Athlétisme

Au Delta Festival, des jeunes rêvent d’un autre monde – Le Monde


Le Delta Festival bat son plein depuis mercredi 23 août à Marseille. Et jusqu’à dimanche, entre les concerts de stars et les sets de musique électronique, les jeunes festivaliers parcourent les stands du « Monde des possibles », un village qui rassemble des initiatives à destination des jeunes et dont Le Monde est partenaire. A la façon d’une convention citoyenne, les participants votent aussi pour des propositions, élaborées entre autres par des jeunes engagés. Portraits de trois d’entre eux, bien décidés à changer leur monde.

Emy Toussaint, 22 ans : « Un peu de bienveillance dans ce monde ! »

« Tu veux goûter le gingembre confit ?  » Le visage moucheté de paillettes, Emy Toussaint interpelle les fêtards. Ceux qui font escale à son stand ont droit, en plus d’un cube piquant constellé de sucre, à une présentation enthousiaste de l’épicerie-bagagerie solidaire où la jeune femme est bénévole. « Ça s’appelle Racines, c’est dans le 3e arrondissement de Marseille, le quartier le plus pauvre de France. Les gens sont admis sur dossier et peuvent ensuite faire leurs courses à l’épicerie pour 30 % à 70 % de moins qu’au supermarché », expose-t-elle avec un sourire éclatant. Quant à la bagagerie, les personnes à la rue viennent y déposer leurs affaires, prendre une douche, savourer un moment de répit.

L’étudiante passe régulièrement sur place, donner un coup de main ou participer aux dîners partagés, des repas que des personnes à la rue préparent dans la cuisine mise à leur disposition. « C’est souvent simple : une grillade, du riz, une raclette… C’est un moment de partage et de détente, où les gens peuvent lâcher prise et côtoyer des personnes qui ne sont pas à la rue, raconte Emy Toussaint avec douceur. Un peu de bienveillance dans ce monde ! »

Des tables ouvertes, la jeune Réunionnaise en a connu enfant, dans le quartier populaire du Port, où elle a grandi et « vécu pas mal de précarité », dit-elle pudiquement. « Mon père était cuisinier, il invitait souvent tous les voisins le dimanche : si tu n’avais pas à manger chez toi, quelqu’un allait partager son repas », raconte-t-elle.

Tout juste bachelière, la jeune femme s’oriente vers des études dans le social. Sur son île, d’abord, puis à Marseille. « C’était aussi un prétexte pour voyager, je n’aurais jamais pu venir en métropole sans ça », assure celle qui cumule « les cours à plein temps et un mi-temps de surveillante dans un lycée ». Résultat : des semaines de cinquante heures, et toujours des difficultés pour payer les courses, surtout avec l’inflation. « Parfois le corps craque, mais je m’accroche. Venant d’où je viens, jamais je n’aurais pensé pouvoir étudier ici, réussir à voyager un peu…  » Le refus de la fatalité, c’est le message qu’elle veut faire passer aux jeunes auprès de qui elle fait ses stages d’éducatrice spécialisée. « Il ne faut pas s’arrêter à ce qu’on a vécu ou à l’endroit où on est né : tu peux finir avec un bac +5 même si tout le monde autour de toi est maçon. Il faudra juste beaucoup de force. »

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Theo Lefevre

Dans le vaste océan du cyberespace, je suis Théo Lefèvre, un Journaliste Web captivé par les histoires qui se tissent à travers les fils numériques. Mon parcours à l'Université Américaine de Paris a façonné ma plume, tandis que mes curiosités se dévoilent à travers la science et la technologie, le monde des affaires, et l'athlétisme. Porté par mon passé de passionné de sport et d'économie, chaque article que je compose est un reflet transparent de mon engagement envers l'authenticité. Joignez-vous à moi pour explorer les méandres de l'innovation scientifique, les intrications du monde des affaires et les défis du terrain d'athlétisme, tout en partageant un voyage honnête et stimulant à travers mes écrits.

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