Environnement

Canicule et morsures de reptiles : La ravageuse diabolisation de … – L’Opinion


L’information a de quoi donner des sueurs froides à quiconque n’apprécie déjà pas les serpents. En ces temps de canicule, les serpents qui, à l’instar de presque tous les animaux, ont du mal à supporter la chaleur, cherchent des lieux à l’ombre plus frais où se réfugier comme une crevasse de mur, les dessous d’un canapé ou même les toilettes de la maison. Au Maroc, les internautes de tous bords s’alarment de la montée des morsures, surtout dans les régions de Tanger-Tétouan-Al-Hoceïma, Marrakech-Safi et Souss-Massa. En 2021, ces trois régions ont comptabilisé, à elles seules, presque la moitié des 308 cas de morsures enregistrés dans le Royaume.
 
« Durant cette période, ces espèces sont très actives : elles cherchent à se nourrir et à se reproduire à la sortie de leur phase d’hibernation », explique Abdellah Bouazza, docteur en herpétologie et enseignant-chercheur à l’Université Ibn Zohr.
 

« Rencontres fatales »

A l’instar des autres reptiles, les serpents sont des animaux à « sang-froid ». Cela signifie que leur température corporelle est dépendante de celle de leur environnement. Dans notre climat tempéré, le regain d’activité des serpents commence à partir du printemps et se prolonge jusqu’en automne. Sauf que la crainte pousse les gens à tuer ces animaux, sans pour autant savoir si l’espèce est dangereuse ou pas.

Souvent partagées dans les groupes marocains dédiés à la faune sauvage, les images de serpents tués font réagir les internautes de diverses manières, même si, chaque année, les commentaires déplorant un « gâchis inutile » semblent prendre de l’ampleur. « C’est une couleuvre fer à cheval, pas une vipère. Elle n’est pas du tout dangereuse puisqu’elle n’a pas de venin. Pourquoi tuer une espèce inoffensive et qui joue un rôle écologique important ? », s’indigne un membre du groupe « Wild life in Morocco » en commentaire d’une photo illustrant un serpent tué après sa découverte dans une ferme dans la région de Settat.
 
« Ces groupes sur les réseaux sociaux sont, en effet, utiles pour partager des informations sur les reptiles. Ils participent à la sensibilisation relative à la diversité et à l’importance des serpents, mais constituent également un espace de « science participative » puisqu’ils permettent également aux scientifiques d’avoir des données qui peuvent parfois s’avérer précieuses », commente Dr Abdellah Bouazza.
 

« SOS Serpents »

 
Comme on peut l’imaginer, les herpétologues marocains ainsi qu’un nombre croissant d’amateurs de la faune sauvage comprennent le danger que peuvent constituer les rencontres inattendues avec des serpents. Ils s’activent cependant à expliquer et à rappeler la différence entre couleuvres et vipères (voir infographie) et tentent tant bien que mal de conseiller les internautes et le grand public sur la conduite à tenir en cas de détection d’une espèce potentiellement dangereuse.
 
« Malheureusement, du fait du manque de spécialistes, nous n’avons pas encore un système d’intervention pour prendre en charge les serpents (qui sont trouvés par des particuliers), et ce, afin de limiter les dangers autant pour les humains que pour les reptiles qui sont systématiquement tués. Dans le cadre des activités de l’Association marocaine dédiée à l’herpétologie que nous sommes en cours de constituer, notre ambition est de pouvoir travailler – entre autres – à la mise en place d’un système SOS Serpents de ce genre, à l’image de ce qui se fait déjà dans d’autres pays européens », confie l’enseignant-chercheur.
 

« Herping » touristique

 
Si la majorité des gens craignent les mauvaises rencontres avec des serpents, certaines personnes sont prêtes à dépenser de l’argent et à voyager pour le faire.
 
« Le Maroc est classé 2ème en termes de richesse herpétologique dans la Bassin méditerranéen et cette diversité est un potentiel écotouristique sous-estimé qui mérite d’être mieux valorisé. En attendant, beaucoup de passionnés de la Nature du monde entier se rendent régulièrement au Maroc à la découverte de notre patrimoine naturel et à la recherche d’espèces particulières qu’ils peuvent observer ou photographier dans leurs milieux naturels », raconte Abdellah Bouazza. Il n’est bien évidemment pas question ici de personnes venues spécialement pour voir les montreurs de serpents à Jamaâ Lafna, mais de véritables passionnés qui vont en compagnie de guides spécialisés sillonner la Nature pour les joies d’une rencontre avec une espèce rare ou endémique. Qu’on les aime ou qu’on les déteste, les serpents du Maroc ne laissent manifestement personne indifférent.

  



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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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