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Montbéliard | La liste de leurs envies. Foudil Teguia aurait aimé … – Est Républicain


Pause estivale avec des femmes et des hommes engagés sur le territoire. Les mots sont tantôt affûtés comme des lames, tantôt d’une savoureuse tendresse. Ils se racontent à cœur ouvert, parlent belles lectures et bonne chère, évoquent avec passion l’espoir d’un monde plus fraternel. Aujourd’hui, entretien décalé avec Foudil Teguia, le directeur de l’aérodrome de Courcelles-lès-Montbéliard.

Par Propos recueillis par Françoise Jeanparis

11:00
| mis à jour à 11:32

Qu’emporteriez-vous sur une île déserte ?

« Spontanément, je dirais du très haut débit avec une tablette, ainsi je resterais connecté au monde et à mes semblables ! Je ne suis pas un loup solitaire et encore moins un Crusoé. Cela posé, j’emporterais l’Encyclopédie des Lumières, pour essayer de comprendre encore et encore…, la bibliothèque Mollat de Bordeaux et plus modestement, une partie de notre modeste bibliothèque familiale garnie au fil des ans par ma petite tribu et pourvue de petites merveilles. »

Si un bon génie vous offrait trois rêves à réaliser ?

« Quand j’étais enfant , j’ai rêvé de pouvoir frotter la lampe merveilleuse d’Ali Baba mais point de génie sympathique pour exaucer mes rêves. Et voilà, des décennies après, je suis rappelé à cette frustration mélancolique. Réflexion faite, je lui dirais : « satané de génie, utopie de toutes les fantaisies, va te faire voir. Maintenant que j’ai traversé le désert sans toi, un parcours périlleux qui m’a appris à dompter ma soif, je n’ai plus besoin de croire en toi. Le restant de mon chemin se fera sans toi ! ».

Les livres que vous avez envie de partager ?

« L’Encyclopédie des Lumières bien sûr, l’œuvre de Milan Kundera pour la légèreté de l’être et pour nous questionner sur notre existence : L’immortalité , et, le plus puissant, L’ignorance qui traite des tourments de l’exil entre désir de s’abandonner au présent enlaçant ou la volonté tenace de revenir chez soi. Je conseille également d’offrir à chaque ami Le Prophète de Khalil Gibran, toujours et à jamais d’actualité. Aussi Les vertueux de Yasmina Khadra et le livre Inter 2023, très puissant et au récit juste et violent à la fois Attaquer la Terre et le soleil de Mathieu Belezi. »

Pour l’humour ciselé de Guy Bedos et les beaux yeux de Juliette Binoche

Avec quel homme ou femme illustre auriez-vous aimé dîner en tête à tête ?

« J’aurais un paquet de noms à citer mais j’aurais été impressionné et intimidé par leur aura et éloquence. J’aurais plutôt aimé être une souris pour assister « incognito » à une conversation et un dîner de Pierre Bourdieu, Hannah Arendt et Jean Jaurès. D’un côté, comprendre le mécanisme funeste de la montée maléfique du totalitarisme et de l’autre la reproduction inlassable des inégalités sociales et enfin écouter, Jean Jaurès sur l’état actuel de la vie politique française. Pour la légèreté, la fantaisie et la profondeur de vue, j’opte pour dîner avec un Coluche ou un Guy Bedos que j’admirais. Côté glamour, un dîner avec Juliette Binoche ne m’aurait pas déplu pour son talent, son engagement, son franc-parler et… son beau sourire ! »


Pour les beaux yeux de Juliette Binoche  !

Quel est le produit ou le plat qui vous fait fondre de plaisir ?

« Le couscous  royal et sa semoule moyenne travaillée avec de délicates mains beurrées ; des légumes croquants mijotés dans une sauce tomate aux saveurs de la badiane et du cumin. Mon épouse Anne-Marie prépare le meilleur couscous du monde, une Béarnaise qui a su allier la saveur subtile de la garbure avec la magie du couscous. Elle accompagne le couscous d’une sauce aux oignons confits relevée de quelques cuillères de miel, de fleur d’oranger et de raisins secs . Un vrai régal ! Un autre plat exalte mes papilles sans doute en raison d’une grand-mère alsacienne : c’est le Baeckeofe. »

Du confinement, quels souvenirs conservez-vous ?

