégies dans la façon de composer son menu pour faire des choix d’aliments qui plaisent aux étudiants et qui sont à des coûts plus avantageux que d’autres, donc d’équilibrer le choix de produits», note Sabrina Potvin, conseillère en communication.

Malgré tout, le prix des services a été assez stable, ces dernières années, comme sa fréquentation. Le Cégep de Jonquière multiplie les initiatives, avec son association étudiante, pour contrer l’insécurité alimentaire au sein de sa population étudiante. Des denrées sont notamment à la disposition des étudiants et un garde-manger en libre-service, en partenariat avec la Fondation Asselin des étudiants du Cégep de Jonquière, sera mis à la disposition de ceux qui en ont besoin, au cours des prochaines semaines.

Centres de services scolaires

Au Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay, les élèves doivent s’attendre à une augmentation de 6$ sur leur carte de dix repas aux cafétérias. Elles se retrouvent dans les écoles secondaires et les écoles de formation générale destinées aux adultes. Selon Louise Noël, coordonnatrice aux communications, le prix pour dix repas passera de 79$ à 85$ pour l’année scolaire 2023-2024.

En ce qui a trait aux cartes vendues, il est encore trop tôt pour dire si leur nombre a varié, comparativement aux années précédentes. Le contrat de préparation de nourriture va d’ailleurs à un service de traiteurs, lesquels s’occupent de la confection de repas équilibrés.

Les écoles du CSS des Rives-du-Saguenay utilisent en outre différents moyens pour s’assurer que tous les jeunes puissent manger à leur faim, comme avec l’allocation Aide alimentaire du gouvernement. Elle a pour but de soutenir les élèves dans le besoin, avec des petits-déjeuners ou des collations qui leur sont remis par le personnel de l’école, autant au primaire qu’au secondaire.

Du côté du CSS du Pays-des-Bleuets, une modification de certains services de cafétéria était déjà prévue dans les écoles, soit celles qui sont gérées à l’interne et non par des traiteurs. Il s’agit de La Cité étudiante de Roberval et de l’École secondaire des Grandes-Rivières de Dolbeau-Mistassini, qui auront une nouvelle formule: les élèves pourront choisir entre un repas chaud, une boîte à lunch ou des items à la pièce. Marie-Ève Bernard, conseillère en communication, souligne dans un échange de courriels que ce changement est dû à la pénurie de main-d’œuvre.

Pour l’instant, aucun changement n’est prévu pour les écoles polyvalentes de Normandin et des Quatre-Vents de Saint-Félicien. «Le CSS du Pays-des-Bleuets se soucie de maintenir un service alimentaire de qualité dans ses établissements du secondaire. Des ajustements pourraient être apportés pour que le service soit viable», poursuit Mme Bernard.

Le CSS de La Jonquière n’est pas touché par cette problématique, puisqu’il n’y a plus aucun service de cafétéria dans ses écoles. Les lunchs étaient, depuis plusieurs années, très populaires. Le CSS de Lac-Saint-Jean n’affiche aucune augmentation significative dans ses services. Il travaille d’ailleurs d’arrache-pied avec ses partenaires pour que les offres en alimentation demeurent les plus accessibles possible pour l’ensemble des élèves.



Source link

Elodie Dumas

Bonjour, je suis Elodie Dumas, une rédactrice d'articles en ligne qui dévoile le monde à travers ses mots. Ma formation à l'École Centrale de Nantes a façonné ma plume et éveillé ma passion pour l'écriture. Je parcours la toile avec des récits internationaux, explorant la culture, la société, et le monde du crime. Passionnée de sport et de voyages, j'explore aussi les coins les plus reculés. Mon engagement envers la transparence guide chacun de mes articles, apportant une authentique lumière à chaque sujet. Rejoignez-moi dans cette aventure où les mots peignent des images vives de cultures lointaines, de mystères criminels et d'horizons lointains.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button