Politique Internationale

Pourquoi Invader est un artiste majeur de la scène mondiale – Beaux Arts Magazine


En presque trente ans, Invader a envahi 32 pays, du Japon au Bhoutan, en passant par la Suisse, le Kenya ou le Mexique ! Et plus de 180 villes – Marseille (où en 2020, lors d’une exposition au MaMo, il a implanté 84 nouvelles œuvres), Contis-les-Bains (dans les Landes), Varanasi (en Inde) et Potosi (en Bolivie, où le 4 000e  Space Invader repose désormais à 4 000 mètres d’altitude).

Invader a aussi investi des forêts, des souterrains, la mer et même l’espace. Et voilà quelques semaines, il a posé sur l’une des cheminées du Centre Pompidou sa 1 500e mosaïque parisienne. Cela à l’occasion de sa plus grande exposition jamais réalisée (entre rétrospective et œuvres nouvelles), qui vient d’ouvrir sur près de 4 000 m2 dans un ancien garage sur neuf niveaux.

Invader sur le toit de Libération, 2011

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Pourquoi suscite-t-il autant d’intérêt chez les collectionneurs et les critiques d’art ou dans les musées ?

Au total, Invader a recouvert plus de 500 m2 de mur à Paris de ce qu’il nomme ses « invasions ». Pour les poser, le plus souvent la nuit, seul ou avec juste un assistant, l’artiste passe des mois en repérage, comme pour un « casse ». En plus du risque de se faire arrêter, la tâche est très physique : une mosaïque de 2,5 m sur 1,5 m pèse près de 40 kg. Pourquoi Invader a-t-il autant de fans à travers le monde ? Pourquoi suscite-t-il autant d’intérêt chez les collectionneurs et les critiques d’art ou dans les musées ? D’abord parce qu’Invader a créé un outil visuel unique et reconnaissable par tous (à l’image des bandes de Buren) qui, de surcroît, relie deux mondes et toute l’histoire de l’art : le numérique et la technique ancestrale de la mosaïque. Ensuite parce que son art est contextuel.

Toutes les images qu’il crée sont le fruit de l’histoire de la ville, de l’environnement, de chaque micro-quartier où il opère. D’un coucher de soleil à un portrait de Zidane en passant par un chameau, un vase antique ou un héros de bande dessinée, la diversité formelle est infinie.

23 millions de flashes

Invader, Sur le toit du Centre Pompidou, sa 1 500e oeuvre posée dans Paris a surgi après des semaines de repérage.

Invader, Sur le toit du Centre Pompidou, sa 1 500e oeuvre posée dans Paris a surgi après des semaines de repérage.

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Si ses mosaïques sont dénuées de revendications sociales ou politiques, elles en disent long sur nos sociétés et notre culture. D’ailleurs, pour chaque œuvre, Invader conserve ce qu’il appelle deux « portraits officiels » : un gros plan et un plan large qui montre la mosaïque dans son environnement. Des photos qui, avec le temps, deviennent des témoignages historiques à l’égal de celles de Brassaï ou Doisneau.

Enfin, grâce à l’application gratuite FlashInvaders, créée en 2014, il a peut-être inventé l’œuvre éternelle. Cette appli fonctionne comme un jeu vidéo connecté à la réalité : il faut parcourir le monde et trouver ses mosaïques pour gagner des points. Plus de 23 millions de photos ont été prises – on y voit les flashes en temps réel toutes les secondes ! Le champion du monde est actuellement un certain Jules Martin, qui en a flashé 3 426.

Un Space Invader bientôt sur la Lune ?

Dès qu’une pièce est dégradée ou volée, une armée de ce qu’Invader appelle ses « réactiveurs » la reproduit – ce qui concerne près de la moitié de celles créées au cours des vingt-cinq dernières années. On pourrait écrire des centaines de pages sur le système artistique inouï de cet envahisseur obsédé par l’histoire de l’art, par le moindre détail concernant ses œuvres, ses publications, etc. La richesse et la diversité de son œuvre sont immenses et dépassent largement ses Space Invaders, car elle compte des tableaux Rubik’s Cube, des collections de figurines, des films, etc.

Invader, Space2

L’homme qui, en dépit de sa notoriété, a réussi à préserver son anonymat, ne cesse d’élaborer des œuvres et des projets nouveaux. Des rumeurs se multiplient, sur le tournage d’un long métrage, la création d’une œuvre sur la Lune ou une exposition avec Damien Hirst, qui serait l’un de ses plus grands fans… Les mondes d’Invader sont infinis et s’inscrivent durablement dans l’histoire de l’art.

100 sérigraphies à gagner en scannant le QR code qui apparaît dans le numéro papier avant le 21 mars 2024 !

Beaux Arts Magazine n°477

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Invader Space Station

Du 17 février au 5 mai 2024

11 rue Béranger, 75003 Paris
11h à 19h en semaine ; vendredi jusqu’à 21h ; 10h à 20h le week-end

Tarif : 10 euros
Moins de 12 ans : gratuit

Billetterie de l’événement “Invader Space Station” 



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Hugo Dupuis

Dans un monde peint de nuances d'encre et d'imagination, je suis Hugo Dupuis, un Spécialiste du Blogging, en équilibre à la croisée de l'exploration et de l'expression. Avec les salles de l'Institut Catholique de Toulouse comme ma creuset créatif, j'ai forgé un chemin où les mots deviennent des fenêtres ouvertes sur des contrées indomptées. Du plateau géopolitique à la délicate tapisserie de la nature, de l'arène rugissante aux couloirs secrets du divertissement, mon clavier danse au rythme des histoires en attente d'être racontées. La transparence est mon étoile guide, illuminant chaque récit de la brillance de l'authenticité. Alors, entrez dans ce royaume d'encre et d'idées, alors que nous nous embarquons ensemble dans un voyage à travers le labyrinthe de la politique mondiale, la symphonie de l'environnement, le frisson du sport et l'énigme du showbiz.

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