« Des moments extraordinaires malgré l’angoisse et les drames que cette pandémie a suscités. Chaque jour, je ralliais mon poste à Montbéliard sur une autoroute déserte et combien large… L’A36 rien que pour moi. Pour conjurer le sort, j’ai retrouvé l’âme de ma jeunesse : musique à fond et le pied lourd sur le champignon. De petites évasions à l’image du road movie du film Rain Man ou dans l’esprit de liberté d’ Easy Rider. Maintenant, j’ai assisté à des scènes dramatiques : celles de l’évacuation des patients Covid du l’HNFC vers des CHU du Sud via l’aérodrome de Courcelles. Les patients partaient inconscients. Pour la plupart, ils sont revenus avec le soleil et le sourire sur le tarmac de Montbéliard. »

Quel grand personnage auriez-vous aimé être ?

« Alors là, je préfère rester sur le banc de touche. J’ai plusieurs noms en tête, mais pour la majorité, ils ont – ou ont eu – un côté « sombre », « paradoxal » ou, à la limite, peu conforme à des valeurs bien établies aujourd’hui. Leur mérite est cependant incontestable pour l’histoire de notre humanité. À y réfléchir, peut-être « Blek le roc », le héros de mes BD de jeunesse ! »

« La DS Pallas, quelle élégance ! Je pense qu’en termes de design, on n’a pas fait mieux depuis »

Si vous étiez un bâtisseur, quelle construction auriez-vous aimé signer ?

« La merveille de toutes les merveilles : l’Alhambra. Un palais mauresque du XIIIe siècle dressé majestueusement sur une colline dominant la ville de Grenade, en Andalousie. La notion de raffinement trouve ici tout son sens. L’Alhambra est « un poème de marbre, un rêve devenu architecture », pour citer Ernest Hemingway. Les ouvrages modernes me font aussi rêver, telles la Cité des sciences à Paris et surtout la Cité du vin à Bordeaux. Des bâtisses modernes qui traduisent le lien entre un territoire et son savoir-faire. »

Au volant de quelle voiture (ou moto) vous sentiriez-vous grand prince ?

« Une DS Pal las pardi ! En posséder une est un rêve d’enfance qui me poursuit et me hante dès que je croise cette sirène sur les routes. Quelle élégance ! Comme je ne suis pas bricoleur – mais alors pas du tout – je me console en me disant que ce serait vraiment un crime de confier une si « belle » à un si mauvais « prince » ! Ma passion pour cette voiture remonte à mon enfance. Un oncle lointain, ressemblant beaucoup à Bernard Blier et fumant des cigares, en possédait une et c’était la plus élégante de la région dans son habit ministériel (noir). J’ai compris alors que sans être ministre on pouvait en posséder une. Je me sentirais également « prince » au guidon d’une Vespa, moto mythique et pour le coup, je songe sérieusement à en acquérir une. Cette passion pour la Vespa vient du film Journal intime de Nino Moretti, notamment la fabuleuse scène où il arpentait les rues de Rome sur la musique envoûtante de « Didi » de Khaled. »


La DS Pallas a toujours fait rêver Foudil Teguia.

Pour quel pays ou quelle région êtes-vous prêt à boucler dans l’instant vos valises ?

« L’Andalousie sans hésiter. Je suis sous le charme de cette région de l’Espagne où se côtoient comme deux brises, un air oriental et un autre occidental donnant un parfum si particulier aux rues, villages et villes. Sans hésitation, aussi, le Sud-Ouest. J’en suis un amoureux invétéré, un inlassable défenseur et ambassadeur. Tout y est à proximité : la splendide chaîne des Pyrénées et ses fameuses vallées notamment celles du Béarn (Ossau et Aspe), le Cirque de Gavarnie et la brèche de Roland, les cascades de Cauterets, les Comminges…, l’Atlantique et ses étendues de plages landaises, encore sauvages et préservées de toute brutalité urbanistique. »



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Theo Lefevre

Dans le vaste océan du cyberespace, je suis Théo Lefèvre, un Journaliste Web captivé par les histoires qui se tissent à travers les fils numériques. Mon parcours à l'Université Américaine de Paris a façonné ma plume, tandis que mes curiosités se dévoilent à travers la science et la technologie, le monde des affaires, et l'athlétisme. Porté par mon passé de passionné de sport et d'économie, chaque article que je compose est un reflet transparent de mon engagement envers l'authenticité. Joignez-vous à moi pour explorer les méandres de l'innovation scientifique, les intrications du monde des affaires et les défis du terrain d'athlétisme, tout en partageant un voyage honnête et stimulant à travers mes écrits.

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